Le budget d’Ottawa soulage les médias et le secteur audiovisuel
Le budget du gouvernement de Mark Carney présenté jeudi prévoit pour 4 milliards de dollars, étalés sur cinq ans, de mesures destinées aux secteurs des arts, de la culture et des médias. La Société Radio-Canada / CBC accueille un « renforcement » de son enveloppe budgétaire de 300 millions sur deux ans, alors que l’industrie médiatique bénéficiera de crédits d’impôt pour la main-d’œuvre totalisant 501 millions sur cinq ans. Le gouvernement annonce également vouloir consulter la population sur la mise en place d’une nouvelle forme « d’allégement fiscal » destinée aux artistes canadiens.
Ce Crédit canadien pour la création, précise-t-on dans le second budget du ministre des Finances, François-Philippe Champagne, « devrait prendre la forme d’un crédit d’impôt non remboursable sur le revenu des particuliers qui, combiné au montant personnel de base, permettrait de reconnaître sur le plan fiscal jusqu’à 45 000 $ par année de revenu net d’entreprise admissible tiré d’œuvres artistiques originales et créatives ». Aucune somme n’est encore attachée au projet que le gouvernement détaillera lors de la mise à jour économique au printemps prochain.
Les salles de presse du pays pourront souffler un peu : le gouvernement maintient le Crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique à la hauteur de 35 % pour deux ans (jusqu’au 31 décembre 2028). La mesure temporaire, introduite en 2023, était de 25 % au départ. Le gouvernement inscrit également au budget l’élargissement de ce crédit d’impôt aux salles de nouvelles audio et audiovisuelles. Le budget prévoit également d’appuyer l’Initiative de journalisme local « qui soutient des organismes de presse locale indépendants, fiables et diversifiés partout au pays » à la hauteur de 134 millions de dollars sur quatre ans (à compter de l’exercice 2027-2028).
Une promesse attendue du secteur audiovisuel apparaît dans le budget 2026-2027, soit l’aide de 600 millions (par année) promise en juin dernier pour compenser les redevances que n’ont plus à débourser les diffuseurs en ligne (Netflix, Spotify, etc.) après que le gouvernement Carney a reculé sur l’application de la Loi sur la diffusion continue en ligne. Adoptée en 2023, cette loi devait imposer aux plateformes de contribuer à la création audiovisuelle canadienne en reversant 5 % (élevé ensuite à 15 %) de leur chiffre d’affaires annuel réalisé au pays.
« Un Canada fort et uni »
Le thème d’un « Canada fort et uni » et de l’importance de nourrir les récits qui tissent la culture canadienne transpire dans plusieurs mesures budgétaires touchant à la culture. Ainsi, le gouvernement allouera 325 millions de dollars au Fonds Canada 160 chapeautant les célébrations du 160e anniversaire du Canada, en 2027, une somme qui permettra « aux Canadiens de célébrer […] dans le cadre de festivals locaux, de spectacles et d’activités culturelles et axées sur les arts et le patrimoine ».
Le budget propose de mettre sur pied — au coût de 32,2 millions de dollars sur quatre ans — une « collection nationale numérique gratuite » d’œuvres d’auteurs canadiens que pourront emprunter les contribuables. Le gouvernement espère rassembler 200 œuvres à son lancement d’ici 2028 et souhaite garnir davantage cette bibliothèque virtuelle au fil des ans. « Du financement sera accordé pour obtenir les licences, établir la plateforme de prêt en ligne et promouvoir celle-ci afin que les œuvres canadiennes puissent atteindre un plus grand nombre de lecteurs. » Le Fonds du livre du Canada reçoit aussi un coup de pouce de l’ordre de 20 millions de dollars sur quatre ans dès l’an prochain.
Dans le même esprit, le budget annonce rendre permanente l’entrée gratuite dans les musées nationaux pour les moins de 25 ans, une mesure évaluée à 46,3 millions de dollars sur cinq ans destinée aux musées nationaux du Canada et à la Commission des champs de bataille nationaux. Le Fonds du Canada pour la présentation des arts bénéficiera d’une somme de 15 millions et le programme Développement des communautés par le biais des arts et du patrimoine sera financé à hauteur de 10 millions « afin de soutenir les festivals locaux et les arts de la scène partout au pays, dans le cadre du 160e anniversaire du Canada. »
Enfin, 393 millions de dollars sont prévus dans ce budget pour l’organisation, en 2028, du Sommet de la francophonie. Vingt ans après la ville de Québec, ce sera au tour d’Ottawa d’en être l’hôte. Les premiers ministres canadien et québécois s’envoleront bientôt pour Phnom Penh, capitale du Cambodge, où se déroulera le XXe sommet, du 14 au 16 novembre.
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