Les agriculteurs et les vagues de chaleur : "On ne peut plus faire comme avant, il va falloir faire preuve de créativité"

Cela fait dix ans que Samuel Batteux et Christine Delcroix sont agriculteurs et depuis le début, les questions sur le changement climatique font l’objet d’une grande réflexion. "On est directement confrontés à ses effets. Ce matin, les vaches n’ont pas voulu rentrer. C’est le miracle de l’herbe qui repousse en prairie. Mais la fin du printemps et l’été ont été très difficiles. Les prairies ressemblaient plus au désert du Sahara", explique Samuel Batteux.
Ces périodes de forte chaleur les ont amenés à trouver des pistes pour améliorer le quotidien de leur troupeau : "On a énormément planté des arbres et des haies dans les prairies pour que les températures restent supportables. La température idéale pour les vaches, c’est 10 degrés. Quand on dépasse les 20 degrés, cela devient difficile alors quand on dépasse les 30 degrés, les vaches sont en grande souffrance". Dans ce cas, elles produisent moins de lait et sont moins fertiles. Une étable avec une bonne isolation est aussi en construction pour pouvoir les mettre à l’abri.
"Aura-t-on encore des vaches aux pâturages en 2050, comme on les connaît depuis des siècles ? "
Propriétaire d’une ferme de 55 hectares et d’une quarantaine de vaches, ce couple se questionne également sur la taille du troupeau. "Il faudra peut-être adapter le nombre d’animaux au nombre d’hectares disponibles car les rendements agricoles risquent de diminuer". La sécheresse touche les cultures de maïs et de céréales qui servent à nourrir les vaches mais il y a des solutions : "Comme la canicule concerne toute l’Europe, on ne peut pas aller chercher des stocks de nourriture chez les voisins. Il va falloir s’adapter en diversifiant nos cultures, en travaillant, par exemple, avec la luzerne. Une plante magnifique car elle a des racines perforantes qui peuvent aller chercher l’humidité très loin dans le sol".
Autre préoccupation, le manque d’eau. Dans le cadre de travaux de rénovation, ces agriculteurs ont décidé de construire des grandes citernes pour récupérer les eaux de pluie.
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