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Wednesday, October 7, 2026

Lycéen amputé à Lens: l’usage des grenades assourdissantes suspendu

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Toulouse, 6 octobre © NLBeeld

Vidéo

L’usage des grenades assourdissantes, mis en cause après qu’un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée, est suspendu “pour le mouvement lycéen”, a annoncé mercredi le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez.

A. FO

Source: Belga, AFP

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“Je suspends leur usage pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n’a pas été faite sur ce qui s’est passé dans cette affaire”, a-t-il annoncé sur la radio RTL.

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Le ministre a également annoncé que l’inspection générale de la police avait été saisie de 18 enquêtes à ce stade, alors que de nombreux manifestants, slogans et pancartes dénoncent le comportement des forces de l’ordre, accusées de “violences policières”.

Discours attendu du Premier ministre

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu © X, AFP

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’exprimera mercredi soir, ont indiqué ses services. Dans son allocution, il évoquera “la situation dans les lycées, les prix des carburants, la crise agricole ainsi que la situation financière du pays”, ont-ils précisé.

Appel à de nouveaux blocages

Les lycéens, qui dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées et des absences de professeurs non remplacés, appellent à poursuivre les blocages et à de nouveaux cortèges jeudi, malgré l’appel du gouvernement à retourner dans les établissements pour dialoguer.

Toulouse, 6 octobre © NLBeeld

La position ferme du gouvernement

Le chef du gouvernement avait déjà pris la parole mardi devant les députés, tenant un discours de fermeté face aux débordements en marge de la colère lycéenne, tout en ciblant le parti de la France insoumise (gauche radicale), qu’il accuse de “souffler sur les braises” et de “bordéliser” le pays à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027.

Toulouse, 6 octobre © NLBeeld

Des avocats dénoncent des gardes à vue pour “terroriser”

Plusieurs avocats d’adolescents placés en garde à vue ont en outre dénoncé auprès de l’AFP des violences physiques, des insultes et des “tentatives d’humiliation” de la part de policiers, qui ont laissé des mineurs “terrorisés”, selon eux. “Quand on ouvre la porte” du commissariat, “qu’il y a 47 kilos et 1,56 m derrière, c’est spécial comme sentiment”, témoigne Ainoha Pascual, qui a assisté, dans la capitale, trois adolescents. “Je sens qu’ils sont terrorisés”, poursuit l’avocate, membre de la Legal Team Paris, un des collectifs d’avocats qui ont fait des violences policières une de leurs spécialités. “Une très grande majorité arrive en garde à vue blessée”, après avoir “pris des coups de matraque” ou avoir “été tirée au sol”, affirme-t-elle.

“Gifle, insulte, étranglements”

“On n’a pas une seule interpellation qui se passe sans que les lycéens décrivent une insulte, une gifle, un maintien de la tête au sol, des étranglements”, abonde Prisca Ancion, du collectif action judiciaire (CAJ). “Il n’y a pas du tout d’adaptation des pratiques” des policiers “par rapport à leur minorité”, déplore cette pénaliste, ayant assisté une “petite dizaine” de jeunes en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise.

“Tentatives d’humiliation”

Les commissariats sont par ailleurs le théâtre de “violences psychologiques” et d’“insultes racistes”, affirme Me Ancion. “On les fait ramper comme un chien pour ramasser des affaires”. “Il y a systématiquement des tentatives d’humiliation”, abonde Me Pascual qui raconte qu’une adolescente a été “emmenée pieds nus au commissariat” alors qu’elle avait “demandé aux policiers” de ramasser ses chaussures perdues lors de son interpellation.

“On parle de mineurs qui ont passé la nuit en geôle sans matelas, sans couverture”

Même indignation dans le sud-ouest de la France. “On parle de mineurs qui ont passé la nuit en geôle sans matelas, sans couverture”, relève Ludovic Tardy, à Pau, qui a assisté ce week-end trois mineurs. Se tiennent des interrogatoires tendus, rythmés de sarcasmes. “Avoir cours de 8H00 à 18H00? C’était pareil pour nous, connard!”, aurait ainsi lancé un policier parisien à un adolescent, selon son conseil qui témoigne sous couvert d’anonymat pour protéger le mineur. “Des officiers de police judiciaire passaient en se moquant du droit au silence adopté par mon client: ‘Ça ne sert à rien, ton avocat te conseille mal’”, se souvient aussi Me Théo Kermagoret, intervenu pour des adolescents à Sarcelles.

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