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Sunday, September 13, 2026

Chris Kreider, une embauche qui nécessite le pardon

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GATINEAU – Kent Hughes et Jeff Gorton se faisaient très discrets à Gatineau, samedi, et on comprend pourquoi : ils étaient occupés à ficeler l’embauche de l’ailier Chris Kreider, que le Canadien a mis sous contrat pour un an.

Différents médias parlent d’un salaire de base de 2,15 millions de dollars, auxquels pourraient s’ajouter des bonis de performance d’environ 3 M$. L’organisation n’a toutefois pas voulu confirmer ces chiffres, et elle attendra même son traditionnel tournoi de golf, lundi matin, pour commenter la signature.

Chris Kreider est un nom que les amateurs du Tricolore connaissent et honnissent depuis longtemps. Ils ne lui ont jamais pardonné sa collision avec Carey Price durant la finale d’Association de 2014 opposant le Canadien aux Rangers de New York. Cela avait mis fin aux séries de Price et grandement amenuisé les chances de victoire du CH.

Mais on verra bien si la rancune a une date de péremption, car l’arrivée de Kreider est salutaire à plusieurs points de vue.

Tout d’abord, son style de jeu lourd et direct, qui l’amène à constamment créer devant le filet adverse, ajoutera une facette importante à l’attaque du Canadien. Il n’est peut-être plus la gazelle qu’il a déjà été, mais le style qu’il préconise risque quand même d’être utile en séries.

Avec 22 buts et 50 points à sa fiche la saison dernière, Kreider devrait être encore en mesure de donner de bons services au top 9 du Canadien. Il faudra voir cependant dans quelle mesure il sera appelé à contribuer en avantage numérique, où il a fait passablement de dommages tout au long de sa carrière.

Ce serait une petite surprise si l’équipe lui trouvait une place dans la première unité.

L’arrivée de Kreider donne par ailleurs une mesure intéressante de la façon dont le Canadien est perçu à l’externe.

Le vétéran de 35 ans venait de résilier son contrat avec les Ducks d’Anaheim, qui cherchaient à libérer de l’argent afin de faciliter la signature du jeune Cutter Gauthier.

Kreider souhaitait revenir dans l’Est, mais il a choisi le Canadien comme point de chute, et à un salaire bien inférieur à celui auquel il a renoncé en Californie.

Un Américain qui opte pour une équipe canadienne en ces temps troubles? Ce n’est pas banal.

Les amateurs connaissent Kreider sous un certain jour, mais d’autres chez le CH savent davantage de quel bois il se chauffe. Martin St-Louis a été son coéquipier avec les Rangers pendant un an et demi, tandis que le président des opérations hockey Jeff Gorton a longtemps été le directeur général des Rangers. Sa relation bien établie avec Kreider a sûrement dû aider au processus.

Kreider devrait obtenir une occasion de commencer la saison sur le trio d’Ivan Demidov. Si ce n’est pas le cas, il solidifiera assurément le troisième trio. Cela dit, son arrivée n’est pas exactement de bon augure pour Zachary Bolduc.

Au prix que va gagner Kreider, son embauche n’empêchera pas le Canadien de faire signer un contrat à Bolduc; c’est plutôt sur la glace qu’il pourrait y avoir un effet domino. Si Bolduc veut plus de temps de jeu et de meilleures occasions d’évoluer avec des joueurs de qualité, Kreider devient un obstacle additionnel dans cette quête.

Le Tricolore s’améliore sans avoir cédé d’actif, les bonis de performance à Kreider pourraient être absorbés par la masse salariale de l’année prochaine et la durée de l’entente minimise le risque pour un trentenaire en déclin.

On verra à l’usage toutes les ramifications de cette acquisition, mais à première vue, cela semble une très bonne affaire pour le Canadien.

À la mi-juin, Letowski savait

Trevor Letowski a passé les 32 dernières années de sa vie, sans interruption, dans un vestiaire de hockey. Trois ans dans le junior, 13 ans comme joueur professionnel, puis 16 ans en tant qu’entraîneur.

Au mois de juin, lorsqu’il a retrouvé sa famille à Windsor, il a compris que le temps était venu de mettre fin à cette cadence infernale afin que la vie ne lui glisse pas entre les doigts.

J’ai deux filles avec lesquelles j’ai manqué des années importantes, cinq ans en tout, a indiqué Letowski. J’ai senti que c’était le bon moment de passer plus de temps avec ma famille. Je suis dans le monde du hockey depuis longtemps, j’ai joué pendant pas mal de temps et je me suis lancé dans le métier d’entraîneur tout juste après. Au bout du compte, on ne peut pas racheter le temps qu’on a manqué avec sa famille.

Voilà pourquoi Letowski a décidé de prendre un pas de recul, une décision qui a forcé l’organisation du Canadien à trouver un nouvel adjoint à Martin St-Louis. Le vétéran entraîneur Derek Lalonde, qui sera présenté aux médias lundi au tournoi de golf, a intégré l’équipe en tant qu’entraîneur associé et ajoutera un bagage d’expérience derrière un banc de la Ligue nationale de hockey (LNH) auquel ne pouvait prétendre un membre du personnel du CH.

Il est dans la LNH depuis longtemps, et c’est un entraîneur très respecté; c’est ce que je sais de lui, a dit Letwoski. C’est quelqu’un qui communique très bien. Il a déjà occupé le poste d’entraîneur-chef dans la LNH, et je pense qu’il va beaucoup apporter à l’équipe. Ça va sans doute être une transition facile. J'en ai un peu parlé avec Marty; il est enthousiaste, et je pense que c'est un excellent choix. Je pense qu'on a eu de la chance de mettre la main sur lui.

Letowski reste dans l’organisation en se joignant à l’équipe de développement des joueurs. Avec le départ à la retraite de Rob Ramage, personne ne sera promu pour diriger ce département, mais Francis Bouillon, Alex Burrows, Paul Byron, Scott Pellerin et maintenant Letowski se verront assigner différents espoirs qu’ils épauleront dans leur cheminement.

Ayant été entraîneur-chef avec le Sting de Sarnia et les Spitfires de Windsor avant de se joindre au Canadien, Letowski est bien placé pour savoir en quoi les joueurs juniors traversent des années déterminantes sur le plan de la progression, et que de trop nombreux jeunes n’ont pas idée de l’engagement qui est nécessaire pour faire sa place dans la Ligue nationale.

Le parcours de Letowski se sera terminé en beauté, car il estime que le plus récent parcours éliminatoire du Canadien est un fait marquant de sa carrière dans le hockey.

L’année dernière, en particulier, a été la meilleure que j’ai vécu dans le hockey, surtout en tant qu’entraîneur, a-t-il admis. Vivre tout ça à Montréal et participer à cette poussée en séries … À moins de l’avoir vécu soi-même, ou d’avoir été sur place à ce moment-là, c’est difficile de l’expliquer aux gens. Ça a été un moment vraiment spécial que je n’oublierai jamais.

Même s’il a décidé de privilégier ses filles de 10 et 17 ans, il admet qu’il va s’ennuyer de la camaraderie dans le bureau des entraîneurs, et particulièrement du contact qu’il avait établi avec Martin St-Louis.

Il faut se rappeler que Letowski avait été amené à Montréal par Dominique Ducharme. Il est d’ailleurs l’un des rares survivants de l’ancien régime. Il ne connaissait pas du tout St-Louis lorsqu’ils se sont mis à travailler ensemble. Or, au fil du temps, il est devenu le vrai bras droit de l'entraîneur-chef, son homme de confiance.

Quand Marty est arrivé, sa famille n’était pas là, se souvient Letowski, dont la famille n’a jamais déménagé à Montréal. On a passé beaucoup de temps ensemble au début, et c’est sans doute ce qui a favorisé notre relation : on a vraiment créé des liens, et on a en quelque sorte construit notre relation à partir de là.

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Une émule de Condotta

Bien peu de conclusions à tirer du premier match du tournoi des recrues, qui a vu les jeunes représentants du Canadien baisser pavillon 3-1 devant ceux des Jets de Winnipeg.

L’organisation a bricolé une équipe pour l’occasion qui ne reflète pas la qualité de sa pépinière. Mais puisque ses meilleurs jeunes évoluent dans la NCAA, en Europe, en Russie ou qu’ils sont trop proches de la LNH pour se farcir pareil tournoi, l’effectif en a pris pour son rhume.

Les Québécois Thomas Rousseau et Maverick Rousseau-Hamel, deux des sept attaquants invités au camp des recrues, ont bien tenté de se démarquer, mais c’est probablement Dillan Bentley, le doyen du groupe à 25 ans, qui a été le meilleur joueur du Canadien.

Bentley est un produit de l’Université UMass-Lowell, à l’instar de Lucas Condotta, le capitaine du Rocket de Laval. Le gros ailier nous a confié que, dans les montages vidéo illustrant les bonnes habitudes sur glace que Daniel Jacob veut inculquer aux jeunes, Condotta est presque toujours dans le paysage.

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