L’Arabie saoudite intercepte des drones, l’Égypte envisage d’intervenir pour la défendre
Riyad a annoncé samedi avoir intercepté quatre drones visant le royaume, sous le feu depuis début octobre d’attaques quasi-quotidiennes des Houthis pro-iraniens du Yémen, face auxquelles l’Égypte envisage d’intervenir en défense de son allié saoudien.
Sur le terrain yéménite, les Houthis ont de leur côté fait état de 12 morts, dont trois enfants, et de dizaines de blessés dans des frappes saoudiennes ces dernières 24 heures.
Après des années d’accalmie, le conflit opposant depuis 2014 le gouvernement yéménite soutenu par Riyad aux Houthis a repris en juillet, ouvrant un nouveau front de la guerre au Moyen-Orient.
Les hostilités ont gagné en intensité en septembre, avec la prise du littoral yéménite sur la mer Rouge par les Houthis, et des attaques d’une ampleur inédite contre le royaume, visant en particulier ses infrastructures pétrolières et aéroports.
« Interception et destruction de quatre drones dans les heures passées au-dessus des régions de Riyad, de l’est et du sud » du pays, a écrit sur X samedi le porte-parole de la coalition menée par Riyad en appui au gouvernement yéménite.
Vendredi, la coalition avait déjà annoncé des interceptions de missiles et de drones, notamment au-dessus de la capitale et de Yanbu, principal terminal pétrolier sur la mer Rouge du royaume.
Et le 10 octobre, une attaque houthie sur l’aéroport de Riyad avait tué 13 personnes et fait des centaines de blessés, dans l’attaque la plus meurtrière sur le sol saoudien depuis plus d’une décennie.
« Uniquement de défense »
Au Caire, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a déclaré que son pays se tenait prêt à défendre Riyad, si le royaume « le demandait », précisant que tout déploiement égyptien nécessiterait l’accord du Parlement.
Dans la foulée, le journal d’État Al-Ahram a annoncé que le Parlement égyptien se réunirait dimanche en séance extraordinaire pour décider d’une éventuelle assistance à Riyad.
« Je ne parle pas d’affronter ou d’attaquer qui que ce soit », a souligné le président Sissi, s’exprimant devant l’Académie militaire égyptienne. « Nous parlons uniquement de défense ».
L’Égypte ne « cherche pas à jouer un rôle » dans les conflits régionaux, mais il lui est « inconcevable » de ne rien faire si l’Arabie saoudite est « lésée, ou que sa sécurité et sa stabilité sont menacées », a-t-il ajouté.
L’Égypte est confrontée à une baisse des revenus du canal de Suez depuis les premières attaques houthies en 2023 contre des navires en mer Rouge, déclenchées en marge de la guerre à Gaza. La prise de contrôle par les Houthis du détroit de Bab el-Mandeb, qui verrouille au sud l’accès à la mer Rouge, risque d’aggraver ces pertes.
L’Égypte n’a pas signé le pacte de défense de La Mecque, conclu en août entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Mais Riyad, qui a jusque-là demandé en vain l’aide de Washington, est depuis longtemps un soutien essentiel du Caire.
« Processus politique »
Au Yémen, l’aviation saoudienne a pris pour cible samedi « des habitations civiles » dans le gouvernorat de Taëz (sud-ouest), faisant neuf morts et 16 blessés, selon les Houthis.
Ils avaient déjà rapporté dans la nuit des frappes sur des villages du gouvernorat de Dhamar (sud-ouest), faisant état de trois enfants tués et de 17 blessés.
Leur agence de presse Saba a aussi accusé l’aviation saoudienne, qui mène des raids quotidiens au Yémen, d’avoir utilisé des « bombes à sous-munitions, interdites au niveau international ».
L’Iran a pour sa part déclaré samedi soutenir un « processus politique » pour mettre fin au conflit yéménite.
Les Houthis appartiennent à ce que Téhéran désigne sous le nom d’« Axe de la résistance », une alliance de groupes hostiles à Israël qui inclut aussi notamment le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.
L’Iran a toutefois démenti vendredi toute implication dans les attaques houthies contre l’Arabie saoudite, au lendemain d’accusations de Riyad lui imputant « d’encourager » leurs opérations militaires.
« Nous soutenons la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale du Yémen, ainsi que celles de l’Arabie saoudite. Nous soutenons un processus politique inclusif et global, qui constitue la seule voie réaliste et durable pour résoudre le problème », a déclaré à Bagdad le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi
Il a de nouveau proposé une médiation dans le conflit, après que son adjoint a indiqué que Riyad n’avait pas encore répondu à cette proposition iranienne.
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