Gallimard passera ses manuscrits au détecteur d’IA

Les maisons d’édition du groupe éditorial français Madrigall, à qui appartiennent notamment les Éditions Gallimard, devront passer au détecteur d’intelligence artificielle (IA) les manuscrits qu’elles reçoivent, a appris la radio publique française France Inter.
Selon les informations dévoilées jeudi par France Inter et confirmées par le quotidien français Libération, le président de Madrigall, Antoine Gallimard, a envoyé aux éditeurs de son groupe un courriel indiquant que les manuscrits devront être soumis, à partir de 2027, à la détection d’IA.
France Inter n’a pas donné de détails supplémentaires quant à l’outil qui sera utilisé pour analyser ces outils.
Poids lourd de l’édition francophone, Madrigall possède les Éditions Gallimard, mais aussi Flammarion, Casterman, J’ai lu, les Éditions Denoël ou encore les Éditions P.O.L et les Éditions de Minuit.

L'éditeur français Antoine Gallimard est le petit-fils de Gaston Gallimard, qui a fondé les éditions du même nom en 1911.
Photo : Getty Images / AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT
Des certifications 100 % humain
Alors que l’affaire Thélyson Orélien a provoqué un tremblement de terre dans le milieu littéraire des deux côtés de l’Atlantique, les initiatives visant à certifier les livres comme étant écrits par des humains se multiplient.
Par exemple, les Éditions de l'Observatoire ont lancé, à la fin du mois de septembre, l’étiquette Sanctuaire garantissant que le livre en question est le fruit de l'intelligence humaine.
L’auteur s’est engagé auprès de son éditrice, de ses lecteurs et lectrices, à ne pas utiliser d’IA générative dans la rumination, la composition et l’écriture de son ouvrage
, est-il ainsi précisé au début du livre Consonno, de Gaspard Koenig, qui a inauguré cette étiquette Sanctuaire.
Et au Québec?
Du côté québécois, des discussions à ce sujet ont eu lieu au sein des comités de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL).
Pour l'instant, personne n'a vraiment trouvé la solution parfaite qui permettrait d'avoir un genre de gage de qualité
, explique la présidente de l’ANEL, Geneviève Pigeon.
Celle qui est également directrice générale de la maison d’édition L’instant même se refuse, comme beaucoup d’autres éditeurs québécois, à soumettre les manuscrits qu’elle reçoit à un outil de détection d’IA, comme Pangram, qui utilise de l’IA.
À partir du moment où on utilise l'IA, peu importe la façon dont on l'utilise, on soutient un modèle qui a pillé nos œuvres
, souligne-t-elle.
C'est un peu comme dire : "Je vous garantis que je n'ai pas volé pour construire mon œuvre, mais, pour vous en donner la garantie, j'ai utilisé un outil volé"
, poursuit-elle. Il y a vraiment un paradoxe là-dedans dont on n'est pas encore sorti.
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