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Friday, November 6, 2026

Pourquoi des dizaines de milliers d’étudiants seront-ils en grève la semaine prochaine?

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Dénonçant la précarité financière des étudiants des cégeps et universités de la province, des dizaines de milliers d’entre eux seront en grève la semaine prochaine — certains cinq jours de suite — afin de réclamer notamment une réforme de l’aide financière aux études, des stages rémunérés ainsi qu’un meilleur financement public en enseignement supérieur. Regard sur cette mobilisation.

Quels étudiants seront en grève ?

Du lundi au vendredi, la semaine prochaine, plus de 50 000 étudiants (au bas mot) seront en grève. Des associations étudiantes ont adopté des mandats en ce sens dans plus d’une dizaine d’établissements collégiaux et universitaires. Certaines de ces grèves seront d’une ou de deux journées, mais d’autres se tiendront cinq jours de suite, du 9 au 13 novembre. Ce sera notamment le cas chez cinq associations facultaires de l’UQAM.

« Les associations concernées sont en arts, en communication, en sciences de l’éducation, en sciences humaines et en science politique et droit », indique au Devoir Jenny Desrochers, responsable des communications à l’UQAM. L’association étudiante en sciences tiendra pour sa part une seule journée de grève, le 13 novembre.

L’Université de Montréal confirme pour sa part que plus de 5500 de ses étudiants seront en grève pendant une ou plusieurs journées la semaine prochaine. Ceux-ci sont inscrits dans 17 programmes, dont en biologie, en enseignement secondaire, en musique et en urbanisme, indique la porte-parole de l’établissement, Geneviève O’Meara.

Des mobilisations similaires sont aussi prévues à l’Université du Québec à Rimouski, à l’Université Concordia, dans au moins quatre cégeps montréalais, ainsi qu’au sein des établissements collégiaux de Drummondville, de Saint-Jérôme et de Sherbrooke.

Quelles sont leurs revendications ?

Cette mobilisation survient dans un contexte où la précarité financière des étudiants est « grandissante », souligne la responsable des affaires internes au sein de la Coalition de résistance pour l’unité étudiante (CRUES), Sophie Bouchard. « Ce n’est pas normal de devoir autant réfléchir à savoir si j’ai les moyens d’être étudiant alors qu’on vit dans une société qui prône le fait de faire des études postsecondaires », déplore-t-elle.

C’est dans ce contexte que la CRUES, qui est au cœur de ce mouvement de grève, réclame une réforme de l’aide financière aux études. Il est entre autres proposé d’augmenter le montant offert aux étudiants et d’assouplir les conditions d’admissibilité à ce soutien financier, notamment afin de permettre aux étudiants internationaux et à plus d’étudiants à temps partiel d’y avoir accès.

Ce mouvement vise également à presser Québec d’investir davantage en enseignement supérieur, notamment afin d’améliorer l’état des infrastructures des cégeps et des universités, mais aussi de permettre à ces établissements d’embaucher plus de personnel. « On voit le manque de personnel de soutien qui est vraiment accablant, autant au cégep qu’à l’université. Il en manque de partout », ce qui a entre autres pour effet de limiter l’accès à de l’aide psychosociale pour plusieurs étudiants, déplore Sophie Bouchard.

Plusieurs grèves tenues le 10 novembre auront pour leur part comme objectif de réclamer la rémunération de l’ensemble des stages. « Dans le contexte où le Parti québécois s’est engagé sur certains stages [notamment en éducation et en santé], nous, ce qu’on veut, c’est qu’ils mettent en place cette promesse-là rapidement », puis qu’il aille ensuite plus loin en rémunérant les autres stages, réclame ainsi le président de l’Union étudiante du Québec, Loïc Goyette.

Quelles conséquences sont à prévoir ?

Des lignes de piquetage sont prévues en matinée devant les différents établissements concernés, ce qui devrait avoir pour effet d’entraîner la levée de nombreux cours. Les effets de cette grève varieront toutefois selon l’endroit, indique au Devoir la Fédération des cégeps.

« Les cégeps concernés communiquent les modalités à leur communauté étudiante et demeurent attentifs à la continuité des études », ajoute la fédération, qui se dit sensible aux revendications des étudiants. « La Fédération reconnaît que les difficultés financières peuvent compromettre la poursuite des études et souhaite que les préoccupations étudiantes soient entendues dans un esprit de dialogue », ajoute-t-elle par courriel.

Les étudiants en grève profiteront de ce contexte pour prendre part à plusieurs manifestations prévues la semaine prochaine. Des mobilisations pour la rémunération des stages sont prévues le 10 novembre au centre-ville de Montréal, de même qu’à Sherbrooke, à Chicoutimi et à Québec.

Une grande manifestation est aussi prévue le 13 novembre au square Victoria, à Montréal. Celle-ci devrait réunir des étudiants de différentes régions de la province, indique Sophie Bouchard. « Le gouvernement n’aura pas le choix d’adresser les choses » et de réinvestir en enseignement supérieur, espère-t-elle.

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