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Sunday, October 18, 2026

Riyad vit au ralenti face aux attaques houthies et déplore la mort de deux pilotes

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Une tour d’affaires emblématique de Riyad qui impose le télétravail, des écoles qui prolongent les cours en ligne et un aéroport toujours fermé : le quotidien en Arabie saoudite est bousculé par les frappes répétées des Houthis contre le royaume.

La coalition dirigée par Riyad, qui combat le mouvement pro-iranien du Yémen, a également annoncé les premiers décès de militaires depuis la reprise des hostilités en juillet.

« Un hélicoptère de reconnaissance AH-6i appartenant à la garde nationale s’est écrasé […] sur le territoire saoudien dans la région de Najran après une défaillance technique, causant la mort des deux officiers qui composaient son équipage », selon le porte-parole Turki al-Malki, cité par l’agence de presse officielle SPA.

Les Houthis avaient affirmé samedi avoir « abattu un hélicoptère apache de l’ennemi saoudien » dans la même région.

Chaque jour, l’Arabie saoudite intercepte des drones ou missiles tirés par le camp adverse, et la Défense civile a encore émis dimanche de brèves alertes aériennes dans la région de Riyad et le sud du pays.

Ampleur inédite

Après des années d’accalmie, le conflit opposant depuis 2014 le gouvernement yéménite soutenu par Riyad aux Houthis s’est réveillé cet été, ouvrant un nouveau front de la guerre au Moyen-Orient.

Les hostilités ont gagné en intensité en septembre, avec la prise du littoral yéménite sur la mer Rouge par les Houthis et des attaques d’une ampleur inédite contre le royaume, en particulier sur ses infrastructures pétrolières et ses aéroports.

Le 10 octobre, une frappe sur l’aéroport de Riyad avait notamment fait 13 morts et des centaines de blessés. Il est depuis fermé, sans date de réouverture annoncée.

L’enjeu est d’autant plus important qu’octobre lance généralement, avec la fin des chaleurs estivales, la saison des grands événements — conventions, divertissements — attirant des hauts dirigeants et grands patrons.

Dans la capitale, des bureaux ont fermé leurs portes : le Kingdom Centre, tour de 99 étages du centre-ville abritant notamment le bureau régional du Fonds monétaire international (FMI), a imposé dimanche le télétravail aux employés, « avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre ».

Les écoles, elles, ont prolongé l’enseignement en distanciel à Riyad et sa périphérie.

Vote du Parlement égyptien reporté

Ces attaques ont mis en évidence selon les experts les lacunes en matière de défense du royaume, qui investit pourtant des sommes considérables dans des équipements militaires de pointe. Et ses appels à une aide internationale, notamment des États-Unis, ont pour l’instant été largement infructueux.

L’Égypte s’est cependant dite prête à lui porter assistance, et son Parlement s’est réuni dimanche en séance extraordinaire à la demande du président pour approuver ce soutien mais le vote a été reporté afin de laisser plus de temps au débat, selon des députés.

Le Caire ne « cherche pas à jouer un rôle » dans les conflits régionaux, mais il est « inconcevable » de ne rien faire si l’Arabie saoudite est « lésée, ou que sa sécurité et sa stabilité sont menacées », a déclaré samedi le président Abdel Fattah al-Sissi.

« Je ne parle pas d’affronter ou d’attaquer qui que ce soit. Nous parlons uniquement de défense », a-t-il souligné.

Les Houthis n’en ont pas moins appelé l’Égypte à ne pas « s’engager sur cette voie […] qui ferait courir un grave risque à sa propre sécurité nationale ».

Le Caire ne s’est pas joint au pacte de défense de La Mecque, conclu en août entre Riyad, Ankara et Islamabad. Mais le royaume est depuis longtemps un soutien essentiel de l’Égypte.

Sur le sol yéménite, les combats se poursuivent. Les dernières frappes saoudiennes ont fait depuis vendredi 12 morts, dont trois enfants, et des dizaines de blessés dans le sud-ouest du pays, selon les combattants pro-iraniens.

Leur agence de presse Saba a accusé l’armée saoudienne, qui mène des raids quotidiens au Yémen, d’avoir utilisé des « bombes à sous-munitions, interdites au niveau international ».

Accusé par l’Arabie saoudite et le Yémen d’avoir « encouragé la récente escalade », l’Iran a démenti toute implication et renouvelé sa proposition d’une médiation iranienne, laissée sans réponse par Riyad et rejetée par Aden.

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