Afrique du Sud: le succès des challenges de danse amapiano en ligne

En musique, l’amapiano sud-africain, qui a déjà conquis le monde, continue d’évoluer et de se réinventer. Et de nouveaux artistes émergent sans cesse, parfois mis en lumière grâce à des « dance challenges », de petites chorégraphies mises en ligne sur les réseaux sociaux qui deviennent virales et que tout le monde s’amuse à reproduire. À tel point que ces vidéos sont devenues des outils pour les artistes émergents qui souhaitent gagner en visibilité.
De notre correspondante à Johannesburg,
Dans les rues du township d’Alexandra, des rythmes d’amapiano s’échappent de partout : d’un salon de coiffure, des enceintes d’une voiture, et de la petite pièce dans laquelle vit, avec toute sa famille, Olanna, 15 ans, qui se filme en train de danser : « Moi, un challenge, ça me demande juste 2 minutes pour l’apprendre, et ensuite je filme. C’est facile, et des fois, j’invente même mes propres pas. Ça me rend heureuse de danser, et ça me détend, même quand je suis triste », explique-t-elle.
La vidéo est ensuite directement postée sur les réseaux. Il n’y a donc pas besoin de grand-chose pour participer, et c’est ce qui plait aussi à Angie, qui, à quelques rues de là, reproduit également des chorégraphies vues en ligne. « À l’école, dans la cour de la maison, à l’intérieur : je danse partout. Même dans les centres commerciaux. Et des fois, des gens me rejoignent. J’aime ces défis, la variété des danses qui existent. Et ça permet de découvrir de nouveaux artistes, de nouvelles musiques et des genres que je ne connaissais pas », raconte-t-elle.
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Même si ces chorégraphies naissent souvent sans qu’on s’y attende, ceux qui produisent de l’amapiano s’y intéressent de près, comme DJ Nastor, artiste installé à Johannesburg. « J’ai récemment publié un nouveau morceau, et j’ai encouragé les gens sur TikTok à créer des challenges autour. Donc ça fait partie des stratégies pour promouvoir notre musique, et ce format est aussi très courant chez nous. Et puis de voir des gens danser sur ma musique, ça montre qu’elle est bien reçue et qu’elle fait plaisir », se réjouit-il.
Et régulièrement, un « dance challenge » partagé au-delà des frontières permet au monde entier de s’enthousiasmer pour la musique sud-africaine. Boniswa Sidwaba est conseillère en stratégie digitale et ancienne responsable de contenu pour la plateforme TikTok en Afrique du Sud : « La raison pour laquelle ces vidéos voyagent autant et sont devenues des phénomènes en ligne, c’est grâce aux algorithmes qui permettent aux contenus d’émerger en fonction des centres d’intérêt, et non de la localisation. Ça a joué un grand rôle dans la distribution, afin que des gens, partout dans le monde, puissent être exposés à de tels contenus ».
La fin de l’année et l’approche de l’été austral promettent en tout cas d’être un terrain fertile pour voir émerger de nouveaux sons et leurs chorégraphies.
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