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Tuesday, October 27, 2026

À la COP17, on cherche des milliards pour sauver la nature… tout en dépensant 30 fois plus pour la détruire !

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Personne n'en parle, alors que c'est pourtant un sujet central pour notre environnement et, par conséquent, pour notre survie : la COP17 pour la biodiversité se tient actuellement à Erevan en Arménie, et cela jusqu'au 30 octobre. « La biodiversité est le socle de nos sociétés. Elle nous nourrit, nous protège, contribue à notre santé et soutient nos économies. Pourtant, partout dans le monde, elle continue de s'éroder », rappelle Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature.

Si le sujet du climat fait de plus en plus consensus, tant les conséquences sont déjà perceptibles, celui de la biodiversité n'est même pas relayé au second plan, il est carrément oublié... Un chiffre devrait pourtant inciter le monde à opérer un changement radical : la taille moyenne des populations de vertébrés sauvages suivies a diminué de 73 % en 52 ans, selon WWF France. « L'oiseau, c'est officiellement l'indicateur de l'état de la biodiversité », nous disait Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, la Ligue pour la protection des oiseaux, dans une interview pour Futura. Or, en France, c'est l'hécatombe : un tiers des oiseaux communs spécialistes des milieux agricoles, forestiers et bâtis a disparu en France, selon le Muséum national d'histoire naturelle.

Les populations d'oiseaux ne se portent pas bien en France, or cette catégorie d'animaux est le premier indicateur de l'état de la biodiversité. © Philippe Paternolli, iStock

Il existe une autre manière d'agir

L'enjeu central de la COP17 est l'adoption du premier bilan mondial de la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal (CMB-KM). Ce bilan permet de mesurer les progrès accomplis et d'identifier les écarts qui subsistent dans l'atteinte des objectifs et cibles fixés : la COP17 n'est pas encore terminée, mais les premiers constats sont tombés : les pays sont en retard sur quasiment toutes les mesures sur lesquelles ils se sont engagés : que ce soit la restauration des écosystèmes naturels, ou l'arrêt des subventions néfastes à l'environnement.

Car, en plus des mesures de protection de la nature qui, il faut bien l'avouer, ne font pas toujours l'unanimité en fonction des intérêts de chacun, il y a une autre manière d'agir : on peut financer la protection de la biodiversité en arrêtant de subventionner sa destruction. Et c'est une bonne nouvelle : protéger la biodiversité pourrait coûter moins cher en réorientant l'argent déjà dépensé !

Il ne s'agit pas seulement de trouver de nouveaux financements pour la nature, car une partie de l'argent public et privé finance aujourd'hui des activités qui contribuent à sa dégradation. Il faudrait donc réorienter ces financements, et cela est appuyé par des chiffres très concrets :

« Pour chaque dollar américain investi dans la protection de la nature, le monde en dépense 30 pour la détruire », annonce le rapport Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) publié en janvier 2026. En 2023, le rapport a relevé 7 300 milliards de dollars de flux financiers négatifs pour la nature, dont 4 900 milliards proviennent de sources privées (industrie et énergie en particulier) et 2 400 milliards de dollars de subventions publiques (pour l'agriculture, les transports, et la construction).

En, France, 10,2 milliards d'euros de subventions publiques, de dépenses fiscales, de taxes et de dépenses liées à la politique agricole commune ont été néfastes à la biodiversité selon un rapport du Sénat sur la Stratégie nationale biodiversité 2030, publié le 8 juillet 2026. Une somme énorme, en comparaison aux 427 millions d'euros alloués à la stratégie nationale biodiversité entre 2023 et 2026, contre 1,09 milliard selon la trajectoire prévue en 2022, et qui n'a pas été pleinement appliquée. C'est donc un échec, dans le monde et dans notre pays.

Le monde dépense bien plus d'argent pour détruire l'environnement que pour le protéger. © Larisa, Adobe Stock

Financer la nature peut rapporter gros 

Mais alors, vers quoi rediriger tout cet argent ? Vers la nature, afin qu'elle nous rende service en retour. C'est tout le concept des Solutions fondées sur la Nature. Selon l'ONU, une partie de cet argent peut être utilisé pour soutenir les agriculteurs dans des pratiques plus durables, les pêcheurs ou d'autres activités économiques tout en réduisant leurs effets négatifs sur les écosystèmes. Et redonner sa place à la nature, que ce soit les prairies, les zones humides, ou encore avec la réintroduction d'animaux sauvages, cela rapporte, c'est prouvé : selon une étude publiée en octobre 2026 par l'International Institute for Sustainable Development (IISD) portant sur 45 évaluations de projets dans 29 pays, chaque dollar investi dans les Solutions fondées sur la Nature génèrent en moyenne 3,21 dollars de bénéfices. 

Comment la biodiversité peut aider à atténuer les catastrophes climatiques

Inondations, sécheresses, glissements de terrain, tempêtes, submersion des littoraux... Ces catastrophes naturelles se produisent partout dans le monde et semblent inévitables. Pourtant, il faut savoir que les intempéries mènent à des catastrophes, la plupart du temps, à cause des décisions prises par les humains : c'est souvent la transformation du territoire qui rend un événement météo destructeur. Pour atténuer les dégâts provoqués par les colères du ciel, de plus en plus d'organisations environnementales plaident en faveur de l'utilisation des « Solutions fondées sur la Nature ».... Lire la suite

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