«Cela nous fait peur»: après l'attentat raciste à Trappes, l'émotion et l'indignation restent vives chez les habitants

« C'est la première fois qu'il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne » : le président français Emmanuel Macron a vendredi 23 octobre soir clairement qualifié de raciste l'attaque qui a eu lieu à Trappes et à La Verrière. Les habitants de ces villes de l'Ouest parisien font part de leur choc et accusent les autorités d'hésiter à parler d'un attentat « raciste » et « islamophobe ».
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À Trappes, les habitants sont encore sous le choc, à l’image de cet anonyme. « Ça nous fait peur. La vérité, ça nous fait peur. Ça veut dire là, là, à tout moment, on descend de chez nous, on peut se faire allumer, on peut se faire tirer dessus. »
La station-service Esso au bord de la Nationale 10 est bouclée par la police. C'est le long de cette route que le tireur a ciblé des passants. « À un moment donné, j'entends une rafale, je regardais sur ma gauche, raconte Nassim qui venait de faire le plein. Je vois une mère de famille prise de panique, en train de courir. À partir de ce moment-là, où j'ai vu le monsieur derrière avec un truc dans les mains, j'ai même pas vu ce que c’était. J'ai directement sauté derrière dans la banquette arrière. »
« Pourquoi ne pas parler de racisme et d'islamophobie ? »
L'ambiance reste lourde dans la mairie de Trappes. Quelques heures avant Emmanuel Macron, Laurent Nuñez avait fait le déplacement. Pendant la conférence de presse du ministre de l'Intérieur, Elias, un riverain, l'interpelle : « Pourquoi ne pas parler de racisme et d'islamophobie ? », lance-t-il.
Quelques minutes plus tard, il s’explique. « Écoutez, on le voit sur toutes les chaînes de télévision, on le voit également chez le ministre de l'Intérieur. Il y a une difficulté certaine à nommer les choses. Il s'agit d'un attentat islamophobe et raciste. Les seules personnes qui ont été visées sont des musulmans, des Arabes, des Noirs. Le climat islamophobe en France, il est alimenté par des polémiques sans cesse. Un certain ministre de l'Intérieur avant Monsieur Nuñez, Monsieur Retailleau, avait dit "À bas le voile !" Je crois qu'aujourd'hui il a été entendu par cette personne. »
Le parquet national antiterroriste s'est saisi de l'affaire. Il a ouvert une enquête pour déterminer le caractère raciste de cet attentat.
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