Le procès Ullens est remis au 4 novembre pour vice de procédure
Procès Ullens
Nicolas Ullens de Schooten a été reconnu coupable mardi de l’assassinat de Myriam Lechien par la cour d’assises du Brabant wallon. Les jurés ont estimé que l’accusé avait agi avec préméditation. La défense a toutefois introduit une demande en récusation et obtenu mercredi la suspension du procès.
Source: Belga
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09:35
Le procès Ullens a été renvoyé au 4 novembre pour vice de procédure
Le procès de Nicolas Ullens de Schooten a été suspendu mercredi matin devant la cour d'assises du Brabant wallon. Il devrait reprendra le 4 novembre prochain, a indiqué le président de la cour Pierre Delcour.
Après plus de 8 heures de délibération, le jury s'est positionné mardi soir pour la préméditation avec 7 voix contre 5. La cour s'est donc jointe à la réflexion et a choisi de se rallier à la majorité du jury pour confirmer la culpabilité de l'accusé. L'avocat de Nicolas Ullens de Schooten, Me Mayence, avait immédiatement réagi, expliquant que la cour a violé le secret de la délibération.
L'audience n'a pas repris mercredi matin, une requête en récusation a été déposée à l'encontre de la cour. Le pénaliste avant "une erreur manifeste de la cour". Elle a désormais 48 heures pour prendre la décision de se retirer, si elle ne le fait pas, ce sera à la cour de cassation de statuer sur la destitution, a-t-il précisé.
20:20
Hier
Le jury reconnaît que l'accusé est un "assassin" mais aussi un "menteur", selon Me Kennes
Me Laurent Kennes, avocat des enfants de Myriam Lechien, s'est dit "très satisfait" mardi du verdict reconnaissant Nicolas Ullens de Schooten coupable d'assassinat. "C'est une décision qui me paraît très raisonnable et la seule décision juste", a-t-il réagi.
"L'assassinat n'est pas une surprise pour nous", a poursuivi l'avocat. Il a surtout souligné la force des motivations retenues par le jury. "Il n'est pas seulement dit que c'est un assassin. Il est aussi dit qu'il a préparé son acte bien avant, qu'il s'est armé pour aller sur place et qu'il est un menteur."
Pour Me Kennes, ces éléments rejoignent directement la thèse défendue par les parties civiles. "C'est exactement ce que nous avons plaidé et ce que nous essayons de démontrer depuis trois ans et demi. Ce sont des éléments qui sont tout de même importants."
L'avocat a également évoqué la réaction de ses clients à l'annonce du verdict. "On a vu une réaction qui était très émouvante", a-t-il confié, soulignant leur satisfaction face à la décision rendue.
Me Kennes a enfin estimé que la posture adoptée par Nicolas Ullens au cours du procès n'avait pas convaincu le jury. "Le rôle qu'il s'est attribué dans le cadre de ce procès, eh bien, ça n'a pas marché", a-t-il conclu.
19:39
Hier
Les parties civiles satisfaites du verdict
Me Gilles Vanderbeck, avocat des enfants de Myriam Lechien, s'est dit satisfait mardi du verdict rendu par la cour d'assises du Brabant wallon, qui a reconnu Nicolas Ullens de Schooten coupable de l'assassinat de leur mère.
"L'arrêt reprend dans sa motivation l'ensemble des éléments que nous avions plaidés concernant la préméditation", a-t-il réagi. "Nous sommes donc assez satisfaits de voir que nous avons été suivis."
L'avocat a notamment insisté sur le laps de temps de neuf minutes retenu par le jury, entre le départ de Nicolas Ullens de la propriété de son père et la sortie de la voiture conduite par Myriam Lechien, avec Guy Ullens à son bord. "C'est un des motifs repris dans l'arrêt: cet espace de temps de neuf minutes, le fait qu'il ait attendu, qu'il ait provoqué une collision... Tout ce laps de temps était suffisamment long pour lui permettre de réfléchir à son acte", a-t-il expliqué.
Me Vanderbeck a également relevé que, selon les motivations, Nicolas Ullens se trouvait dans un état "tout à fait stable" au moment des faits. "Il ne contestait pas l'intention d'homicide, mais soutenait que cette intention était née d'une colère montante. La cour rejette cette interprétation", a-t-il ajouté.
"Il y avait bel et bien préméditation. C'est le verdict du jury aujourd'hui et nous en sommes satisfaits", a poursuivi l'avocat.
Selon lui, cette décision "correspond aux faits". "Parfois, l'accusé refait l'histoire. En décortiquant les éléments du dossier et en analysant froidement toutes les informations dont nous disposions, nous étions convaincus qu'il y avait bien préméditation."
Me Vanderbeck n'avait pas encore eu l'occasion de recueillir la réaction de ses clients au moment de s'exprimer, mais estimait qu'ils seraient eux aussi satisfaits d'une décision "qui correspond à notre vision des faits".
19:11
Hier
Maître Mayence déçu du verdict
"Il y a évidemment de la déception." Me Jean-Philippe Mayence a réagi mardi à chaud après la reconnaissance de Nicolas Ullens de Schooten coupable de l'assassinat de Myriam Lechien par la cour d'assises du Brabant wallon.
L'avocat a surtout relevé que la préméditation avait été retenue par sept voix contre cinq. "Cela veut dire qu'à une voix près, elle ne l'était pas", a-t-il souligné.
Me Mayence estime par ailleurs que ce résultat pourrait soulever une question de procédure. Selon lui, la cour ne devrait pas avoir à se prononcer en cas de majorité de sept voix contre cinq lorsqu'il s'agit d'une circonstance aggravante, comme la préméditation, et non du fait principal.
"Ça me paraît poser un vrai problème puisque cela signifie que la cour a donné son avis sur quelque chose sur lequel, normalement, elle ne devrait pas avoir à se prononcer", a-t-il déclaré.
La défense entend désormais examiner les conséquences juridiques de cette situation. Me Mayence a évoqué plusieurs pistes, parmi lesquelles le dépôt de conclusions ou une éventuelle demande de récusation. "Il faut réfléchir", a-t-il conclu.
17:52
Hier
Nicolas Ullens reconnu coupable de l’assassinat de Myriam Lechien
Nicolas Ullens de Schooten a été reconnu coupable mardi de l'assassinat de Myriam Lechien par la cour d'assises du Brabant wallon. Les jurés ont estimé que l'accusé avait agi avec préméditation.
Nicolas Ullens reconnaissait avoir tiré à six reprises sur sa belle-mère, le 29 mars 2023 à Ohain. La question de la préméditation constituait l'enjeu central du procès, la défense plaidant le meurtre tandis que le ministère public et les parties civiles soutenaient la qualification d'assassinat.
7 voix contre 5
Avec 7 voix contre 5, cela a contraint la cour à se positionner. Elle a choisi de se rallier à la majorité du jury pour entériner la préméditation. La défense a directement réagi avec stupeur, expliquant que la cour ne peut pas se rallier sur une circonstance aggravante mais uniquement sur le fait principal, à savoir l'homicide.
Dans ses motivations, le jury a estimé que l'accusé "après avoir quitté les lieux avec sa voiture, a stationné son véhicule pour avoir la vue sur la propriété et est resté sur place a minima 8 minutes". À cet endroit, et durant autant de temps, l'accusé n'a fourni "aucune explication consistante". Si ce n'est, selon le jury, qu'il s'est équipé avant de remettre son arme en poche.
Nicolas Ullens "est sorti de la voiture", porteur d'une "arme à feu chargée", "prêt à tirer", avec "une capacité de tir augmentée" et un "chargeur supplémentaire". Pour le jury, il est invraisemblable que son intention était alors d'avoir une discussion avec son père et sa belle-mère.
Dans les motivations, il est encore exposé que le véhicule de la victime a été retrouvé avec la marche arrière enclenchée mais sans qu'il n'ait eu l'occasion d'effectivement reculer. "Cela témoigne de la rapidité d'action de l'accusé".
Il a également été pointé dans les motivations le laps de temps très court entre la sortie du véhicule de la propriété et le départ de Nicolas Ullens vers le commissariat. "Les six tirs par arme à feu ont été faits après 10h43, et avant 10h45. Ce laps de temps extrêmement restreint démontre la détermination dans ses actes", selon le jury. D'autant que dans ce laps de temps, il y a eu les déplacements des véhicules, la discussion, l'opposition physique et les tirs.
Pour le jury de la cour d'assises, l'accusé était dans une disposition stable et inchangée et l'intense colère relevée lors des débats n'a pas suffi à le rendre dans un état instable.
11:26
Hier
"Mon sort est entre vos mains", lance l'accusé aux jurés
Nicolas Ullens de Schooten s'est adressé une dernière fois mardi matin à la cour d'assises du Brabant wallon. "Mon sort est entre vos mains", a-t-il lancé avant que les jurés ne se retirent pour délibérer.
Dans une salle d'audience clairsemée, le dos voûté et visiblement ému, l'accusé s'est levé lorsque le président Pierre Delcour l'a invité à prendre une ultime fois la parole. Vêtu, comme depuis le début du procès, d'un sobre pull bleu marine et d'un pantalon clair, il a d'abord renouvelé ses "regrets" à l'ensemble de la famille de Myriam Lechien, citant sa soeur, ses enfants et ses petits-enfants. "Je voudrais leur dire mon dégoût face à l'acte que j'ai commis", a-t-il poursuivi. Il a également tenu à s'excuser auprès de ses proches pour "tout le mal" causé à sa femme, ses enfants et ses petits-enfants.
L'ancien membre de la Sûreté de l'Etat a aussi eu quelques mots pour "la population belge", qu'il a dit avoir "tant voulu défendre". Il a regretté d'être allé "à l'encontre des principes" qu'il disait vouloir incarner et d'avoir "choqué".
Nicolas Ullens a enfin confirmé les propos de son avocat, Me Jean-Philippe Mayence. Regardant les jurés dans les yeux, il leur a assuré que son conseil avait "dit la vérité". "Mon sort est entre vos mains. Je n'ai rien à ajouter", a-t-il conclu avant de se rasseoir dans le box. "Les débats sont clos", a alors déclaré le président, avant de rappeler les questions soumises au jury.
Les douze jurés devront d'abord déterminer si Nicolas Ullens a volontairement donné la mort à Myriam Lechien, le 29 mars 2023 à Ohain. La défense invite les jurés à répondre "oui". Ils devront ensuite trancher la question au cœur du procès: celle de la préméditation. Si elle est retenue, la qualification d'assassinat s'imposera. Dans le cas contraire, il s'agira d'un meurtre. La défense demande de l'écarter, tandis que les parties civiles plaident pour une réponse positive.
Toutes les parties s'accordent en revanche pour répondre "oui" aux questions relatives au port illégal du Glock et au transport illégal de l'arme.
Le président a ensuite rappelé les règles lors de la délibération. Les jurés voteront à bulletin secret et la décision sera prise à la majorité. Une égalité des voix profite à l'accusé, tout comme les bulletins blancs ou nuls. En cas de majorité de sept voix contre cinq en faveur de la culpabilité, le président et ses deux assesseurs devront à leur tour se prononcer. Les jurés et la cour ont ensuite quitté la salle pour entamer leur délibération. L'audience a été suspendue vers 09h20, dans l'attente du verdict sur la culpabilité.
17:04
5 octobre 2026
"C'est un meurtre, mais pas un assassinat", insiste Me Mayence
Nicolas Ullens a tué Myriam Lechien et doit en répondre, mais il ne l'a pas assassinée. C'est la ligne défendue lundi après-midi par Me Jean-Philippe Mayence devant la cour d'assises du Brabant wallon. L'avocat n'a pas demandé l'acquittement de son client, mais a exhorté les jurés à écarter la préméditation, estimant que les faits relèvent du meurtre et non de l'assassinat.
L'avocat a expliqué que Nicolas Ullens lui avait lui-même interdit de demander une réponse négative à la question du meurtre qui sera posée aux jurés. "J'aurais dû pouvoir ne pas agir. J'ai tué Mme Lechien et je dois pouvoir assumer les conséquences", a-t-il rapporté en substance. Pour Me Mayence, cette position traduit la volonté de l'accusé d'assumer son geste, sans chercher à se retrancher derrière l'hypothèse d'une "démence temporaire". Il a ajouté que cette démarche tenait particulièrement à cœur à son client, qu'il a décrit comme "épris de justice".
"Je ne viens pas devant vous plaider son acquittement", a-t-il résumé en fin de plaidoirie. "Je vous demande simplement de ne pas le reconnaître coupable de ce qu'il n'a pas fait." L'avocat a ainsi invité les jurés à répondre "non" à la question de la préméditation. Selon lui, "ces faits sont constitutifs d'un meurtre, mais pas d'un assassinat".
Toute son argumentation a dès lors porté sur cette circonstance aggravante. Pour Me Mayence, rien ne permet d'établir que Nicolas Ullens avait formé, avant les faits, un projet criminel réfléchi et planifié. Il a rappelé qu'en droit, préméditer suppose de prendre la résolution de commettre une infraction dans un état d'esprit suffisamment stable, de manière réfléchie et planifiée.
"Débordement émotionnel"
Or, selon la défense, Nicolas Ullens se trouvait précisément dans un état de "débordement émotionnel" après sa rencontre avec son père. "Il n'y a ni projet définitif ni planification à froid", a soutenu Me Mayence, estimant que son client n'avait pas retrouvé son calme entre la sortie de la propriété et les tirs.
L'avocat s'est également appuyé sur le déroulement de la matinée du 29 mars 2023. À ses yeux, le comportement de Nicolas Ullens avant les faits ne correspond pas à celui d'un homme qui aurait planifié de tuer sa belle-mère. L'accusé avait passé plusieurs appels, prévu un déjeuner et ignorait même, d'après la défense, si son père et Myriam Lechien seraient présents lorsqu'il s'est rendu sur place. Il avait aussi réservé un séjour à l'étranger qui devait avoir lieu la semaine suivant les faits.
Me Mayence a également insisté sur un élément qu'il juge incompatible avec une décision arrêtée à l'avance: Nicolas Ullens n'a pas tiré sur sa belle-mère lorsqu'il se trouvait encore dans la maison. "Quand on a un projet criminel, on s'exécute quand on a le temps de le faire", a-t-il fait valoir. S'il avait décidé de tuer Myriam Lechien de manière irrévocable, il l'aurait fait d'emblée, a-t-il plaidé.
La défense conteste aussi que la présence de l'arme puisse démontrer une préméditation. Nicolas Ullens a toujours expliqué qu'il portait régulièrement son Glock en raison de dossiers sensibles liés à son ancienne activité. Pour Me Mayence, ni le fait qu'une cartouche ait été chambrée - "ce qui est conforme à toutes les règles de la Sûreté de l'État", selon l'avocat - ni la manière dont l'arme avait été transportée ne suffisent à établir un projet meurtrier.
La question de l'importance de la "moue"
Enfin, l'avocat a replacé le déclenchement des tirs au moment où Myriam Lechien aurait abaissé sa vitre et adressé à l'accusé ce qu'il a décrit comme une "moue". Cet élément est, selon lui, "exclusif de la préméditation", puisqu'il constituerait le déclencheur immédiat d'un passage à l'acte qui n'aurait pas été préparé.
Pour Me Mayence, Nicolas Ullens a donc bien tué Myriam Lechien, mais dans un état de débordement émotionnel incompatible avec une décision mûrie et planifiée. "Ce n'est pas un choix, ça s'est imposé à lui de manière catastrophique", a-t-il plaidé. "C'est un meurtre", mais pas un assassinat.
16:20
5 octobre 2026
"Ce n'est pas une tribune contre l'aristocratie"
"Ce procès n'est pas une tribune contre l'aristocratie, contre la noblesse, ce n'est pas un mode de vie contre un autre", a défendu Me Jean-Philippe Mayence, avocat de Nicolas Ullens, au cours de sa plaidoirie devant la cour d'assises du Brabant wallon. Il a invité les jurés à rejeter les "faux éléments" utilisé pour les faire raisonner dans le sens qui arrange le ministère public et les parties civiles.
"On vous dit que tout est clair et limpide... Alors mon interrogation est grande!", a-t-il lancé, quelques heures après que l'avocate générale a estimé qu'il n'y avait aucun doute sur le caractère prémédité du meurtre de Myriam Lechien en mars 2023 à Ohain (Lasne).
"J'ai tenu pendant 3,5 ans la main de l'accusé. Moi, je vous dis que c'est un homme effondré, miné par sa culpabilité, et assumant la réalité de sa culpabilité. Il s'est livré, il a tout dit, il a regretté et il est encore là aujourd'hui."
L'avocat de Nicolas Ullens a insisté sur le débordement émotionnel lié à la perte du père et à d'autres éléments qui a envahi son client le jour des faits. Un élément que le principal intéressé a évoqué dès sa première audition. "Même si c'était l'argent la raison (du passage à l'acte, NDLR), ce qui était important, c'est que tous les experts conviennent qu'il était en état de débordement émotionnel. On ne parle pas de démence."
Me Jean-Philippe Mayence a par ailleurs invité à ne pas stigmatiser son client car il est issu de l'aristocratie. "Aucun des enfants de Guy Ullens ne s'est marié avec un "petit de". On ne peut pas stigmatiser, c'est du populisme de base. Jetez ces arguments, écartez-les", a-t-il demandé aux jurés. "Ce n'est pas une tribune contre l'aristocratie, contre la noblesse, ce n'est pas un mode de vie contre un autre."
Et l'avocat de rappeler que pas un seul proche de l'accusé n'a dit devant la cour cautionner son acte mais que certains ont indiqué pouvoir le comprendre, au regard des relations passées entre Nicolas et Guy Ullens. "Il y a une sensible différence entre dire 'on peut comprendre' et 'on peut cautionner'", a insisté Me Mayence, alors que son client était en pleurs. "Peut-être que cela l'a plus touché que ses frères et soeur. Sa souffrance était profonde. Peut-être qu'elle était excessive..."
"Je ne vais pas plaider quoi que ce soit contre Mme Lechien, contre leur amour, contre leurs dépenses somptuaires. Ça m'est équilatéral, c'est leur droit", a-t-il encore lancé.
L'avocat a également rejeté l'instrumentalisation supposée du retour de Guy Ullens auprès de son fils Nicolas après le décès de Myriam Lechien. C'est bien le père qui a fait envoyer un courrier à son fils lorsqu'il se trouvait en prison pour demander à organiser une rencontre, a-t-il défendu.
"Si vous avez la moindre hésitation, le moindre doute, vous êtes obligés de donner la réponse la plus favorable à l'accusé"
"Oui, mon client était content de revoir son père, mais ce n'était pas à son initiative", a rappelé Me Mayence. Ils se sont ensuite revus toutes les semaines ou tous les quinze jours et Guy Ullens était particulièrement heureux de revoir son fils, a-t-il relevé.
"On peut tout vous dire, mais ne basez votre raisonnement que sur des faits qui sont acquis", a encouragé l'avocat de l'accusé. Même logique qu'il a ensuite développée pour la théorie du dernier baiser qu'aurait apposé Nicolas Ullens sur le front de son père quelques minutes avant de passer à l'acte. "Cela ne repose sur rien! Il y a zéro déclaration là-dessus. Mais c'est démonstratif...", a déploré Me Mayence.
"Si vous avez la moindre hésitation, le moindre doute, vous êtes obligés de donner la réponse la plus favorable à l'accusé", a-t-il ensuite lancé. A ses yeux, la préméditation du meurtre de Myriam Lechien n'est pas nécessairement établie, comme l'estiment les parties civiles et le ministère public.
13:05
5 octobre 2026
Pas de doute pour l'avocate générale, Nicolas Ullens a bien prémédité son acte
Il n'y a pas le moindre doute dans le chef de l'avocate générale au procès d'assises de Nicolas Ullens, accusé de l'assassinat de sa belle-mère Myriam Lechien en mars 2023. L'acte a bel et bien été prémédité et l'homme avait bien l'intention de tuer la victime. À chaque étape de son projet meurtrier, il aurait pu renoncer, mais il a poursuivi.
Le réquisitoire de Laure Wynants a été rapidement mené, marqué par sa concision. Elle a demandé aux jurés de ne se prononcer que sur les faits, et rien d'autre. Pas sur les questions d'héritage ni sur les liens familiaux difficiles ou distendus. "Derrière le strass et les paillettes, c'est de la mort violente d'une femme dont il est question", leur a-t-elle rappelé.
Et, à ses yeux, les faits sont on ne peut plus clairs. Il y a bien eu meurtre, avec les six balles que Nicolas Ullens a tirées à bout portant en direction de sa belle-mère, dont trois ont atteint des régions vitales de son corps. "Ce n'est pas ainsi qu'on cherche à blesser, c'est ainsi qu'on tue", a asséné l'avocate générale.
Se pose dès lors la question centrale de la préméditation, et donc de l'assassinat plutôt que du meurtre. Là encore, aucune place au doute pour Laure Wynants. Elle a notamment pointé le temps de réflexion qui s'est écoulé entre la décision de tuer et le passage à l'acte. Il y a eu "neuf longues minutes" entre le moment où Nicolas Ullens est sorti de la propriété de son père et celui où la voiture conduite par Myriam Lechien, avec Guy Ullens à son bord, en est sortie à son tour.
"Attendre, c'est déjà choisir"
"Attendre, c'est déjà choisir. De ne pas partir, de rester sur place, de poursuivre ce qui se construit dans son esprit", a énuméré Laure Wynants. L'accusé a attendu le moment qu'il avait lui-même choisi pour passer à l'acte, a-t-elle insisté.
"À chacune des étapes de son projet, il pouvait renoncer et conservait son libre arbitre. À aucune de ces étapes, il n'a renoncé", a-t-elle poursuivi. Rappelant le passé de chasseur de Nicolas Ullens, l'avocate générale a insisté: "L'accusé tire juste, l'accusé tire droit", veillant bien à ne pas toucher son père. Pour elle, sa capacité à distinguer sa cible montre qu'il était parfaitement maître de ses actes et de son comportement. On est donc loin d'un automatisme aveugle ou d'une dissociation cognitive, comme la défense veut le faire croire, a-t-elle estimé.
Pour Laure Wynants, la préméditation ressort de l'ensemble des faits, qu'il s'agisse de l'attente de l'accusé avant de passer à l'acte, de ses tirs, de ses déplacements durant ceux-ci ou encore du fait qu'il n'ait renoncé à aucune étape de son projet.
Quant à la probable colère qui a envahi Nicolas Ullens, elle "n'abolit pas le libre arbitre, n'efface pas la responsabilité. La colère peut expliquer, elle ne justifie jamais."
L'accusé a conservé sa capacité de discernement et est demeuré maître de ses actes. Il ne peut dès lors être question, selon l'avocate générale, d'une dissociation au moment des faits.
"Une seule interrogation doit peser dans votre réflexion: que s'est-il passé le 29 mars 2023? C'est clair. Il attend, neuf longues minutes. Un délai suffisant pour reprendre ses esprits. Rien ne l'a éloigné de son projet. Les occasions de revenir en arrière n'ont pas manqué. À chaque moment décisif, l'accusé a poursuivi dans la même direction."
Les questions qui entourent les faits, notamment celles relatives à l'héritage ou aux relations familiales, auront leur place plus tard dans ce procès, lors du débat sur la peine, si l'accusé devait être reconnu coupable, a encore expliqué l'avocate générale aux jurés, au terme d'un réquisitoire bouclé en 45 minutes.
"La victime n'est pas morte à la suite d'un mouvement d'égarement, mais parce qu'un homme a décidé de la tuer. Au-delà de tout doute raisonnable, Nicolas Ullens est coupable d'avoir tué Myriam Lechien", a conclu Laure Wynants.
12:14
5 octobre 2026
"Une moue ne provoque pas six balles", martèle l'avocate de Geneviève Lechien
"Une moue ne provoque pas six balles", a lancé Me Justine Wayntraub, avocate de Geneviève Lechien, lundi devant la cour d'assises du Brabant wallon. Dans sa plaidoirie, l'avocate s'est attachée à déconstruire l'image d'une Myriam Lechien qui aurait exercé une emprise sur Guy Ullens et serait devenue responsable de tous les maux de l'accusé.
"Il y a quelque chose de presque banal à ne pas aimer sa belle-mère. C'est presque un classique des familles. Mais ici, cette histoire prend une autre dimension", a-t-elle commencé. Selon elle, Myriam Lechien est progressivement devenue celle "à qui l'on attribue toutes les fautes".
Me Wayntraub est longuement revenue sur les 33 années de vie commune de Myriam Lechien et Guy Ullens, décrivant un couple "fusionnel", uni autour de nombreux projets philanthropiques, artistiques et entrepreneuriaux. "Ils aimaient créer, imaginer, entreprendre, faire rêver, ensemble", a-t-elle résumé.
L'avocate a contesté l'idée d'un Guy Ullens devenu une "marionnette" dont son épouse aurait tiré les ficelles. Elle a décrit au contraire un homme d'affaires "charismatique", indépendant, parfois autoritaire, mais libre de ses choix. "Souffrir d'une décision de son père ne signifie pas que cette décision a été prise par quelqu'un d'autre", a-t-elle insisté. Guy Ullens pouvait décider de s'éloigner de ses enfants ou de dépenser son argent comme il l'entendait, même si ces choix pouvaient être douloureux pour eux.
"Le ressenti d'une injustice n'est jamais un droit de tuer"
Au fil des années, a-t-elle poursuivi, l'argent a pris une place de plus en plus importante dans le conflit familial. "Le ressenti d'une injustice n'est jamais un droit de tuer", a-t-elle martelé. Selon elle, Nicolas Ullens continuait à tenir sa belle-mère pour responsable de ses frustrations financières et affectives.
"Une moue ne provoque pas six balles", a alors pointé l'avocate. Elle a rappelé que Nicolas Ullens avait lui-même expliqué que l'expression méprisante qu'il disait avoir vue sur le visage de Myriam Lechien avait déclenché sa colère. Or, a souligné Me Wayntraub, l'accusé était sorti de son véhicule avec une arme chambrée, un holster et un chargeur rempli de munitions lorsqu'il s'est approché de la Golf conduite par Myriam.
"Embuscade"
L'avocate a enfin consacré la dernière partie de sa plaidoirie à la préméditation. Elle a notamment relevé le transport inhabituel de l'arme ce matin-là, le choix du véhicule, puis les neuf minutes durant lesquelles Nicolas Ullens est resté dans sa camionnette après avoir quitté son père. "Il n'hésite pas, il ne part pas, il attend", a-t-elle insisté. Selon elle, Nicolas Ullens attendait la sortie du couple pour "lui tendre une embuscade".
"Ne laissez pas les ressentiments expliquer l'inexplicable, ne laissez pas l'histoire familiale faire oublier les coups de feu", a-t-elle conclu en rappelant que Nicolas Ullens avait percuté la voiture du couple, s'était approché à une trentaine de centimètres de la vitre et avait tiré à six reprises sur Myriam Lechien.
12:04
5 octobre 2026
"La haine, la frustration et la rancoeur l'ont poussé à agir"
Les avocats de la soeur de Myriam Lechien ont plaidé ce lundi devant la cour d'assises du Brabant wallon. Me Marko Obradovic, avocat de Geneviève Lechien, a appelé les jurés à ne "jamais perdre de vue les faits tels qu'ils sont dans leur sauvagerie", estimant que le récit de Nicolas Ullens tend au contraire à les en éloigner et à déplacer les responsabilités.
"Il justifie, il déplace les responsabilités", a-t-il lancé, avant de ramener les jurés à la scène de crime, évoquant les "fragments de crâne dispersés dans l'habitacle", les débris de cerveau, les morceaux de chair et les traces de sang laissés par les six balles tirées sur Myriam Lechien. "Une femme, une mère, une épouse, une soeur, une amie. Six fois, la volonté de la tuer."
Des excuses "vides"
Pour l'avocat, les excuses de Nicolas Ullens sont "vides" et ne traduisent aucune véritable remise en question. Il s'est aussi attaqué à sa "soif de justice". "Il aurait tué parce qu'il avait trop soif de justice. Mais de quelle justice parle-t-il? Il a tué une femme de 70 ans. Cela s'appelle de la lâcheté."
Me Obradovic a également contesté l'idée selon laquelle Myriam Lechien aurait exercé une emprise sur l'accusé. "Qui peut croire que Guy Ullens était une marionnette manipulée par un ventriloque?", a-t-il demandé, estimant que toute sa vie démontrait au contraire qu'il prenait lui-même ses décisions, notamment financières.
Selon lui, une partie de la famille Ullens n'a jamais accepté la liberté de Guy Ullens. "Si leur père dépense son argent, si leur père refuse de leur en donner, c'est forcément la belle-mère qui est derrière. La seule hypothèse qu'ils n'envisagent pas, c'est que leur propre père faisait ses propres choix."
"Quand on remonte les fils de ce dossier, on retombe toujours sur l'argent"
L'avocat a ensuite insisté sur la place de l'argent dans les premières déclarations de Nicolas Ullens. "Au début du dossier, il parle énormément d'argent. Les considérations affectives sont alors extrêmement secondaires." Selon lui, le récit aurait ensuite évolué pour mettre davantage en avant la souffrance d'un fils et contester la préméditation. "Quand on remonte les fils de ce dossier, on retombe toujours sur l'argent."
Enfin, Me Obradovic a rejeté l'hypothèse d'une dissociation au moment des faits. Il a rappelé que Nicolas Ullens s'était placé de manière à ne pas atteindre son père, qu'il y avait eu deux séquences de tirs et qu'il s'était repositionné. "Ce ne sont pas les gestes de quelqu'un qui a perdu tout contact avec la réalité."
"La haine, la frustration et la rancoeur l'ont poussé à agir", a conclu l'avocat. "Pour la mémoire de Myriam Lechien, il faut rendre à Nicolas Ullens ce qui lui appartient: la responsabilité entière de son acte crapuleux."
20:20
2 octobre 2026
"Le vrai mobile, c'est l'argent", selon l'un des avocats des parties civiles
"Le vrai mobile, celui qu'il n'avouera jamais, celui qui l'a poussé à tant détester son atroce belle-mère, pas parce qu'elle aurait brisé sa famille ou volé son père, c'est l'argent", a insisté Me Gilles Vanderbeck, dans la poursuite des plaidoires des parties civiles devant la cour d'assises du Brabant wallon vendredi dans le cadre du procès de Nicolas Ullens de Schooten.
Pour l'avocat des enfants de la victime, Nicolas Ullens est allé sur place ce jour-là, le 29 mars 2023, pour demander de l'argent à son père. "Marie-Sophie (la femme de l'accusé) a appelé le 100 et dans cet appel, j'ai été frappé par sa voix en l'entendant: je n'ai pas eu l'impression d'entendre quelqu'un en panique mais plutôt quelqu'un de posé", a-t-il ajouté, soulignant que dans ses explications à l'agent de police, l'épouse avait identifié la belle-mère comme étant celle qui a pillé l'héritage des enfants. "Cela permet d'en comprendre le mobile: l'argent, l'héritage", a résumé l'avocat.
Il est revenu sur l'inquiétude des enfants en lien avec cet héritage. "Entre 1990 et 2000, chaque enfant a reçu une maison. Les quatre enfants ont reçu en plus de 1999 à 2015, 32 millions d'euros, dont 7,5 millions d'euros pour le seul Nicolas. Pour n'importe quel citoyen lambda, cela devrait suffire pour vivre jusqu'à la fin de ses jours. Mais pour eux (les enfants), ce n'est pas assez, ils en veulent plus."
Me Vanderbeck a insisté sur les conséquences de l'acte posé par Nicolas Ullens sur l'héritage. "En tuant Myriam, Nicolas va inverser la logique naturelle des choses: Guy Ullens va hériter des 50% du patrimoine de Mimi puis, par effet ricochet, ce patrimoine reviendra aux enfants de Guy Ullens." L'avocat a détaillé en soulignant que l'actif de Myriam Lechien était de 24 millions d'euros, essentiellement de l'art. "Mais c'est de l'actif brut auquel il faut retirer les dettes et emprunts. Il restait alors 19 millions d'euros. En tenant compte des donations, Guy Ullens va hériter de 13,7 millions d'euros, qui reviendront en définitive à la fratrie, tandis que les enfants de Myriam recevront 4,3 millions d'euros."
Selon le conseil des enfants de la victime, la fratrie s'est organisée à la suite du décès de Myriam Lechien. "Ils sont revenus à la maison. L'objectif est pervers, sournois et double. Le premier objectif: on va feindre la comédie du bonheur familial retrouvé. On culpabilise le père, un homme de 88 ans, perdu, abattu, seul, déboussolé, qui vient de perdre son âme sœur. Le deuxième objectif est d'éviter la fuite du patrimoine. (...) Les enfants se doutent que Guy Ullens a fait un testament mais n'en connaissent pas le contenu."
Lundi, le procès se poursuivra avec les plaidoiries des parties civiles représentant la sœur de la victime, avant le réquisitoire de l'avocate générale et du plaidoyer de la défense.
13:54
2 octobre 2026
Un avocat des parties civiles déroule la mécanique de la préméditation
Nicolas Ullens de Schooten a-t-il agi dans un accès de colère ou avait-il déjà décidé de tuer Myriam Lechien avant qu'elle ne quitte la propriété? Pour Me Laurent Kennes, avocat des enfants de Myriam Lechien, constitués parties civiles, la succession des gestes posés ce matin-là ne laisse guère de place au doute: le meurtre était prémédité. Dans sa plaidoirie vendredi devant la cour d'assises du Brabant wallon, l'avocat s'est surtout concentré sur la courte séquence comprise entre le départ de Nicolas Ullens de la maison de son père et les six coups de feu.
Après le refus de Guy Ullens de faire un geste financier en faveur de ses petits-enfants, l'accusé quitte la villa, remonte dans sa camionnette et s'arrête non loin de la sortie. Il reste plusieurs minutes seul, récupère son arme, son holster et son chargeur, puis fait demi-tour pour positionner son véhicule face au portail.
Pour Me Kennes, cette succession de décisions est précisément ce qui permet de parler de préméditation. "C'est un choix, il a réfléchi", a-t-il martelé. L'accusé aurait eu, selon lui, le temps de renoncer avant même que la voiture du couple n'apparaisse.
Lorsque la Golf de Myriam Lechien franchit finalement le portail, Nicolas Ullens fonce sur elle avec sa camionnette pour lui barrer la route. Il passe ensuite à côté de son père, fait le tour du véhicule et tire quatre fois sur sa belle-mère, puis encore deux fois. Pour l'avocat, le fait qu'il épargne Guy Ullens montre également qu'il conservait sa capacité de raisonner et de décider.
La rapidité de la scène ne plaide pas, à ses yeux, en faveur d'un geste irréfléchi. Au contraire. À peine deux ou trois minutes séparent le départ de la Golf de celui de Nicolas Ullens vers le commissariat. Me Kennes y voit la marque d'une détermination déjà installée avant l'arrivée du couple.
La préméditation n'exige d'ailleurs pas, a-t-il plaidé, des heures ou des jours de préparation. Ce qui compte est qu'un délai suffisant se soit écoulé entre la décision et son exécution pour permettre à l'auteur d'y renoncer. Or, selon lui, Nicolas Ullens s'est retrouvé seul, armé, face à la sortie de la propriété, avec la possibilité de repartir. "Il a prémédité son meurtre", a conclu Me Kennes, rejetant ainsi la thèse d'un acte entièrement dicté par une perte soudaine de contrôle.
11:41
2 octobre 2026
Nicolas Ullens: "Ma conscience continuera à me travailler jusqu'à la fin de mes jours"
Dans la foulée des derniers témoins de moralité entendus vendredi matin, Nicolas Ullens de Schooten s'est levé dans le box pour prendre brièvement la parole. Visiblement ému mais posé, l'accusé a tenu à réitérer ses regrets avant les plaidoiries.
"Je voudrais réitérer mes regrets par rapport à l'acte que j'ai commis, qui n'est pas en lien avec le reste de ma vie", a-t-il déclaré. "Je suis conscient que j'ai mis un terme à une vie humaine. J'ai une conscience qui m'a travaillé et qui continuera à me travailler jusqu'à la fin de mes jours."
Nicolas Ullens a ensuite adressé ses excuses aux proches de Myriam Lechien. "Je souhaite m'excuser auprès de ses enfants, de sa sœur et de ses petits-enfants", a-t-il poursuivi, avant de se tourner vers les siens. "Je souhaite aussi m'excuser auprès de ma propre famille, à qui j'ai fait énormément de mal."
L'ancien agent de la Sûreté de l'État a enfin élargi ses excuses à la société belge. "Cela peut paraître plus abstrait, mais je voudrais aussi m'excuser vis-à-vis de la communauté, de la société belge que j'ai cherché à défendre pendant de nombreuses années et que j'ai finalement heurtée aussi." L'audience a ensuite été suspendue pour une trentaine de minutes.
Les derniers témoins de moralité avaient été entendus dans la matinée devant la cour d'assises du Brabant wallon. Nicolas Ullens de Schooten, 61 ans, est accusé d'avoir tué sa belle-mère, Myriam Lechien, de six coups de feu le 29 mars 2023 devant la villa qu'elle occupait avec son époux à Ohain (Lasne).
Le procès entre désormais dans sa dernière ligne droite, avec les plaidoiries des parties civiles et le réquisitoire du ministère public cet après-midi.
11:41
2 octobre 2026
"Le diner à Saint-Pétersbourg, c'était Louis XIV qui recevait"
Paul-Emmanuel de Becker Remy, 72 ans et ami de Nicolas Ullens, a été entendu comme témoin de moralité devant la cour d'assises du Brabant wallon vendredi. Pour le témoin, qui a bien connu l'accusé au cours des dernières années, il a assisté à "beaucoup de choses luxueuses" lors d'un séjour à Saint-Pétersbourg pour le 70e anniversaire de Guy Ullens. "Je n'avais jamais vu quelque chose de similaire. C'était Louis XIV qui recevait."
"C'était une débauche d'argent qui m'était étrangère et même choquante. Surtout en sachant que Nicolas et Marie-Sophie (son épouse, ndlr.) vivaient modestement. Et quand ils demandaient de l'aide pour les études des enfants, ils étaient rabroués", a encore expliqué M. de Becker Remy.
Ce dernier est aussi revenu sur un moment particulièrement gênant lors du repas. A table, face à Nicolas Ullens, "les enfants de Mimi ont fait un discours en disant que Guy était mieux que leur père, et j'ai vu Nicolas et Marie-Sophie se liquéfier, pas par jalousie, mais plutôt par le fait de savoir pourquoi eux ne bénéficiaient pas de cet amour. J'ai vu qu'il allait mal alors j'ai fait une diversion pour que la table retrouve une certaine sérénité. Pour la première fois de ma vie, j'ai pris mon verre, je l'ai mangé."
Proche de Nicolas Ullens, cet ami, forestier et administrateur de société, a expliqué devant la cour que Nicolas Ullens "souffrait terriblement de l'abandon et de la non-considération de son père. Que leur relation à la suite de l'arrivée de Mimi (Myriam Lechien, sa belle-mère, ndlr.) était réduite à des questions d'argent."
Claudine Fraiture, une autre amie de l'accusé, a également été entendue. Elle est notamment revenue sur l'expérience de Nicolas Ullens au sein de la Sûreté de l'Etat. "Il prenait beaucoup de risques dans la mesure où il s'attaquait à des sujets très touchy. Ces sujets l'ont fait considérer parfois comme un faiseur de troubles auprès de sa hiérarchie. Au début, c'était quelqu'un de gai, de sympathique, amusant, puis petit à petit j'ai vu une détérioration de son état. Un beau jour, j'ai vu qu'il tremblait. C'était professionnel", a-t-elle expliqué, ajoutant qu'il lui avait confié que "dans certaines de mes enquêtes, je suis considéré comme un complotiste, on commence à m'en vouloir".
Par la suite, Nicolas Ullens avait été convoqué par sa hiérarchie."comme il s'attaquait à une série de personnes haut placées". "Il a été menacé de mort, et d'atteinte à la vie de sa famille et à ce moment-là, il a commencé à péter les plombs", a encore ajouté Mme Fraiture.
15:24
1 octobre 2026
Nicolas Ullens était "hors de son corps" au moment de passer à l'acte
Nicolas Ullens ne présente pas, selon le psychiatre qui le suit, de maladie psychiatrique ni de fonctionnement habituellement impulsif. Au moment des tirs sur Myriam Lechien, il aurait en revanche été submergé par ses émotions au point de perdre temporairement le contrôle de la situation.
C'est l'analyse livrée jeudi devant la cour d'assises du Brabant wallon par le professeur Philippe de Timary, chef du service de psychiatrie des Cliniques universitaires Saint-Luc.
Le médecin a précisé qu'il intervenait comme psychiatre traitant, et non comme expert judiciaire. Il suit Nicolas Ullens depuis sa sortie de prison sous bracelet électronique et l'a reçu à une quarantaine de reprises, parfois avec son épouse.
"Il y a quelque chose qui a explosé"
Pour tenter de comprendre le passage à l'acte, il a notamment exploré l'impulsivité et la dissociation. Nicolas Ullens lui a décrit la sensation d'être "hors de son corps", comme s'il flottait au-dessus de la scène.
"Il y a quelque chose qui a explosé. Les émotions ont pris le contrôle de la conscience", a expliqué Philippe de Timary, parlant d'une "éclipse de la personnalité". Il a également employé l'expression d'"état de démence temporaire" pour qualifier cet état.
Le psychiatre relie notamment ce basculement à une forte sensibilité à l'injustice. Nicolas Ullens lui a parlé de l'éloignement de son père, d'un sentiment d'abandon et d'humiliations accumulées au fil des années. Le matin des faits, le refus d'un geste en faveur de ses enfants aurait ravivé ce sentiment de rejet.
Cette sensibilité se serait également manifestée dans sa vie professionnelle. Nicolas Ullens a évoqué son passage à la Sûreté de l'État et un dossier lié à Didier Reynders, estimant avoir voulu dénoncer ce qu'il considérait comme des malversations avant de se sentir calomnié, menacé puis contraint de quitter l'institution.
En consultation, l'accusé avait aussi évoqué un autre épisode violent, remontant à ses études de droit, lorsqu'il avait giflé un professeur après s'être senti injustement traité. Pour Philippe de Timary, cet épisode ne suffit pas à dessiner un fonctionnement impulsif permanent: près de quarante ans séparent les deux passages à l'acte.
16:01
30 septembre 2026
"Guy ne vivait que pour Myriam", selon l'ex-bourgmestre d'Ixelles
"Guy ne vivait que pour Myriam." Ami des deux époux, l'ancien bourgmestre d'Ixelles Yves de Jonghe d'Ardoye d'Erp (ex-MR), désormais adjoint à la maire de Vézac (Dordogne), a livré mercredi, devant la cour d'assises du Brabant wallon, le souvenir d'un couple profondément amoureux, mais au sein duquel l'influence de Myriam Lechien lui était apparue, au fil des années, de plus en plus forte.
Le septuagénaire connaissait "Mimi" depuis une quarantaine d'années. Il se souvient d'une femme éblouissante et courageuse qui, avant de rencontrer Guy Ullens, "tirait le diable par la queue" pour subvenir aux besoins de ses enfants. Douée pour la pâtisserie, elle confectionnait des gâteaux chez elle avant d'ouvrir sa propre pâtisserie à Ixelles.
Guy Ullens, qu'il avait connu "dans ses belles années", lui apparaissait comme un homme chaleureux, cultivé, drôle et généreux, doté d'un charme extraordinaire. Entre les deux, dit-il, l'amour avait été immédiat. Ils étaient profondément épris l'un de l'autre et une grande fluidité régnait entre eux.
Avec le temps, Yves de Jonghe dit toutefois s'être interrogé sur la place prise par Myriam dans la vie du baron. À ses yeux, Guy avait fini par vivre presque entièrement à travers elle. Lors d'un séjour de pêche au tarpon dans les Caraïbes, il raconte avoir constaté qu'il devenait presque impossible de parler avec son ami d'autre chose que de son épouse. "Il fallait parler d'elle tout le temps."
Un épisode à la station de ski grançaise de Megève l'avait également marqué. Entrés dans une boutique qui vendait quelques pièces de Maison Ullens, la marque de prêt-à-porter qu'avait fondée Mme Lechien, les deux hommes avaient appris que les vêtements trouvaient difficilement preneur. En sortant, Guy Ullens lui aurait pris le bras pour lui demander de ne surtout rien dire à Myriam. Il voulait à tout prix que le projet fonctionne et comptait continuer à le soutenir.
Une autre scène, quelques années plus tard, lui avait laissé la même impression. Alors qu'il croisait Guy Ullens devant un magasin à Bruxelles, il lui avait proposé d'aller boire un verre pendant que Myriam faisait ses courses. Le baron lui aurait répondu qu'il devait d'abord appeler son épouse pour lui demander son autorisation. Yves de Jonghe dit en être resté sidéré, jugeant que la situation devenait excessive.
Le témoin a toutefois tenu à nuancer cette impression. Il assure n'avoir jamais vu Myriam Lechien imposer quoi que ce soit à son mari. Selon lui, elle exerçait une ascendance certaine sur Guy Ullens, mais celui-ci l'acceptait pleinement. Elle avait, dit-il, une autorité naturelle sur lui et était devenue, "l'âge aidant", la force motrice du couple.
Yves de Jonghe a également raconté avoir été le confident de Brigitte Ullens, l'une des filles de Guy. Celle-ci lui aurait fait part de sa tristesse face à l'éloignement de son père, sans jamais lui parler d'argent. Lorsqu'il tentait d'aborder le sujet avec Guy Ullens, il dit s'être heurté chaque fois "à un mur, à une falaise". Le baron lui répondait alors qu'il avait désormais "une nouvelle vie".
Après la mort de Myriam Lechien, Yves de Jonghe avait retrouvé un Guy Ullens confus et anéanti, mais aussi heureux de renouer avec les siens. Le baron lui aurait confié n'avoir plus qu'un souhait: se rabibocher avec ses enfants et surtout ses petits-enfants, qui lui apportaient beaucoup de bonheur.
Le témoin a finalement résumé d'une formule le lien qui unissait le couple: "On dit que l'amour rend aveugle mais que le mariage rend la vue. À lui, le mariage n'a pas rendu la vue."
Nicolas Ullens de Schooten, 61 ans, est accusé d'avoir tué sa belle-mère, Myriam Lechien, de six coups de feu en mars 2023 à Ohain.
14:14
30 septembre 2026
Les proches esquissent le portrait de Myriam Lechien
Au fil des témoignages entendus mercredi devant la cour d'assises du Brabant wallon, les contours de Myriam Lechien se sont dessinés par touches successives. Beaucoup ont raconté une femme joyeuse, entreprenante et très entourée, tandis que quelques voix en ont livré une image plus sévère.
Parmi tous ces récits, celui d'une mère et de sa fille, proches de la famille pendant près de quarante ans, a particulièrement retenu l'attention. Danielle Daffe s'était occupée des enfants et du ménage de Myriam Lechien à une époque où celle-ci, dit-elle, était encore "Madame tout le monde". Très vite, le lien professionnel s'était transformé en amitié. "J'ai eu le coup de foudre pour elle et ses enfants", a raconté la septuagénaire. "C'était une femme formidable qui aimait la vie, rigoler, manger. Elle était cool, je l'adorais."
Elle se souvient aussi de la rencontre avec Guy Ullens comme d'un bouleversement heureux. "Elle a eu le coup de foudre pour Guy. Ils se donnaient tout le temps la main. Le grand amour comme dans un film de Walt Disney." Guy Ullens lui aurait un jour confié: "Oh Dany, je suis amoureux comme un gamin de 16 ans."
Danielle Daffe assure n'avoir jamais connu de véritable dispute avec Myriam Lechien en 39 ans. Lorsque son propre mari est décédé, son amie avait annulé ses rendez-vous pendant une semaine pour lui apporter à manger chaque jour. Elle réfute aussi l'idée selon laquelle celle-ci aurait voulu couper Guy Ullens de ses enfants. "Jamais Myriam n'aurait interdit à Guy de voir ses enfants", a-t-elle affirmé. Selon elle, la victime s'effaçait même parfois pour laisser son mari profiter de sa famille et éviter les tensions. Elle reconnaît toutefois que cette dernière se sentait mal à l'aise avec certains des enfants Ullens et qu'elle avait peur de Nicolas et de Brigitte.
Sa fille Virginie Verbist, qui appelait Myriam "tante Mimi", a prolongé ce portrait intime. Elle avait six mois lorsque sa mère l'avait rencontrée. Elle se souvient d'une femme attentive aux détails, qui organisait de grandes fêtes de Saint-Nicolas et de Noël et choisissait elle-même les cadeaux pour les enfants de Guy. Lorsque Virginie ou son fils avaient des problèmes de santé, Myriam mobilisait immédiatement ses contacts médicaux. "Elle a toujours été là pour moi et pour mon fils", a-t-elle raconté.
Pour elle, la cuisine était presque un langage affectif. Myriam avait "un charisme naturel et une simplicité", aimait rire et cuisiner, "sa façon de montrer aux autres qu'elle les aimait". Virginie dit avoir été profondément blessée par certains portraits dressés au procès. "On la présente comme la fautive. Ça m'a profondément blessée."
16:48
29 septembre 2026
"Une histoire de désamour et d'injustice émotionnelle", selon l'épouse de l'accusé
"Ce drame est une histoire de désamour, d'injustice émotionnelle et de choses qu'on n'a pas pu se dire." L'épouse de Nicolas Ullens de Schooten a retracé, devant la cour d'assises du Brabant wallon, les années de rupture et de rejet qui, selon elle, ont profondément marqué son mari.
Marie-Sophie de Halleux, 60 ans, les cheveux auburn ramenés en queue de cheval, est d'abord revenue sur le choc du 29 mars 2023. Après avoir compris qu'un événement grave venait de se produire chez son beau-père, elle avait appelé les secours, craignant que son mari ait "fait une bêtise" et tué Myriam Lechien. Elle dit avoir ensuite connu un "black-out" de plusieurs jours. "Je me suis effondrée sur le trottoir en face du bureau. Je ne comprenais pas ce qui se passait."
Rien, assure-t-elle, ne lui avait laissé présager un tel passage à l'acte. Ce matin-là, Nicolas Ullens lui avait parlé de courses, d'une livraison d'écorces de bois et d'un rendez-vous prévu à midi avec un ami.
L'épouse de l'accusé est ensuite remontée aux premières années de leur relation. Elle avait rencontré Nicolas Ullens à Lourdes en 1984. À l'époque, dit-elle, Guy Ullens, qu'elle appelait "Pope", comme plusieurs membres de la famille, était extrêmement proche de son fils. Père et fils se promenaient ensemble avec le chien, allaient au cinéma et venaient parfois la chercher à la gare. "Ils riaient ensemble. Ils étaient très proches."
Puis, selon elle, "tout a volé en éclats". Elle situe la rupture au moment où Myriam Lechien est entrée dans la vie de Guy Ullens. Les rencontres seraient devenues plus rares et imprévisibles. "On passait une bonne soirée, on pensait qu'on se retrouvait et, le lendemain, c'était froid et cinglant." Peu à peu, dit-elle, elle et son mari ont eu le sentiment de ne plus faire partie du même monde.
"On avait l'impression d'être des figurants"
Marie-Sophie de Halleux a cité plusieurs épisodes vécus comme humiliants ou révélateurs de cette distance: des voyages où les enfants de Myriam bénéficiaient, selon elle, d'un traitement plus favorable, un séjour en Chine où une partie de la famille circulait en limousine tandis qu'eux se déplaçaient dans un bus scolaire, ou encore des fêtes de Noël où elle déposait ses quatre enfants devant la porte avant de revenir les chercher plus tard. "On avait l'impression d'être des figurants."
Elle est aussi revenue sur le refus de Guy Ullens de devenir le parrain de Félix, son deuxième enfant, ainsi que sur une altercation au chalet familial de Verbier. Autant d'épisodes qui auraient nourri chez Nicolas Ullens un profond sentiment de rejet. "Il aurait suffi d'un mot: 'Je t'aime, mon fils'", a-t-elle résumé.
Son mari, a-t-elle insisté, avait cherché de l'aide et consulté plusieurs thérapeutes. "C'est un homme blessé." Elle a toutefois aussi insisté sur les ravages provoqués par son geste. "Mon mari est un homme brisé par ce qu'il a fait. Il regrette tous les jours." Elle dit penser aux enfants et petits-enfants de Myriam Lechien, mais aussi à sa propre famille. "Dans leur vie, ça a été un tsunami. Dans la nôtre, tout est cassé aussi. Même si on tient encore debout."
15:05
29 septembre 2026
Derrière la fortune Ullens, des millions mais aussi des tensions
La fortune de Guy Ullens était loin des trois milliards d'euros parfois associés à son nom dans la presse, selon son ancienne gestionnaire patrimoniale. Entendue mardi devant la cour d'assises du Brabant wallon, Chloé Cloetens a décrit un patrimoine certes considérable, mais largement investi dans l'art, l'immobilier et différents projets, au prix parfois de fortes tensions de trésorerie.
Au service du couple depuis 2008, pendant une quinzaine d'années, elle avait progressivement pris en charge le suivi de leurs finances en tant que responsable du "family office". Elle dressait régulièrement l'état des dépenses, des rentrées et des liquidités disponibles, mais Guy Ullens et Myriam Lechien restaient, a-t-elle insisté, seuls maîtres des décisions.
Lorsqu'elle est arrivée, le couple dépensait entre 15 et 20 millions d'euros par an. "On ne peut pas tenir à ce rythme", avait-elle prévenu. Il avait alors fallu réduire la voilure: vendre le bateau, arrêter le musée et revoir plusieurs investissements. "On a fait un immense nettoyage", a-t-elle résumé.
Guy Ullens avait pourtant peu de goût pour l'argent dormant sur un compte. Il préférait l'investir dans des projets "concrets" et "grandioses", notamment dans l'art. Chloé Cloetens raconte ainsi avoir dû se battre pour constituer un "coussin de sécurité". Derrière une fortune importante sur le papier se cachaient donc parfois de sérieux problèmes de liquidités.
À sa mort, le patrimoine du baron représentait encore autour de 100 millions d'euros, selon la témoin. Un chiffre toutefois difficile à figer, une large part de cette fortune étant constituée d'œuvres d'art. "L'art, c'est un pari", a-t-elle résumé.
Les questions d'argent avaient aussi creusé le fossé entre Guy Ullens et ses quatre enfants. En 2018, ceux-ci avaient engagé une procédure judiciaire qui avait conduit au blocage des comptes de leur père. Ils invoquaient notamment un projet de pacte successoral (qui n'avait jamais été signé). Une transaction de 25 millions par enfant avait ensuite été évoquée (par les enfants) pour tenter de mettre un terme au différend. La saisie avait finalement été levée en mars 2019, leur demande ayant été jugée injustifiée, selon Chloé Cloetens.
Les tensions avaient notamment rebondi lorsqu'Artal, groupe d'investissement lié à la famille Ullens, avait vendu un important paquet d'actions de Weight Watchers, faisant rentrer de nouvelles liquidités. Guy Ullens, qui n'y exerçait plus de rôle actif, bénéficiait encore d'un contrat d'intéressement, sans avoir la main sur la vente des actions.
Le blocage de ses comptes l'avait profondément ébranlé. Une banque avait dû consentir une avance, notamment pour permettre le paiement des salaires. "On a cru qu'il allait en mourir", a raconté Chloé Cloetens. Le baron avait vécu cette procédure comme une "trahison" de ses enfants.
Myriam Lechien disposait, elle aussi, de son propre patrimoine. En l'absence de testament, la moitié devait revenir à Guy Ullens et l'autre moitié à ses deux enfants. Au total, le baron a reçu environ 15 millions d'euros, selon les chiffres évoqués à l'audience.
"Il voyait dans Maison Ullens le salut de son épouse"
Une part importante des fonds avait par ailleurs été engloutie dans Maison Ullens, la marque de vêtements développée par Myriam Lechien. Malgré les difficultés de l'entreprise, Guy Ullens avait longtemps voulu la maintenir à flot. "Il voyait dans Maison Ullens le salut de son épouse", a expliqué la témoin: une activité qui devait permettre à Myriam de disposer de revenus propres et d'une certaine autonomie financière après sa mort.
Au-delà des chiffres, Chloé Cloetens a aussi dressé le portrait d'un couple très uni. Myriam Lechien était, selon elle, une femme joviale et attentive, qui supportait difficilement de voir quelqu'un aller mal. "C'étaient deux handicapés des sentiments qui se sont trouvés", a-t-elle raconté. "C'était le bon couvercle sur la bonne casserole."
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