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Tuesday, September 22, 2026

De retour au Parlement, Carney est talonné sur sa stratégie face aux États-Unis

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Les joutes partisanes ont rapidement repris lundi, jour de rentrée parlementaire à Ottawa. Lors de la première période des questions de la session, le gouvernement de Mark Carney a été vivement pris à partie sur sa gestion du dossier tarifaire, au terme d’un été marqué par l’échec des négociations commerciales avec les États-Unis.

« Je crois que le premier ministre a échoué dans sa stratégie en vue d’amadouer le président américain », a lancé le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, dans l’enceinte de la Chambre des communes. Devant « l’échec de la démarche », il a même invité le premier ministre à rétablir la taxe sur les services numériques abrogée par son gouvernement l’an dernier.

« Ce sont les Américains qui ont échoué », lui a rétorqué M. Carney, écartant du même coup l’idée de rétablir quelconque taxe imposée aux géants américains. Irritant bien connu pour le président Trump, la taxe sur les services numériques avait été abolie par Ottawa l’an dernier dans l’espoir de relancer les négociations commerciales avec Washington.

Les partis d’opposition ont tour à tour demandé au gouvernement de dévoiler les répercussions économiques des droits de douane de rétorsion visant les produits américains. Les conservateurs ont notamment reproché aux libéraux d’avoir adopté ces contre-tarifs malgré leur éventuel effet à la hausse sur le coût de la vie.

Le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, s’est défendu en affirmant avoir négocié « de bonne foi » avec ses homologues américains tout au long de l’été. « Le Canada a fait ce à quoi les Canadiens s’attendaient de notre part : défendre notre souveraineté, nos industries et nos travailleurs », a-t-il soutenu.

Tout indique que le dossier continuera d’alimenter les débats au Parlement même si les négociations commerciales avec Washington sont au point mort. Lundi, Donald Trump annonçait sur son réseau Truth Social qu’il préparait un accord « massif » pour l’achat de potasse avec la Biélorussie afin d’éviter d’acheter ce minerai essentiel pour les engrais auprès du Canada.

Des oppositions en recherche de pouvoir

Le gouvernement libéral fédéral a aussi profité de la rentrée pour déposer un nouveau projet de loi. Intitulé « Bâtir un Canada fort », celui-ci prévoit notamment des modifications aux procédures d’autorisation de certains projets fédéraux afin d’en accélérer l’approbation, ainsi que des changements au Code canadien du travail.

Le projet de loi a aussitôt été dénoncé par le Bloc québécois, qui y voit une « menace significative » pour les droits des travailleurs.

Les partis d’opposition disposent toutefois d’une marge de manœuvre limitée pour bloquer les mesures législatives du gouvernement, les libéraux étant majoritaires à la Chambre des communes.

Les conservateurs ont aussi profité de la rentrée pour revendiquer une part du mérite de certaines mesures adoptées par le gouvernement. Lors de la période des questions, le député conservateur québécois Luc Berthold a notamment soutenu que la suspension de la taxe d’accise fédérale sur l’essence, annoncée par le gouvernement au printemps, était à l’origine une proposition conservatrice.

Au même moment, Mark Carney pouvait être aperçu depuis la tribune réservée aux médias riant aux éclats et badinant avec le chef de l’opposition, Pierre Poilievre, assis face à lui de l’autre côté de la Chambre.

Une rentrée en coup de vent pour Carney

La rentrée parlementaire aura d’ailleurs été de courte durée pour Mark Carney. Le premier ministre a pris l’avion en fin d’après-midi en direction de New York, où il séjournera trois jours pour participer à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Depuis son arrivée au pouvoir, Mark Carney s’est souvent attiré les critiques des partis d’opposition, qui lui reprochent de passer davantage de temps à l’étranger que dans l’enceinte parlementaire. Une analyse de Global News publiée au printemps révélait que le premier ministre n’avait assisté qu’à 29 % des périodes de questions depuis son entrée en fonction.

« Compte tenu de la fréquence de ses présences [à la Chambre], je vais considérer [sa réponse] comme une grande marque de respect pour les électeurs et les citoyens », lui a lancé lundi le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, lors de leurs échanges aux Communes. La remarque lui a valu des huées sur les banquettes libérales et un regard désapprobateur du premier ministre.

Mark Carney soutient pour sa part que ses déplacements à l’étranger sont notamment nécessaires pour accélérer la diversification des relations commerciales du Canada avec le reste du monde.

On ignore si le premier ministre Carney et le président américain se rencontreront en marge de l’événement à New York.

Trois nouveaux députés

La rentrée parlementaire marquait aussi l’arrivée de trois nouveaux députés libéraux, élus il y a quelques semaines lors d’élections partielles. Parmi eux, Daniel Gobeil, qui a ravi la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord aux conservateurs. Mark Carney a accompagné ses trois nouvelles recrues lors de leur assermentation aux Communes en matinée.

Six sièges sont toujours vacants et feront l’objet d’élections partielles dans les prochains mois, dont trois au Québec. Deux de ces batailles auront lieu à Montréal, dans Laurier–Sainte-Marie et Rosemont–La Petite-Patrie, respectivement représentées jusqu’à récemment par l’ancien ministre Steven Guilbeault et l’ex-député néodémocrate Alexandre Boulerice.

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