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Friday, August 21, 2026

Cartes : habitez-vous près d’une zone à risque d’incendies en Wallonie ?

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Les incendies dans les Hautes-Fagnes auraient-ils pu être évités ? "Il y a cinq ans, on savait que ça allait arriver chez nous et on n’a pas été prêts." Xavier Fettweis, climatologue a l’ULiège n’a de cesse de le répéter sur tous les plateaux. "En 2021, après les inondations, j’ai été invité au Parlement wallon pour discuter des fréquences de retour des inondations. Et j’ai dit que le problème majeur serait les incendies, les sécheresses et pas les inondations."

Une cartographie des zones à risque d’incendie a été publiée l’année dernière par des chercheurs de l’Université de Liège. L’endroit où l’incendie a eu lieu en ce mois d’août se situe exactement sur une des zones les plus critiques indiquées par les scientifiques de LEMA (Local Environment Management and Analysis) de l’ULiège. Elle se base sur la cartographie de probabilité d’incendie en Belgique (UGent 2020).

Sur la carte ci-dessous, en violet, ce sont les zones où la probabilité d’incendie est très élevée. Le périmètre rouge correspond à la zone qui a brûlé publiée le 16 août par le Centre de crise. "Il y a une correspondance très forte entre l’incendie tel qu'il s’est développé et la probabilité telle qu’elle avait été calculée en 2024", explique Jacques Teller, professeur en urbanisme et aménagement du territoire à l’ULiège.

Quand on dézoome et que l’on regarde les zones à haut risque d’incendie en Wallonie, deux autres régions sont concernées : au nord de la ville de Mons et tout au sud de la Wallonie, la Gaume.

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Cette cartographie a été réalisée dans le cadre de l’étude du "diagnostic de vulnérabilités pour augmenter la résilience wallonne à travers l’adaptation aux changements climatiques" demandé par l’AWAC, l’Agence Wallonne de l’air et du Climat.

Vous pouvez l’explorer en encodant votre adresse dans la carte interactive ci-dessous. Si elle ne s’affiche pas, retrouvez-la ici.

Cette carte rend compte de la probabilité d’incendie des zones boisées en Wallonie selon quatre niveaux : faible, moyennement faible, moyennement élevé et élevé. Ces seuils ont été calculés sur base de "l’occupation des sols ainsi que des données historiques d’incendies relevées dans la presse au cours des dernières décennies", comme l’explique le rapport méthodologique.

À partir de là, il est possible de calculer le nombre de ménages habitants à moins de 200 mètres d’une zone où le risque d’incendie est élevé ou moyennement élevé. "Quand on regarde les zones à probabilité "moyenne" à "élevée" de départ de feu à moins de 200 mètres, on a à peu près 30% des ménages wallons, qui sont concernés par cette problématique", explique Jacques Teller, professeur en urbanisme et aménagement du territoire, ULiège.

Cette cartographie est donc un outil précieux pour se préparer à des événements tels que les incendies, dans une Wallonie qui, à l’avenir, sera de plus en plus exposée. "Elle peut servir d’abord à la Région wallonne à mettre en place des mesures de gestion par rapport à l’accès à ces espaces, à des mesures en matière de boisement, le type de boisement qui est plus ou moins approprié pour réduire ces risques de départ de feu", explique Jacques Teller. "Elle peut également servir à l’ensemble des habitants, des entreprises, des acteurs du territoire pour identifier dans quelles mesures ils sont exposés à des départs de feu dans les années qui viennent."

Là encore, vous pouvez vérifier par vous-mêmes si vous habitez dans une zone vulnérable sur cette carte détaillée en encodant votre adresse. Si la carte ne s’affiche pas, cliquez ici.

Alors qu’a fait la classe politique de cette cartographie ? Interrogée sur Matin Première cette semaine, la ministre wallonne du Climat, Catherine Neven a annoncé "une vingtaine de mesures concrètes" d’ici la fin de l’année pour adapter la Wallonie aux conséquences du changement climatique. "Avant la fin de l’année, nous aurons un catalogue restreint d’une vingtaine de mesures concrètes. En quoi vont-elles consister ? Elles vont toucher l’aménagement du territoire, la protection des sols, la protection de l’eau, la manière dont on construit, dont on bâtit. Et donc elles vont impliquer, chacune dans leur domaine, des modifications de textes législatifs."

Des mesures que la ministre décrit comme "praticables et payables". "Une difficulté tient au fait que l’action climatique, elle est complexe", selon Catherine Neven. "Elle est extrêmement transversale, mais surtout, elle doit aussi conserver l’adhésion des citoyens et des entreprises. Parce qu’il faut être clair, si vous mettez en place des mesures qui sont impraticables ou qui sont complètement impayables, vous perdez cette adhésion."

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