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Monday, August 17, 2026

Quelle prévention, qui pilote et avec quels moyens ? Comprendre l’incendie dans les Hautes Fagnes en 4 questions

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Doit-on s’étonner qu’un incendie d’une telle ampleur ait ravagé les Fagnes ? Pas vraiment. En 2025, le CERAC, centre d’analyse des risques du changement climatique, publiait un rapport où on pouvait lire ceci : "autrefois rares, ces feux devraient se multiplier et s’intensifier, mettant en danger la biodiversité, la sécurité publique et les services écosystémiques rendus par la forêt". Et il ajoute : "les feux de végétation devraient sévir sur de plus longues périodes et toucher des zones plus vastes".

Le phénomène était donc bien attendu. Mais ce qui étonne, c’est le moment où il s’est produit. Comme l’explique Nils Bourland, expert au CERAC : "notre étude pointait le fait qu’on aurait des feux plus intenses, plus importants et plus simultanés dans une fenêtre de 10 à 15 ans, 20 ans si on avait de la chance. Maintenant, on se rend compte que les choses vont beaucoup plus vite. On n’a pas la simultanéité des feux, mais on commence à avoir des feux de plus en plus importants".

Ça, c’est pour le long terme. Mais à court terme, vu la sécheresse, un tel incendie était-il prévisible ? En la matière, il existe la règle des 3 fois 30. Le risque de feu de forêt est élevé quand ces trois conditions sont réunies :

  • La température de l’air est supérieure à 30 degrés ;
  • Le taux d’humidité de l’air est inférieur à 30% ;
  • La vitesse du vent est supérieure à 30 km/h.

Ce qui fait dire à certains que le drapeau rouge qui signale l’interdiction d’accès à certaines zones en raison de risques élevés, aurait dû être hissé. A la question de savoir si cela aurait pu changer les choses, Olivier Giust, capitaine à la zone de secours Vesdres, Hoëgne et Plateau, invité sur La Première ce lundi matin, à 7h45, répondait ceci : "90 à 95% des feux sont d’origine humaine. Si vous voulez supprimer le feu, il faut supprimer l’humain et ça, c’est quasiment impossible. Il y aura toujours un risque".

Pourquoi la Belgique ne dispose-t-elle pas d’avions de ce genre ?

Sur le réseau social X, le ministre de la Défense Theo Francken (N-VA) a écrit qu’il souhaitait acheter des hélicoptères de type Chinook, "mais pour certains partis, tout ce qui est américain est faux et mauvais". Il ajoute que les Airbus H145M sont actuellement livrés et que ceux-ci peuvent également être utilisés pour lutter contre les feux de forêt.

De son côté, Marc Gilbert, président de la Fédération royale des pompiers de Belgique, a plaidé pour une flotte européenne d’engins aériens : "individuellement, les pays n’ont pas les moyens d’acquérir du matériel et des engins aériens. Que l’Europe constitue une flotte collective !".

Mais pour Olivier Giust, "les moyens aériens n’éteignent pas un feu. Ils vont pouvoir servir à limiter sa propagation, à diminuer son intensité mais dans tous les cas, il faudra quand même des troupes au sol."

Signalons aussi que tous les engins terrestres ne sont pas adaptés à la structure particulière des Fagnes, certains endroits étant très difficiles d’accès.

Il y a quelques semaines, Marc Gilbert dénonçait le manque de moyens, avec des mots très forts : "nous n’allons pas dans le mur, nous sommes dans le mur". Aujourd’hui, c’est Stéphane Thiry, commandant de la zone de secours Luxembourg, qui a renchéri en estimant que cet incendie montre les limites des moyens belges : "il y a des moyens supplémentaires qui ont été investis par zones de secours. Mais tout risque confondu, on ne peut pas dire qu’il y a une vraie démarche qui anticipe l’avenir et qui permet de lutter contre les incendies de façon plus efficace. Nous sommes demandeurs de la création d’un organe qui permette de coordonner les moyens pour une montée en puissance plus efficace". Il estime aussi que le mécanisme européen prend trop de temps et que cela démontre l’utilité d’un moyen belge de sécurité civile.

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