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Tuesday, October 20, 2026

La guerre tarifaire pourrait faire perdre jusqu’à 185 000 emplois au Canada

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La directrice parlementaire du budget a calculé le coût actuel de la guerre tarifaire avec les États-Unis et la note est salée : si les droits de douane devaient perdurer, cela causerait jusqu’à 185 000 pertes d’emploi au Canada, en plus de diminuer le PIB de 1,4 % sur 5 ans, de jouer sur l’inflation, d’amputer le bénéfice des entreprises de près de 9 % en moyenne par an. Ottawa a néanmoins reçu de bonnes nouvelles budgétaires, notamment grâce au pétrole et à l’inflation.

Le Canada est confronté à des perspectives économiques et financières plus difficiles que ce que nous avions prévu en juin. Les mesures commerciales additionnelles et l'incertitude qui persiste brident la croissance de la production réelle – ce que nous produisons en tant que pays, résume Annette Ryan, directrice parlementaire du budget.

La baisse attendue des exportations canadiennes vers les États-Unis variera entre 6 % et 7,7 % ces cinq prochaines années, selon les prévisions (nouvelle fenêtre), et c’est le Québec qui en souffrira le plus. Dans la foulée des tarifs sur l’aluminium, l’acier et le bois, les exportations québécoises ont déjà baissé de 8 % par rapport à 2024, alors qu’elles ont augmenté de 11 % en Alberta, dont le secteur énergétique a été épargné par les foudres trumpiennes.

Pour Sébastien McMahon, économiste en chef chez IA Groupe financier, l'économie canadienne se comporte beaucoup mieux que ce qu'on aurait pu anticiper en 2025. Toutefois, les impacts réels vont être sectoriels et régionaux, souligne-t-il en évoquant le cas de la papetière RYAM au Témiscamingue, qui a fermé de façon temporaire.

Un homme discute sur un plateau de télé.

Sébastien McMahon est stratège en chef et économiste sénior chez iA Groupe financier.

Photo : Radio-Canada

Selon lui, les tarifs pourraient survivre à l'après-Donald Trump. Une fois que le protectionnisme est installé, c'est très difficile de l'enlever, car on protège des industries, on protège des compagnies et il y a de nouveaux lobbies qui se lèvent.

Selon les prévisions, les années 2 et 3 d'une guerre tarifaire qui s'éternise seraient les plus rudes économiquement pour l'emploi.

Mais d'après Stéfanie Tougas, PDG de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, la situation actuelle a déjà des répercussions dans toute l'industrie. Ça peut se traduire par des entreprises qui commencent à réduire les quarts de travail. Il y a des suspensions d'emploi aussi qui commencent à apparaitre un peu partout au Québec, a-t-elle déclaré en entrevue à Radio-Canada.

Il va falloir qu'on détermine combien de temps on est capable d'endurer cette situation-là sur le plan économique et que Québec établisse une stratégie industrielle.

Cette stratégie inclurait notamment, selon Mme Tougas, l'octroi de contrats publics à des entreprises d'ici ainsi que des allègements réglementaires et fiscaux pour favoriser l'investissement et la compétitivité des entreprises québécoises.

7,7 % de taxation en moyenne

Si l’annulation par la Cour suprême de certains tarifs avait fait baisser le taux tarifaire moyen des exportations canadiennes à 5,3 % en juin 2026 (contre 5,9 % en septembre 2025), la dernière salve tarifaire de juillet dernier a fait remonter le taux de taxation moyen des produits canadiens à 7,7 % en octobre 2026, selon la note du Bureau de la directrice parlementaire du budget (BDPB) présentée aujourd'hui.

Le Canada a réagi dollar pour dollar et a imposé dans la foulée des droits de douane sur 27,6 milliards $ de produits américains importés au pays, faisant passer le taux de taxation moyen des produits américains de 1,6 % à 3 %.

Un camion semi-remorque circule sur une route avec en avant-plan une pancarte annonçant les douanes et l'I-87 dans l'État de New York.

Beaucoup de marchandises traversent la frontière canado-américaine au poste de Lacolle. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Malgré ces mauvaises nouvelles économiques, Ottawa a reçu de bonnes nouvelles sur le front budgétaire. En effet, selon la directrice parlementaire, même si la croissance du PIB réel est révisée à la baisse (0,9 % en 2026), cela est compensé par la hausse des prix à la consommation et donc des taxes collectées.

Ainsi, le déficit budgétaire 2026-2027 sera moins important que prévu. La directrice parlementaire du budget l’évalue désormais à 63,3 milliards $, alors qu’en juin son équipe estimait que le déficit serait de 71,8 milliards.

Toutefois, Ottawa s’endette beaucoup et les frais de la dette sont en forte hausse. Ils étaient de 24,5 milliards $ en 2021-2022, de 59,3 milliards en 2026-2027 et devraient atteindre 83 milliards d’ici 2030-2031. Conséquence : le ratio dette/PIB est en augmentation alors qu’il serait censé baisser.

Le BDPB continue de soutenir que le ratio de la dette au PIB est un repère important pour mesurer la santé financière. Il augmentera de façon constante au cours des cinq prochaines années, soutient la directrice parlementaire du budget.

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