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Saturday, October 24, 2026

À Tel-Aviv, des milliers de personnes contre Nétanyahou à trois jours des élections

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Des milliers de personnes se sont retrouvées à Tel-Aviv samedi pour une manifestation contre le gouvernement israélien, à trois jours d'élections législatives largement perçues comme un référendum pour ou contre Benyamin Nétanyahou.

L'évènement est organisé par le Conseil d'Octobre, un groupe fondé par des familles de victimes et d'otages du 7-Octobre pour réclamer une commission d'enquête sur les failles sécuritaires ayant permis ce jour-là l'attaque du Hamas palestinien, la plus meurtrière de l'histoire du pays.

Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a refusé jusqu’ici une telle commission, pourtant réclamée par de nombreux Israéliens.

Les principales figures d'opposition se présentant aux élections de mardi – les premières depuis le 7 octobre 2023 –, ont toutes promis de la mettre en place en cas de victoire.

Parmi ces personnalités, qui doivent faire une apparition au rassemblement selon les organisateurs, figure le centriste Gadi Eisenkot, au coude à coude avec Benyamin Nétanyahou dans les sondages, et critique acerbe de sa conduite de la guerre à Gaza.

Gadi Eisenkot salue de la main.

Gadi Eisenkot, ancien chef d'État-Major de l'armée israélienne et dirigeant du parti centriste Yashar («Droit»), lors d'un événement de campagne électorale de son parti à Hadera, en Israël, le jeudi 8 octobre 2026

Photo : Associated Press / AP Photo/Ariel Schalit

Doivent aussi venir le chef de l'opposition actuelle Yaïr Lapid (centre) et son allié Naftali Bennett (centre-droite nationaliste), l'ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman (droite) et le chef des Démocrates Yaïr Golan (gauche).

Dans cette dernière ligne droite avant les élections, les ultimes sondages autorisés à être publiés – vendredi soir – donnent toujours des résultats aussi serrés. Les deux forces font jeu égal, avec 50 sièges pour le bloc de M. Nétanyahou et 52 pour le bloc d'opposition constitué autour de M. Eisenkot, soit loin des 61 sièges nécessaires à la Knesset pour gouverner.

Gadi Einsenkot a prévu un dernier évènement de campagne dimanche, ainsi que Naftali Bennett et Yaïr Lapid. Les autres, notamment Benjamin Netanyahu, n'ont pour l'heure rien annoncé.

Naftali Bennett et Yair Lapid.

Naftali Bennett et Yair Lapid ont confirmé la fusion de leurs partis dans l'espoir de défaire Benyamin Nétanyahou.

Photo : Reuters / Gideon Markowitz

Un journaliste de l'AFP à Tel-Aviv a vu des milliers de personnes marcher vers la place des Otages, où se tient le rassemblement, une esplanade désignée ainsi pendant la guerre à Gaza pour accueillir les manifestations hebdomadaires réclamant le retour des personnes qui avaient été enlevées par le Hamas le 7-Octobre.

Trois ans de combat

L'événement, organisé trois jours avant les élections, est le point culminant de trois ans de combat pour la vérité, pour demander des comptes, ont écrit les organisateurs sur X.

Ceux qui nous ont dirigés ces quatre dernières années ont fait un travail lamentable, a dit à l'AFP Hadas Feuershtein, 68 ans, peu avant le début du rassemblement. Israël n'a jamais été dans une telle situation.

Les organisateurs ont dit craindre de possibles provocations de la part de militants progouvernementaux pendant le rassemblement, et avoir alerté les autorités.

L'arrière d'un bus

Une affiche de campagne de la formation de gauche Meretz, sur lequel on peut lire en hébreu : « Si vous ne votez pas pour Meretz, Bibi aura 61 sièges à la Knesset ».

Photo : AFP / Jack Guez

Naama Bitterman, 18 ans et qui vote pour la première fois, espère la victoire d'un bloc anti-Nétanyahou qui mettra fin à la détérioration de l'image d'Israël à l'international, après trois ans d'une guerre dévastatrice à Gaza, sans compter le conflit avec l'Iran et le Hezbollah libanais, et les attaques de plus en plus violentes de colons à l'encontre des Palestiniens en Cisjordanie occupée.

Je pense que si on gagne – et je crois qu'on va gagner – on peut changer la façon dont le monde nous voit

Sous l'impulsion du Royaume-Uni, plusieurs pays, dont la France, ont récemment imposé des sanctions sur les produits en provenance des colonies israéliennes de Cisjordanie, illégales au regard du droit international, en réponse à l'explosion du nombre de colonies et la multiplication des violences.

Benyamin Nétanyahou, qui dirige depuis 2022 l'un des gouvernements les plus à droite de l'histoire du pays, a suggéré vendredi qu'Israël pourrait devoir développer une économie alternative pour contourner des sanctions internationales, notamment bancaires.

Il a affirmé avoir demandé qu'un plan soit préparé sur la chaîne de blocs, technologie de stockage et de transmission d'informations qui fonctionne sans intermédiaire ou autorité centrale, s'attirant samedi les moqueries de ses adversaires.

Nétanyahou dit que s'il est élu à nouveau, Israël se déconnectera de l'économie mondiale. Pas de magasinage en ligne, pas d'investissement de technologie de pointe, pas de sécurité. On doit s'assurer que bbcoin ne détruise pas Israël, a notamment tancé sur X M. Eisenkot, en référence au surnom Bibi du premier ministre.

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