Here for Canada : Stephen Harper publiera ses mémoires mardi

L’ancien premier ministre du Canada Stephen Harper publiera ses mémoires mardi dans un livre intitulé Here for Canada, où il relate notamment les coulisses de l’adoption de la motion reconnaissant la nation québécoise.
Dans un extrait du livre transmis à Radio-Canada, M. Harper retrace le processus ayant mené à l’adoption, en 2006, de la motion reconnaissant que les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni
.
J’avais clairement exprimé mon point de vue sur l’ensemble de cette question
, peut-on lire. Lors des élections de 2006, je m’étais engagé à ce qu’un gouvernement que je dirigerais ne rouvre pas la Constitution.
L’ancien premier ministre explique avoir été initialement refroidi par l’idée d’embarquer le Canada, une nouvelle fois, dans un débat pourtant clos 11 ans plus tôt – lors du référendum de 1995.
Qui voudrait revivre tout cela? Certainement pas la plupart des Canadiens. Certainement pas un premier ministre qui venait tout juste de rassembler les différentes composantes du conservatisme canadien. Certainement pas le gouvernement fédéraliste du Québec. Un débat sur la question de savoir si le Québec était "une nation" ne profitait qu’à un seul groupe : les séparatistes québécois
, écrit M. Harper.
La délicatesse de la question tenait en partie aux connotations différentes du mot nation
en anglais et en français, explique-t-il.
En anglais, on utilise les termes "country" et "nation" de manière pratiquement interchangeable. Par exemple, les Canadiens anglophones désignent invariablement le Canada à la fois comme un pays et comme une nation
, précise M. Harper.
En français, en revanche, le terme "nation" tend davantage à désigner le concept d’identité culturelle ou "nationale" plutôt qu’un pays. De nombreux Québécois ne voient donc aucune contradiction à considérer le Canada comme leur pays et le Québec comme leur nation.
Pour cette raison, aux oreilles de Canadiens anglophones, la notion même du Québec en tant que nation ressemble davantage à une remise en cause de l’unité nationale qu’à une reconnaissance de l’identité culturelle
, selon l’ancien premier ministre.
Stephen Harper a donc changé son fusil d’épaule lorsqu’il a compris qu’il s’agissait en réalité d’une reconnaissance purement symbolique
. Il ne s’agissait là que d’une motion parlementaire, et non d’un amendement constitutionnel ni même d’un projet de loi
, explique-t-il.
Cette reconnaissance représentait donc une occasion de tourner définitivement la page sur toute la question de la nature du Québec
, selon M. Harper
Ce dernier rappelle aussi avoir apporté des modifications minimes
à la motion concurrente du Bloc québécois.
Alors que la motion du Bloc souhaitait que cette Chambre reconnaisse que les Québécoises et les Québécois forment une nation
, la motion conservatrice optait pour que cette Chambre reconnaisse que les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni
.
C'est cette deuxième motion qui a été adoptée par le Parlement.
Ainsi, grâce à ces quatre derniers mots, la motion devenait désormais une affirmation de l’unité canadienne
, soutient M. Harper.
De plus, l'utilisation du terme français Québécois
, plutôt que le Québec
, soulignait davantage la portée culturelle de la motion, indique-t-il.
Ce n’était pas le "Québec" qui était reconnu, ni même les "Québécois", mais uniquement les Québécois qui se reconnaissaient dans cette identité francophone.
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