Le séparatisme albertain et québécois ne fera pas dévier Ottawa de ses projets militaires
Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, a présenté le rôle de premier plan que jouera l’Alberta dans la vaste refonte de la défense nationale entreprise par son gouvernement, affirmant qu’il n’attendra pas les résultats du référendum sur l’indépendance de la province pour aller de l’avant.
Lors d’un discours prononcé mercredi sur une base militaire d’Edmonton, M. McGuinty a chiffré plusieurs grands projets de défense en attente depuis des années en Alberta. Le ministre a annoncé des investissements totalisant 8 milliards de dollars dans l’ensemble de la province, dont la moitié devrait être consacrée aux infrastructures nécessaires à l’accueil des nouveaux avions de chasse F-35 à la Base des Forces canadiennes (BFC) Cold Lake, dans le nord de l’Alberta, la plus importante base d’avions de chasse du pays.
Plusieurs questions demeurent toutefois sans réponse concernant les projets présentés mercredi. M. McGuinty a notamment annoncé un investissement de 550 millions de dollars pour établir en Alberta la base d’opérations de l’Ouest d’une nouvelle flotte d’avions ravitailleurs CC-330 Husky. Il n’a cependant pas précisé où elle serait située, même si l’aéroport international d’Edmonton avait auparavant été désigné comme emplacement envisagé.
Et le Québec?
En entrevue au Canada’s National Observer, M. McGuinty a assuré que l’incertitude entourant le référendum à venir n’aurait aucune incidence sur l’échéancier des prochaines étapes.
« Cela ne retarde aucune de ces décisions. Nous allons de l’avant », a-t-il affirmé.
Selon lui, le gouvernement fédéral ne considère ni le référendum albertain ni l’arrivée au pouvoir du Parti québécois au Québec comme des raisons de reporter les investissements prévus dans le cadre de la nouvelle Stratégie industrielle de défense du Canada.
« La Presse m’a posé la même question il y a un mois, a-t-il raconté. Pourquoi investir à Bagotville si un gouvernement [du Parti québécois] s’en vient ? Parce que nous poursuivons la mise en œuvre de notre plan. Nous avons un pays et nous investissons dans ce pays, parce que nous sommes plus forts ensemble. »
Patriotisme canadien
Le discours de M. McGuinty était résolument empreint de patriotisme canadien. Le ministre a notamment évoqué la Confédération ainsi que la contribution de l’Alberta aux Première et Seconde Guerres mondiales.
Parmi les autres projets mis de l’avant figurent des investissements de plus de 580 millions de dollars pour l’entretien et la réparation des bases militaires albertaines, ainsi que 750 millions pour la construction d’un nouveau laboratoire de défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire dans le sud de la province.
La première ministre Danielle Smith a pour sa part inscrit ces investissements dans le contexte du débat référendaire. Un rapport sur les coûts de l’indépendance commandé par la province à l’Université de Calgary estime qu’une Alberta souveraine devrait dépenser jusqu’à 25 milliards de dollars pour respecter les obligations actuelles du Canada envers l’OTAN.
« Je pense que c’est un excellent exemple du partage des compétences qui existe chez nous et du fonctionnement du Canada. C’est notamment pour cette raison que la School of Public Policy a expliqué à quel point il serait compliqué de créer de toutes pièces ce genre d’institutions fédérales », a déclaré Mme Smith.
« Ce sont des institutions dont les gens doivent, à mon avis, comprendre qu’elles méritent d’être préservées. »
M. McGuinty a nié que sa visite à Edmonton visait à lancer un appel aux Albertains à l’approche du référendum, qualifiant le moment choisi pour son annonce de « largement fortuit ». Il a toutefois reconnu avoir voulu profiter de l’occasion pour plaider en faveur de l’unité nationale, tant au nom du patriotisme que de la défense du pays.
« Prétendre qu’en tant que ministre fédéral, je ne me préoccupe pas du bien-être du pays serait manquer de sincérité. C’est ce que j’ai essayé de faire valoir au micro : oui, nous devrions être patriotes. Nous devrions affirmer que le Canada mérite qu’on se batte pour lui », a-t-il déclaré.
« Je tiens à être très clair là-dessus. Nous sommes beaucoup plus forts ensemble. Nous sommes beaucoup plus forts unis. »
Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle après avoir d’abord été publié en anglais dans le Canada’s National Observer.
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