Fini de devoir accepter ou refuser les cookies sur chaque site internet : ce qui va changer pour les Belges !

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C’est un petit geste que nous faisons parfois plusieurs fois par jour, souvent sans même y prêter attention. Vous consultez un site d’information, vous cherchez un billet d’avion, vous comparez les prix d’un électroménager ou vous commandez un vêtement en ligne : une fenêtre apparaît pour vous demander si vous acceptez ou refusez les cookies. Et il faut recommencer sur le site suivant !
Cette corvée numérique pourrait bientôt appartenir au passé. L’Union européenne travaille en effet à une simplification des règles qui encadrent l’utilisation des données personnelles sur Internet. Et la Belgique vient de soutenir cette réforme, notamment défendue par David Clarinval (MR), vice-Premier ministre et ministre fédéral de l’Emploi, de l’Économie et de l’Agriculture.
Concrètement, qu’est-ce qui va changer ?
L’objectif est simple : éviter aux internautes de devoir systématiquement cliquer sur « Accepter », « Refuser » ou « Personnaliser » lorsqu’ils naviguent d’un site à l’autre. Les utilisateurs devraient pouvoir effectuer leurs choix plus facilement concernant l’utilisation de leurs données personnelles, avec moins de bandeaux et moins de manipulations.
Prenons un exemple concret : aujourd’hui, si vous consultez successivement cinq sites internet, vous pouvez être confronté à cinq demandes différentes concernant les cookies. Avec les nouvelles règles envisagées, ces sollicitations pourraient être considérablement réduites. De quoi rendre la navigation plus agréable, notamment sur smartphone, où ces fenêtres occupent parfois une grande partie de l’écran.
Une simplification aussi pour les entreprises
Cette réforme, baptisée « Omnibus digital », ne concerne pas uniquement les internautes. Elle vise également à simplifier les nombreuses obligations européennes imposées aux entreprises en matière de données personnelles, de numérique et de cybersécurité. Moins de formalités administratives, moins de déclarations qui font double emploi et des règles plus cohérentes : c’est l’autre objectif du texte.
David Clarinval, vice-Premier ministre et ministre de l’Économie, se réjouit du soutien apporté par la Belgique à cette réforme : « Avec l’Omnibus digital, nous faisons d’une pierre deux coups : les utilisateurs n’auront plus à valider ou à refuser des cookies sur chaque site, et c’est une très bonne nouvelle pour les entreprises, qui verront leur paperasse diminuer. »
À partir de quand ?
Attention, les fenêtres de cookies ne vont pas disparaître dès demain de votre écran. Le projet avance au niveau européen, mais il n’est pas encore définitivement adopté. Le Conseil de l’Union européenne a arrêté sa position, soutenue par la Belgique. Le Parlement européen doit encore définir la sienne, avant des négociations entre les institutions. L’adoption définitive du texte n’est pas attendue avant 2027.
Il faudra donc encore patienter avant de connaître précisément les nouvelles règles et leur date d’application. Mais pour les millions de Belges qui naviguent quotidiennement sur Internet, la perspective est séduisante : moins de clics inutiles et davantage de simplicité pour consulter leurs sites préférés.

Des milliers de chaînes de télévision, tous les matchs de football, un catalogue complet de films et de séries, le tout pour seulement quelques dizaines d’euros par mois. L’offre de l’IPTV est tout simplement imbattable et pour cause, il s’agit évidemment d’un service pirate car, pour avoir une offre légale aussi complète, il faudrait débourser des centaines (voire des milliers) d’euros. Et même si c’est illégal, des milliers de Belges continuent de profiter du service, malgré les tentatives des autorités pour contrer ce fléau.
Le problème, c’est que pour les clients, le fonctionnement semble simple. Beaucoup trop simple. Il paie un abonnement à un revendeur, installe une application ou branche un boîtier et accède à une offre immense. Mais derrière cet écran, il existe toute une chaîne d’acteurs, dont certains peuvent gagner beaucoup d’argent sans produire le moindre contenu. « Les groupes sont divers, mais il s’agit généralement d’organisations criminelles professionnelles, disposant de moyens sophistiqués pour optimiser leur infrastructure technique », nous explique l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO). Toutes les offres pirates ne fonctionnent toutefois pas à cette échelle puisque, à côté de réseaux internationaux, il existe aussi de petits revendeurs locaux.
Une vraie entreprise
Pour comprendre le système, il faut remonter bien au-delà du vendeur auquel l’utilisateur achète son abonnement. À l’origine, il y a les contenus protégés : une rencontre sportive, un film ou une série, dont la diffusion est normalement soumise à des droits. Il faut ensuite récupérer les flux, les rendre accessibles et les distribuer à grande échelle. Cette diffusion nécessite une infrastructure numérique importante et complexe. On parle de serveurs de streaming, de services d’hébergement, d’applications et d’outils permettant de gérer les accès. Des intermédiaires techniques interviennent également pour acheminer les données, gérer les adresses IP ou les noms de domaine. Enfin, les abonnements sont distribués aux clients, parfois par l’intermédiaire de plusieurs niveaux de revendeurs.
Le détail surprenant, c’est que tous les maillons techniques ne sont pas… illégaux. « Vous pouvez tout à fait aller voir un fournisseur comme Cloudflare (une entreprise qui fournit des services permettant aux sites internet de fonctionner plus rapidement et de mieux se protéger contre les cyberattaques, NDLR) et lui demander de louer des serveurs », précise l’EUIPO. Un prestataire de ce type propose des services utilisés par de nombreuses entreprises légitimes. Il ne sait pas forcément que son infrastructure sert aussi à diffuser des contenus piratés.
Et cela complique inévitablement le travail des enquêteurs puisqu’il ne suffit pas toujours de fermer un site à la base du contenu visible par les internautes. Il faut identifier les personnes qui le contrôlent, comprendre quels services techniques elles utilisent et établir les liens entre les différents acteurs. Selon l’EUIPO, certains intermédiaires techniques ne sont pas soumis aux mêmes obligations que les hébergeurs classiques en matière de transmission d’informations. La Commission européenne a bien tenté de formuler des recommandations en 2023… mais celles-ci ne sont pas contraignantes, produisant donc peu d’effets.
Le piratage prêt à l’emploi
Autre élément méconnu : il n’est pas nécessaire de maîtriser toute la technologie pour se lancer dans ce business. L’EUIPO décrit un modèle de « Piracy as a Service », que l’on peut traduire par « piratage en tant que service ». Des acteurs proposent des solutions techniques prêtes à l’emploi, ce qui réduit les compétences et les investissements nécessaires pour mettre sur pied une offre pirate.
Les acteurs d’IPTV illégale les plus importants disposent, eux, d’une organisation qui rappelle celle d’une entreprise classique : infrastructures de serveurs, gestion des abonnements, service à la clientèle et réseaux de revendeurs. Certains investissent même dans des systèmes de secours pour continuer à fonctionner en cas de perturbation. « Les réseaux les plus sophistiqués ont aussi de nombreuses solutions de secours. Ils n’utilisent pas un seul nom de domaine mais plusieurs et recourent à des techniques comme les proxys résidentiels pour rendre leur traçage plus difficile », nous explique l’EUIPO. Les adresses IP et les noms de domaine peuvent changer, tandis que les services sont déplacés vers d’autres infrastructures.
Résultat, la fermeture d’un serveur ou d’un site ne signifie pas forcément la disparition du réseau. Les responsables peuvent tenter de relancer leur activité ailleurs, pendant que les revendeurs continuent à chercher des clients. L’IPTV illégale n’est donc pas toujours un site isolé que l’on peut simplement couper mais un écosystème capable de se reconstituer.
Des abonnements qui financent les réseaux
Reste la question de l’argent. Pourquoi proposer une offre aussi vaste pour un prix largement inférieur à celui des abonnements légaux ? La réponse est assez simple : les opérateurs pirates ne paient pas les droits de diffusion des contenus qu’ils proposent. L’EUIPO identifie les abonnements comme leur première source de revenus. Mais l’organisme précise ne pas disposer de données permettant de déterminer exactement comment les prix sont fixés, imaginant simplement que les criminels effectuent leur propre étude de marche. Un revendeur, de la région liégeoise (un commercial âgé d’une quarantaine d’années), nous avait précédemment confié avoir 50 clients à qui il vendait l’abonnement 120 € par an. « Je donne 45 € au fournisseur, je garde le reste pour moi mais on fait cela à deux, donc on divise tout en deux ». Cela lui faisait donc 1.875 € en poche par an.
Ce que l’on sait moins, c’est que les sommes versées par les clients ne constituent pas forcément le seul revenu. La publicité peut aussi rapporter de l’argent aux sites qui diffusent illégalement des contenus. Le hic, c’est que les marques dont les annonces apparaissent sur ces pages ne savent pas nécessairement qu’elles contribuent ainsi, indirectement, à financer les opérateurs pirates.
L’EUIPO suit ce phénomène depuis plusieurs années. Ses représentants soulignent que certaines entreprises légitimes, elles-mêmes victimes de contrefaçon, peuvent financer involontairement des sites illicites par leurs campagnes publicitaires en ligne. L’organisme appelle donc les annonceurs et les acteurs de la publicité à mieux contrôler les endroits où leurs annonces sont diffusées.
Tout ce petit business peut engendrer des bénéfices considérables. Par exemple, dans le dossier Noos+, l’opération menée le 2 juin 2026 entre la France et la Belgique a visé un réseau soupçonné d’avoir généré plus de 12 millions d’euros en cinq ans. Vingt serveurs ont été saisis et environ 1,4 million d’euros ont été récupérés, notamment sous forme de cryptomonnaies, d’avoirs bancaires, d’argent liquide et de biens de valeur.

Une personne ayant travaillé pour Europol et que nous avons pu interviewer dans le cadre de notre investigation, évoque aussi une enquête à laquelle elle avait participé en Espagne. Les personnes visées vivaient dans une belle maison avec vue sur la mer, dans le sud du pays, tout en fournissant des services IPTV illégaux à des communautés des pays nordiques. « Alors qu’ils ne font rien d’autre que pirater les contenus », résume-t-elle. Un exemple qui illustre le décalage entre la simplicité apparente du service pour le client et les profits que peuvent en tirer ceux qui le contrôlent, puisqu’ils ne paient ni taxes ni impôts.
Des réseaux liés à d’autres formes de criminalité
Faut-il pour autant considérer chaque revendeur d’IPTV illégale comme un membre du crime organisé ? Non. L’EUIPO insiste sur les différences entre les acteurs. Mais les grandes opérations ont mis au jour des réseaux présentant plusieurs des caractéristiques de la criminalité organisée : hiérarchies structurées, activité sur le long terme, gains importants, opérations transfrontalières et infrastructures techniques sophistiquées. Le piratage peut aussi être lié à d’autres activités criminelles, notamment au blanchiment d’argent, ou s’appuyer sur des pratiques de cybercriminalité.
L’ampleur de certaines enquêtes donne une idée du phénomène. Entre septembre 2025 et avril 2026, l’opération européenne KRATOS 2, menée dans 13 pays sous la conduite des autorités compétentes et avec l’appui d’Europol, a débouché sur 29 arrestations, le démantèlement de neuf groupes criminels et la suppression de plus de 27.332 URL portant atteinte aux droits.
Mais arrêter des suspects ne suffit pas toujours à faire disparaître durablement une offre. Les serveurs peuvent se trouver dans plusieurs pays, les responsables dans d’autres et les clients ailleurs encore. Lorsque l’infrastructure est située hors de l’Union européenne, dans un pays qui coopère peu avec les autorités européennes, le blocage du service peut devenir l’une des seules réponses disponibles.
Pour les personnes que nous avons interrogées, la coopération est donc essentielle. Autorités nationales, police, titulaires de droits et intermédiaires techniques doivent travailler ensemble. L’EUIPO ne mène pas lui-même les enquêtes et ne procède pas aux arrestations, mais il aide notamment les autorités à échanger des informations et à disposer d’outils adaptés.
La lutte commence aussi en amont, auprès des consommateurs. Selon une étude de perception de l’EUIPO publiée en 2023, 43 % des Belges jugeaient acceptable d’obtenir illégalement des contenus pour un usage personnel, contre 35 % en moyenne dans l’Union européenne. Et c’est un problème puisque tant que la demande restera forte, des personnes en profiteront.
Derrière un abonnement qui semble anodin, l’utilisateur ne voit généralement qu’un vendeur. Il ne sait pas nécessairement qui contrôle le service ni à qui profite réellement son argent. Pourtant, en payant pour accéder à des contenus diffusés illégalement, il alimente un système qui tire profit du travail des créateurs, des producteurs et des diffuseurs sans en payer les droits. Et derrière certains de ces réseaux, les enquêtes révèlent des organisations capables de générer des millions d’euros. Le prix paraît dérisoire pour le client. Les bénéfices, eux, peuvent être considérables pour ceux qui organisent le piratage. Et la perte immense pour ceux qui produisent les contenus que vous voulez regarder.
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