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Wednesday, September 30, 2026

2027, année du centenaire de Phyllis Lambert

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Phyllis Lambert a tant donné à Montréal qu’il fallait bien que son centième anniversaire de naissance soit célébré en grand par le Centre canadien d’architecture (CCA), le musée unique au monde qu’elle a fondé dans la métropole il y a presque un demi-siècle.

La programmation cadeau du centenaire, intitulé « 100Phyllis », était dévoilée mardi au CCA. Elle prévoit plusieurs événements majeurs qui s’égraineront tout au long de 2027, avec en pièces de résistance des expositions, bien sûr, mais aussi un livre de souvenirs des dirigeants et employés du CCA, un album photo, des débats publics et une autobiographie de Mme Lambert.

Ces mémoires s’intituleront My First Hundred Years (Mes cent premières années). La philanthrope née à Westmount le 24 janvier 1927 en a lu des extraits en conférence de presse. Elle a évidemment parlé de la construction du Seagram Building, quartier général new-yorkais de la compagnie transformée par son père, Samuel Bronfman (1891-1971), en empire mondial de la distillation.

« J’ai écrit à mon père le 28 juin 1954 », s’est rappelée Mme Lambert. « On a deux choix : premièrement, vous construisez un bâtiment qui n’est qu’un lieu de travail, sans attrait particulier pour l’imagination ou l’intelligence, et alors son aspect n’a pas grande importance et il peut ressembler à tous les autres. Vous ne voulez pas cela. No, no, no, no. Il n’y a qu’une alternative : vous devez ériger un bâtiment qui exprime le meilleur de la société dans laquelle vous vivez, ainsi que vos espoirs pour cette société. »

Le message a fait mouche. Le père a écouté sa clairvoyante fille diplômée en architecture. Ludwig Mies van der Rohe et Philip Johnson ont finalement signé le magnifique gratte-ciel noir de 38 étages inauguré en 1958 sur Park Avenue, à Manhattan. L’immeuble est maintenant reconnu comme emblématique du style international caractéristique du XXe siècle.

Les travaux hommages à venir vont explorer d’autres facettes de la vie exceptionnelle de Mme Lambert, consacrée à cette idée que l’architecture reste indissociable des conditions sociales, politiques et environnementales dans lesquelles vivent les humains. Phyllis Lambert a notamment été l’initiatrice et la conceptrice du centre Saidye-Bronfman, nommé en l’honneur de sa mère ; la porteuse du mégachantier de rénovation de 700 logements victoriens dans le secteur Milton Parc ; et l’un des piliers de l’organisme de défense du patrimoine Sauvons Montréal.

Le passé et l’avenir

« Montréal a été marqué par deux vagues de colonisation, a noté Mme Lambert en conférence de presse. Elle n’est devenue une vraie ville que dans les années 1960, quand l’Église a lâché son emprise lors de la Révolution tranquille et que les consultations publiques ont pris de l’importance par la suite. Mais Montréal reste une ville de communautés. »

En entrevue au Devoir, elle a ensuite accepté de juger un peu la place des questions urbaines et de la métropole québécoise dans la présente campagne électorale. « Il y a encore des difficultés dans les relations entre le gouvernement du Québec et Montréal, dans divers domaines, en éducation, en santé et en habitation, mais ça, c’est un problème mondial, a-t-elle dit. Il faut concevoir ces problèmes importants en liaison entre eux et non pas en silos. L’architecture et l’urbanisme sont aussi liés à la santé. »

100Phyllis va aussi multiplier les ponts. Les conférences À propos de demain proposeront des conversations sur la photographie, l’écologie, les institutions, la ville et la conservation du patrimoine bâti. LOIS conjuguera exposition, film, publication et programme public autour des textes législatifs qui façonnent la manière de construire et, surtout, de bâtir de manière plus juste et équitable. Le projet Sortis du cadre, en trois volets (une exposition, une publication et un programme public), sera consacré aux archives de Gillian Hopwood (1928-2023) et de John Godwin (1927-2025), couple d’origine britannique qui a œuvré pendant plus de cinq décennies au Nigeria.

Le musée annonce aussi la publication de CCA Oral Histories: You can sit and think, and you have what you have to do, retraçant l’évolution du musée avec les paroles de ses conservateurs et de ses chercheurs. Ses archives photo, riches de 65 000 clichés, seront mises à l’honneur dans la poursuite de la série Les vies des documents, cette fois en invitant des artistes contemporains à les travailler. La pratique photographique et le rôle de la photo dans la vie et le travail de Mme Lambert seront aussi le sujet du documentaire Lens Junkie, de Teri Wehn Damisch. Et la fondatrice bientôt centenaire sera le sujet d’une série de portraits de Clara Gutsche, qui avait déjà fait de la construction du CCA et de la destruction du quartier Milton Parc les sujets de son travail.

Les détails de toute la programmation se trouvent au www.cca.qc.ca.

View the original on Le Devoir →

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