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Tuesday, October 20, 2026

Sécheresse en France en automne: c'est normal?

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Dans le prolongement d'un été caniculaire, les rares pluies ne permettent pas de recharger la plupart des nappes phréatiques françaises. Une situation inédite, provoquée par les activités humaines, appelée à empirer : l'Europe devrait bientôt connaître des sécheresses longues de deux ans. 

Est-il normal que la moitié des petits cours d'eau français soient à sec encore aujourd'hui – le phénomène s'est même aggravé depuis fin août ? Est-il normal que les deux tiers des nappes phréatiques soient au-dessous des niveaux de saison, et que huit nappes sur dix continuent de baisser parce que la vidange se poursuit sans que la pluie ne vienne compenser ? Quand la quasi-totalité des départements français sont encore concernés par des restrictions d'eau, est-ce que c'est normal ? Est-il normal, enfin, que plus de 100 000 personnes soient approvisionnées en eau potable par camion-citerne ou par bouteilles d'eau, un chiffre encore en augmentation ces dernières semaines ? Non, évidemment, la sécheresse en automne, dans un pays tempéré comme la France, n'est pas normale et est même inédite. « Dans beaucoup de régions de France, c'est une situation assez extrême. On bat des records. Donc on peut qualifier cela de jamais-vu à l'horizon d'une cinquantaine d'années en tout cas. Nos sociétés modernes n'ont jamais connu ça », constate Florence Habets, directrice de recherche au CNRS.

Pluies insuffisantes

L’explication est assez simple : le manque, voire l'absence de pluie. La sécheresse historique de cet été se prolonge, et les quelques pluies attendues ces jours-ci ne vont pas suffire. « Le mois de septembre a été le troisième mois de septembre le moins arrosé depuis les années 60, en lien avec une situation anticyclonique qui perdure. Et c'est cette récurrence qui est marquante cette année, souligne Simon Mittelberger, climatologue à Météo France. On devrait être cette semaine sur une semaine relativement pluvieuse, avec des précipitations qui sont les bienvenues. En revanche, on sait que ces seules précipitations de cette semaine ne vont pas suffire, à elles seules, à enrayer cette sécheresse qui est déjà encore bien installée ».

Les épisodes cévenols, et leurs lots de pluies diluviennes et d’inondations dans le sud méditerranéen, permettent à quelques départements d’afficher une situation hydrologique de nouveau satisfaisante. Mais ailleurs, bien souvent, quand il pleut, en fait il pleuviote, et les sols restent désespérément secs. « L'automne, c'est le moment où les sols commencent à se recharger. Et là, ce qui se passe, c'est qu'il y a beaucoup de régions où les sols sont restés très secs. Les quelques pluies qu'il y a eu n’ont pas été suffisantes, relève l'hydro-climatologue Florence Habets. Pour pouvoir avoir une recharge des nappes, il faut que les sols soient gorgés d'eau. Il faut qu'ils soient suffisamment humides pour que l'eau puisse s'infiltrer. Il est à peu près certain que des endroits ne connaîtront pas de recharge avant janvier. »

Sols maltraités

La faute au changement climatique, la faute aux activités anthropiques, ce qui revient au même : l’humanité est tout aussi responsable de la crise climatique que de la manière dont les sols sont maltraités. « Beaucoup d’impacts sont liés au sol, à la qualité du sol, à la façon dont on a pu modifier les cours d’eau, les connexions entre les nappes et les rivières. Le fait qu’on prélève beaucoup assèche les nappes, coupe le lien entre les nappes et les rivières, ce qui assèche les rivières ; c’est tout un ensemble de choses », résume Florence Habets.

Cette situation risque de se répéter, et surtout de s’aggraver, précisément à cause du réchauffement climatique. « Pour chaque demi-degré en plus à l'échelle globale de température, du fait des émissions de gaz à effet de serre, on s'attend à ce que les sécheresses les plus longues en Europe augmentent de deux ans, explique Florence Habets. Vous imaginez ? Deux ans alors qu’on n'est pas du tout prêt à des sécheresses qui dépassent quelques mois ». Le pire est à venir. C'est peut-être comme ça qu'il faudrait parfois rebaptiser cette chronique.

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