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Wednesday, October 7, 2026

Sri Lanka: l’ex-Première dame Shiranthi Rajapaksa arrêtée pour soupçons de détournement de fonds

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La justice sri-lankaise ajoute un nouveau dossier à la pile des affaires concernant l'ancienne famille présidentielle Rajapaksa. Soupçonnée de détournement de fonds, l'ex-Première dame du pays pendant l'ère Mahinda Rajapaksa a été placée en détention provisoire mercredi 7 octobre.

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La croisade anticorruption du gouvernement sri-lankais connaît un nouvel épisode spectaculaire. Soupçonnée d'avoir détourné des dons collectés en faveur d'un hôpital pour enfants, l'ex-Première dame du pays Shiranthi Rajapaksa a été arrêtée mercredi 7 octobre. Au pouvoir depuis 2024, le président Anura Kumara Dissanayake a fait de la lutte contre les détournements de fonds publics l'une de ses priorités, et réactivé de nombreuses enquêtes visant la famille Rajapaksa, longtemps toute-puissante dans le pays.

L'épouse de l'ancien président Mahinda Rajapaksa, au pouvoir entre 2005 et 2015, a ainsi été interpellée mercredi matin à son domicile de la capitale Colombo et longuement interrogée par les enquêteurs de la Commission d'enquête sur les soupçons de corruption (Ciaboc). « Cette arrestation est liée à sa fondation Siriliya Saviya », a précisé un porte-parole de la Ciaboc à la presse.

L'œil droit recouvert d'un pansement, la septuagénaire a été présentée en fin d'après-midi à un juge, qui a ordonné son placement en détention provisoire jusqu'au 13 octobre.

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Soupçons de détournement de fonds

« Le magistrat a ordonné qu'elle soit conduite à l'hôpital de la prison en raison d'un problème oculaire », a précisé à la presse un porte-parole du tribunal. Selon la police, la Commission s'intéresse à l'usage qui a été fait d'une somme de 10 millions de roupies sri-lankaises, soit environ 28 000 euros, collectée en 2011-2012 par la fondation de Shiranthi Rajapaksa afin de financer l'achat d'un scanner pour un hôpital. C'est du moins la version officielle de l'usage qui aurait été fait de cette somme.

Les éléments de l'enquête transmis au tribunal en charge du dossier suggèrent que l'équipement a, en réalité, été financé par la Chine. L'argent récolté par l'institution dirigée par l'ex-Première dame aurait été détourné à d'autres fins.

L'avocat de la mise en cause, Manoj Gamage, a indiqué aux journalistes que sa cliente démentait catégoriquement toute malversation dans ce dossier. Shiranthi Rajapaksa avait quitté le pays le 16 septembre dernier pour un traitement médical à Singapour, avant de rentrer à Colombo lundi 5 octobre.

L'autorité anticorruption a également procédé à l'arrestation mercredi de l'ex-PDG d'une banque publique sri-lankaise, Pradeep Kariyawasam, accusé d'avoir versé 10 millions de roupies à la fondation Siriliya Saviya. Les enquêteurs reprochent à l'ancien patron de la National Savings Bank d'avoir fait ce don en violation de la loi.

Pradeep Kariyawasam a été remis en liberté sous caution en fin de journée après son interrogatoire. Dans un autre dossier de corruption, un ancien ministre des Affaires étrangères de l'ère Rajapaksa, Rohitha Bogollagama, a également été arrêté ce mercredi.

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Dynastie politique

Les Rajapaksa ont dominé la vie politique du Sri Lanka pendant une grande partie des 20 dernières années, jusqu'à la chute du président Gotabaya Rajapaksa, le frère de Mahinda Rajapaksa, en 2022. Le pays traversait alors la pire crise financière de son histoire.

Depuis deux ans, de nombreux membres de la famille sont mis en cause dans une pléthore de dossiers. Le fils de Shiranthi et Mahinda Rajapaksa, Namal, a ainsi été placé en détention provisoire le mois dernier, soupçonné d'avoir touché des pots-de-vin en marge d'un contrat d'achat d'avions Airbus en 2013 par la SriLankan Airlines.

L'ancien patron de la compagnie, qui s'est depuis suicidé, a accusé l'ex-président d'avoir perçu une commission de 60 millions de roupies - soit près de 450 000 euros - dans cette même affaire. Mahinda Rajapaksa n'a pour l'heure pas été formellement mis en cause par la justice.

Tous les membres de la famille Rajapaksa ont démenti publiquement les accusations qui pèsent contre eux. Ils dénoncent une chasse aux sorcières politique.

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