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Thursday, October 8, 2026

Au Liban, 82% des ménages peinent à subvenir à leurs besoins essentiels

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Depuis le déclenchement de la crise économique et financière en 2019, l’une des plus graves au monde depuis un siècle et demi selon la Banque mondiale, le Liban n’a connu aucun répit. Le pays du cèdre enchaîne tragédie, avec l’explosion du port de Beyrouth en août 2020, instabilité politique, troubles sociaux et guerres. Les données recueillies et analysées par trois agences des Nations unies ces derniers mois montrent que la situation des ménages s’est dégradée à tous les niveaux, surtout depuis la dernière guerre qui a éclaté le 2 mars.

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De notre correspondant à Beyrouth,

Les données sont préoccupantes. Elles montrent que la pauvreté au Liban s’est largement étendue à de nouvelles catégories sociales en raison de la chute du pouvoir d’achat et de la hausse des prix de l’énergie, entraînant une inflation qui a atteint en août plus de 16% en glissement annuel. Selon un rapport de l’Unicef intitulé Un cauchemar sans fin, publié en septembre, 82 % des chefs de ménage interrogés ont déclaré qu’il était devenu plus difficile de subvenir aux besoins essentiels qu’il ne l’était trois mois auparavant.

Des familles contraintes de se défaire de l'essentiel

Plus grave encore, les stratégies auxquelles les familles ont recours pour faire face à cette situation. Un quart d'entre elles affirment avoir vendu des biens ménagers et un cinquième avoir cédé des actifs utilisés pour produire ou générer des revenus. Lorsqu’une famille commence à financer sa survie en vendant une partie des outils qui lui servent à gagner de l’argent, c’est un signe révélateur de la profondeur de la crise.

Les données pour 2026 indiquent que 800 000 Libanais, soit 14% de la population du pays, ont désormais besoin d’un soutien pour couvrir leurs besoins alimentaires, conformément aux normes de l’Organisation mondiale de la santé. Les enfants sont les plus vulnérables. Certains souffrent de la faim, n’ont pas accès aux soins de santé, ni à l’éducation. 22 % des ménages interrogés déclarent que leurs enfants se sont couchés le ventre vide au cours des deux semaines précédant l’enquête de l’Unicef, effectuée en juillet 2026.

Soins, travail, école : les enfants en première ligne

Un tiers des familles a déclaré que leurs enfants n’avaient pas pu bénéficier des soins de santé dont ils avaient besoin, parce qu'elles n’étaient pas en mesure de les financer. 14 % des ménages ont indiqué qu’au moins un de leurs enfants travaillait, soit plus du double de la proportion enregistrée début 2025.

Enfin, au niveau de l’éducation, 17 % des familles interrogées affirment avoir été contraintes d’interrompre la scolarité de leurs enfants.

Le programme Aman dépassé par l'inflation

La réponse apportée par le gouvernement et les organisations internationales est nettement en deçà des besoins, par manque de moyens et par absence d’initiatives. Le gouvernement actuel a hérité du programme de protection sociale appelé Aman, géré par le ministère des Affaires sociales, avec un appui technique de la Banque mondiale et du Programme alimentaire mondial. Le cœur du programme, mis en place après l’effondrement économique de 2019, est constitué de transferts monétaires mensuels destinés aux ménages libanais pauvres et vulnérables/

Le transfert moyen est d'environ 105 dollars par ménage et par mois. Plus de 100 000 familles en ont bénéficié. Le gouvernement espère porter à 200 000 le nombre de ménages couverts par le programme en 2027. Mais avec l’explosion des prix de l’essence, du mazout et des produits alimentaires, le montant octroyé est désormais largement insuffisant pour subvenir aux besoins les plus essentiels d’un foyer.

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