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Saturday, September 19, 2026

La CAQ dans l’embarras pendant que les partis flirtent avec le monde municipal

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Les chefs des cinq principaux partis ont convergé dans la capitale nationale, vendredi, pour assister au sommet électoral de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Même à 230 km de la circonscription de Rousseau, la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, n’a pas réussi à échapper à la polémique qui entoure son candidat dans Rousseau, Louis-Charles Thouin.

Jeudi, le Journal de Québec a braqué les projecteurs sur les manœuvres douteuses du candidat caquiste et sur sa façon de glisser de l’argent comptant dans des casquettes et des chandails promotionnels du parti remis lors de bingos de sa circonscription.

Christine Fréchette avait dénoncé « une grave erreur de jugement », sans toutefois exclure son candidat prodigue en billets de 10 $ et de 20 $ ni répondre aux questions des journalistes. Vendredi, elle a de nouveau évité de rencontrer les médias pour répondre des largesses, dissimulées dans des doublures de vêtements, de son candidat.

Éric Duhaime, lui-même mis sur la sellette à de nombreuses reprises en raison des propos ou des comportements de son équipe conservatrice, n’a pas boudé son plaisir devant les déboires de son adversaire lors de la présentation de ses propositions pour les régions.

« Je dirais à Mme Fréchette : l’arroseur arrosé », a lancé le chef conservateur, qui a accusé à répétition la CAQ de « fouiller dans les poubelles » de ses candidatures pour créer des « distractions » dans la campagne. « Aujourd’hui, qu’une affaire comme ça lui arrive, je pense qu’elle va devoir faire preuve d’humilité. »

Le chef libéral, qui annonçait la création d’une agence forte de 50 millions de dollars par année pour éviter les fiascos numériques, a répété que le comportement du député sortant n’« a pas de bon sens ».

« Ce qui me surprend encore plus, si une telle chose est possible, c’est que Mme Fréchette défend ça ce matin, alors que c’est la première à mettre son équipe au travail pour trouver des puces à tous les autres partis, a lancé Charles Milliard. Bien pris qui croyait prendre. »

La co-porte-parole solidaire, Ruba Ghazal, qui présentait vendredi matin les engagements de son parti en matière d’environnement, incluant, entre autres, un programme de rachat de « vieux bazous » et 23 milliards de dollars pour le transport collectif, a placé la cheffe de la CAQ devant « sa conscience ».

« Donner de l’argent à des gens pour acheter des votes […] c’est interdit au Québec. Moi, je ne tolérerai pas ça, a assuré Ruba Ghazal.

La veille, Paul St-Pierre Plamondon avait martelé que cet épisode révèle « qui est la CAQ ».

« Je ne sais pas s’il faut en rire ou s’insurger, avait dit le chef péquiste. Je me souviens d’une vidéo de 2022 où un des candidats de la CAQ s’assoyait avec une personne âgée sur un banc et disait : “500 dollars, ça, monsieur, ça se prend bien, hein ? Un petit vote pour la CAQ”. […] Je pense que la population en a soupé d’une gouvernance par sondage et cette manie, lorsqu’arrivent les élections, de ne pas respecter l’intelligence des gens et d’avoir ce genre de petites manœuvres là. »

Itinérance et terrains d’école au menu de l’UMQ

Assis côte à côte à la table d’honneur du sommet de l’UMQ, les chefs ont mis en veilleuse leurs différends pour tenter de séduire le monde municipal. La cheffe de la CAQ a reçu les applaudissements les plus nourris pour ses promesses de simplifier l’accès aux programmes d’aide gouvernementaux et pour son intention de mettre fin à l’obligation, pour les villes, de payer pour les terrains qui accueillent les nouvelles écoles — un fardeau contre lequel s’insurge le monde municipal, de l’Outaouais jusqu’à la Gaspésie, depuis son adoption en 2020.

« J’étais pas encore déchoqué qu’on ait eu cette obligation de payer », a souligné le maire de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau.

« Chez nous, a indiqué la mairesse de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, ce sont des dizaines de millions de dollars qu’on a mis depuis que la loi a changé. »

Les camps conservateur et libéral ont pris le même engagement à la suite de Christine Fréchette, sans toutefois recevoir les mêmes vivats de la part des maires et des mairesses. Les acclamations reçues par la cheffe de la CAQ à l’UMQ contrastaient avec le règlement de compte en règle de l’ancien maire de Lévis, Gilles Lehouillier, à l’endroit du gouvernement sortant.

Aux côtés d’Éric Duhaime, en matinée, pour lui montrer son appui, l’ex-élu municipal, partisan de la première heure d’un nouveau lien entre Québec et Lévis, a accusé la cheffe caquiste de prendre les gens de la région de Québec « pour des caves » avec son tracé à l’est.

« Mme Fréchette, a tonné M. Lehouillier, elle fait exactement ce que François Legault a fait sur le troisième lien : elle roule les gens dans la farine. »

Le rendez-vous rituel des chefs devant l’UMQ a aussi permis à tous les partis de s’engager à prendre à bras-le-corps la crise de l’itinérance. Paul St-Pierre Plamondon a notamment promis un milliard de dollars pour réduire de moitié l’itinérance à la fin d’un premier mandat. Sa rivale caquiste, elle, veut débloquer un fonds d’urgence de 250 millions de dollars pour s’attaquer à l’enjeu. Ruba Ghazal a annoncé plus de 800 millions de dollars pour offrir un toit et accompagner les sans-abri. Le chef libéral, Charles Milliard, a mis 60 millions de dollars sur la table et le chef conservateur, Éric Duhaime, a promis la tenue d’un sommet sur la question.

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