ÉDITO | Menace russe : et si on sortait un peu les crocs ?

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Nous sommes en septembre 2026, quatre ans et demi après le début de l’offensive russe. 55 mois plus tard, l’Europe continue de soutenir l’Ukraine. 55 mois plus tard, l’Europe continue de condamner les incursions russes sur son territoire. 55 mois plus tard, l’Europe continue à se préparer à une éventuelle attaque russe sur ses infrastructures sensibles. Mais dans les faits, sur le terrain, c’est la Russie qui continue de semer la terreur en Ukraine et de tester les Occidentaux.
Et ces provocations sont régulières. Il y a quelques jours, un hélicoptère russe a pénétré durant quelques instants l’espace aérien polonais. Un peu plus tôt, des drones russes s’étaient écrasés en Moldavie. Et depuis un peu plus d’une semaine, c’est la zone frontalière entre la Russie et l’Estonie qui est sous tension après l’imposition d’un couvre-feu nocturne par le Service fédéral de sécurité (FSB) russe. Tout ça en toute impunité.
Nos dirigeants veulent éviter l’escalade. C’est tout à leur honneur. Et en réalité, personne ne sait réellement de quoi Vladimir Poutine est capable. Mais sommes-nous pour autant obligés d’attendre que ces agressions russes fassent des victimes sur un territoire de l’Union européenne ou de l’OTAN pour réagir ?
En novembre 2015, l’aviation turque avait abattu un bombardier russe qui avait pénétré durant quelques secondes l’espace aérien de la Turquie. Vladimir Poutine avait, à l’époque, parlé d’un « coup de poignard dans le dos de complices terroristes » et les relations entre les deux pays s’étaient dégradées dans la foulée de cet incident. Et puis ? Plus rien. Pas d’invasion. Pas de missile. Pas d’arme nucléaire.
Les relations de l’époque entre la Turquie et la Russie ne sont évidemment en rien comparables avec celles d’aujourd’hui entre Bruxelles et Moscou. Mais quel message envoyons-nous réellement en nous contentant de condamner ces incursions, en convoquant un ambassadeur ou en renforçant nos systèmes de défense sans jamais les activer ? N’est-il pas temps de sortir les crocs ?
L’« opération spéciale » lancée par Moscou pour s’emparer du pouvoir à Kiev ne devait durer que quelques jours. Quatre ans et demi plus tard, la Russie est loin de ses objectifs et n’avance plus sur le terrain. Difficile de croire que Vladimir Poutine, aussi imprévisible soit-il, ait les moyens et ose se lancer dans une véritable guerre avec l’Occident.
Il est donc temps de dire « stop ». Stop à ces menaces, stop à ces provocations, stop à ces agressions. L’Europe doit arrêter de réagir avec prudence mais agir avec fermeté. Les dirigeants européens doivent envoyer un signal fort. Les drones ou avions russes n’ont rien à faire hors de leur espace aérien et doivent être considérés comme des dangers dès qu’ils approchent nos territoires. Et en temps de guerre, les dangers doivent être anéantis…
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