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Sunday, November 1, 2026

Belgique, France, Allemagne, Espagne… découvrez notre carte interactive des manifestations dans plusieurs pays européens

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Alors que les mobilisations de ces dernières semaines ont dégénéré dans plusieurs pays, les réactions officielles se sont le plus souvent concentrées sur les questions d’ordre public. Voici un état des lieux des mobilisations fin octobre, pays par pays :

ALBANIE : Des mobilisations antigouvernementales ont commencé en mai par le rejet d’un projet immobilier touristique controversé sur la côte, au bénéfice de proches du président américain Donald Trump. La colère s’est élargie à la corruption dans ce pays de 2,3 millions d’habitants, dirigé depuis 2013 par le socialiste Edi Rama.

Le mouvement étudiant sans leader dénonce aussi les carences du système de santé et le manque de perspectives pour la jeunesse. Pendant des mois, des manifestants ont défilé pacifiquement chaque jour dans Tirana, s’arrêtant devant les bureaux du Premier ministre pour exiger sa démission.

Mais depuis la mi-octobre, les rassemblements ont pris un tournant violent, avec des affrontements quotidiens opposant les manifestants aux forces de l’ordre. Environ trois cents personnes ont été blessées, dont près des deux tiers sont des policiers, selon un décompte du ministère de l’Intérieur. Visés par des salves de pierres, de cocktails Molotov et d’engins pyrotechniques, les policiers répondent régulièrement par des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les foules.

BELGIQUE : La rentrée scolaire, déjà émaillée par une contestation des enseignants francophones, a été ébranlée par des manifestations d’écoliers et d’étudiants, dans la foulée du mouvement de protestation des lycées en France. Des échauffourées ont éclaté dans plusieurs villes, et les troubles ont été particulièrement conséquents à Liège. Des incendies et du vandalisme ont forcé les autorités à interdire brièvement les rassemblements. La police a fait usage d’autopompes et de gaz lacrymogènes.

L’automne s’est poursuivi dans un climat social tendu avec une manifestation nationale le 9 octobre à l’appel des syndicats. Près de 50.000 personnes ont défilé à Bruxelles. La mobilisation contre le gouvernement fédéral a commencé dans le calme, avant des affrontements près de la gare Centrale puis de la gare du Midi. La police est intervenue avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour repousser et disperser des groupes de fauteurs de troubles. Une centaine de personnes ont été interpellées.

Plusieurs centaines de personnes se sont encore réunies à diverses reprises à Liège et Bruxelles fin octobre. Une manifestation nationale de tous les secteurs du non-marchand aura lieu à Bruxelles le 10 décembre, à l’appel des syndicats.

ESPAGNE : L’expulsion d’une retraitée octogénaire de son logement à Madrid, et son décès deux semaines plus tard, ont déclenché fin septembre une vague d’indignation et d’importantes manifestations en Espagne, jusqu’à provoquer une crise politique et des élections législatives anticipées le 29 novembre. Dans plusieurs villes du pays, notamment au cœur de Madrid, des campements restent occupés par des militants et des manifestants réclamant un renforcement de la protection des locataires. Les principaux syndicats espagnols ont appelé à une grève générale le 11 novembre pour faire avancer leurs revendications sur le logement et les salaires avant le scrutin de la fin du mois.

FRANCE : Des centaines de milliers de personnes ont défilé en France trois samedis consécutifs en octobre, pour dénoncer entre autres la vie chère, donnant lieu en fin de journée à des actes de violence et des dégradations dans plusieurs villes, dont la capitale Paris. Les manifestations répondent à l’appel des lycéens et des étudiants, des "gilets jaunes" et des syndicats. Des violences et des pillages ont particulièrement marqué la journée du 17 octobre, avec une riposte sévère des forces de l’ordre.

Les autorités avaient dénombré 410.000 manifestants dans le pays, et les organisateurs 800.000. Des centaines de personnes ont été interpellées au fil des interventions musclées des forces de l’ordre pour juguler les débordements. Plusieurs manifestants, dont des mineurs, ont été grièvement blessés ou mutilés depuis la mi-septembre dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre. D’après le ministre de l’Intérieur, 1193 policiers et gendarmes ont été blessés.

La France a imposé des couvre-feux et interdit plusieurs manifestations, tout en prévoyant un dispositif sécuritaire impliquant la mobilisation de militaires. Aux revendications pour plus de moyens dans l’éducation et contre la vie chère s’est ajoutée la dénonciation de la montée du racisme, après un attentat qui a fait un mort et sept blessés le 23 octobre en région parisienne. Des organisations appellent à poursuivre le mouvement, notamment à bloquer les lycées et universités les 3 et 5 novembre. Une journée de grève syndicale est également prévue le 5 novembre et la coordination des "gilets jaunes" a appelé à faire "un six-sept populaire" en poursuivant le mouvement les 6 et 7 novembre.

ITALIE : Des centaines de milliers d’étudiants et de travailleurs sont descendus dans la rue le 30 octobre en Italie, réclamant davantage de financements pour les écoles et des mesures contre la hausse du coût de la vie. Les vastes manifestations sont restées en grande partie pacifiques, cependant l’Italie a déployé des soldats et adopté un décret sécuritaire qui assouplit les règles de détention pour les mineurs.

Ces rassemblements ont été les plus importants de la récente vague de manifestations s’inspirant de celles menées en France et en Espagne par des étudiants. Des chauffeurs routiers, des conducteurs de taxi et des agriculteurs se sont aussi mobilisés ces dernières semaines en Italie pour dénoncer la flambée des prix du carburant et s’opposer à l’augmentation des dépenses de défense.

PAYS-BAS : Des appels à l’émeute et au pillage à La Haye avaient été lancés sur les réseaux sociaux sous le couvert d’une "manifestation de la génération Z" le 31 octobre. La police a interpellé une trentaine de personnes, pour violences publiques, port de vêtements dissimulant le visage et possession d’objets interdits, mais n’a pas constaté d’incidents majeurs.

SERBIE : Une catastrophe survenue à la gare de Novi Sad en novembre 2024, faisant 16 morts, a suscité parmi les plus importantes manifestations qu’a connues la Serbie depuis la chute en 2000 de l’homme fort yougoslave Slobodan Milosevic. Le mouvement étudiant antigouvernemental qui s’est formé dans la foulée a remporté des élections en octobre 2026, déboulonnant le parti nationaliste d’Aleksandar Vucic. Des milliers de personnes sont attendues à Novi Sad le 1er novembre pour un hommage aux victimes de la catastrophe, qui a aussi déclenché cette mobilisation menant au renversement du pouvoir.

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