Frigos piratés dans les supermarchés : les grandes enseignes ont un coupable tout désigné
Après l’attaque qui a mis hors service les rayons frais de centaines de supermarchés français, dont Intermarché et Leclerc, la question des responsabilités se pose déjà. Et les grandes enseignes désignent un maillon bien précis de la chaîne.
C’est l’heure des comptes. Dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre 2026, des hackers sont parvenus à prendre la main à distance sur des contrôleurs de réfrigération Danfoss qui fonctionnaient avec d’anciennes versions du logiciel du fabricant.
Un piratage qui leur a permis de déclencher le dégivrage automatique des meubles frigorifiques, ce qui a fait grimper la température dans les vitrines de 250 à 350 magasins, selon les différents décomptes.
Intermarché, Netto, Coopérative U, Carrefour Market, Monoprix et Leclerc ont été touchés, et ont dû retirer en urgence de la vente leurs produits frais et surgelés.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour identifier les victimes et établir le lien entre l’attaque, les pertes de denrées et les départs de feu signalés. Pendant ce temps, Dominique Schelcher, président de Coopérative U, était l’invité de RTL Matin ce mardi 13 octobre, pour revenir sur cette attaque qu’il avait qualifiée la veille d’« inacceptable » et de « sans précédent ».

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Alors, la faute revient-elle aux grandes enseignes, dont les magasins ont été touchés, ou à Danfoss, dont le matériel a été détourné ? Selon le dirigeant, elle revient à un autre acteur. « Nos magasins ne sont pas clients de Danfoss », a-t-il affirmé à l’antenne.
— RTL France (@RTLFrance) October 13, 2026
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Les frigoristes en première ligne
Ce chaînon manquant, ce sont les frigoristes. Comme l’a rappelé Dominique Schelcher, les enseignes n’achètent pas elles-mêmes les automates Danfoss. Elles passent par des entreprises spécialisées qui conçoivent et installent les équipements frigorifiques des magasins, intègrent les contrôleurs du fabricant et en assurent ensuite la maintenance.
Intermarché tenait d’ailleurs un discours similaire dès lundi, en expliquant que l’attaque aurait touché un prestataire chargé de gérer les systèmes de réfrigération de ses magasins, et non les magasins directement.
Ce serait donc aux frigoristes, en principe, qu’il revenait de maintenir ces systèmes à jour, et c’est sur ce point qu’ils risquent d’être mis en cause.
Car c’est bien là que le bât blesse. Les failles qui touchent ces équipements sont connues depuis plus d’un an, et le fait que les contrôleurs visés tournaient sur de vieilles versions du logiciel risque de peser lourd dans l’enquête.
Des équipements exposés sur Internet
À ce manque de mise à jour s’ajoute l’exposition de ces équipements en ligne. Lundi, Baptiste Robert, PDG de Predicta Lab, en a recensé 2 752 accessibles depuis Internet, dont 1 590 en France. Or si l’Europe exige un suivi de ces systèmes, leurs interfaces d’administration n’ont pas vocation à être exposées publiquement, et leur sécurisation relève d’abord de ceux qui les installent et les exploitent.
— Baptiste Robert (@fs0c131y) October 12, 2026On compte 2752 "systèmes" Danfoss en ligne.
On va faire un thread vite et mal à l'ancienne.
1ere observation : 1590 "systèmes" sur 2752 sont en France pic.twitter.com/bDNHXFQwJK
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Ces interfaces exposées sont précisément celles que visent les deux failles signalées en 2025, l’une permettant de contourner l’authentification (CVE-2025-41450), l’autre d’injecter des commandes (CVE-2025-41451). Combinées, elles permettent d’en prendre le contrôle à distance, même si rien ne prouve encore formellement qu’elles aient servi dans la nuit de dimanche à lundi.
Dans une alerte publiée le 12 octobre, le CERT-FR, indique avoir connaissance de nombreuses compromissions d’équipements Danfoss des séries AK-SM et AK-SC et recommande de les déconnecter d’Internet ou d’en limiter l’accès à des adresses IP de confiance. En cas de compromission, l’organisme gouvernemental de veille et de réponse aux attaques informatiques préconise une remise en état d’usine, l’application de tous les correctifs disponibles, le changement des mots de passe et la vérification des comptes existants.
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