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Monday, October 5, 2026

Fuite « extrêmement grave » en Europe : les données de 8 millions de personnes compromises au Danemark

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Le registre national du Danemark a été piraté. Les données de 8,8 millions de personnes ont été consultées illégalement, par le biais du compte d’une entreprise. La police enquête sur l’incident, qualifié d’« extrêmement grave » par une ministre danoise. Des noms, des adresses et des numéros d’identification ont été piratés.

La France n’est pas le seul pays à se retrouver dans le viseur des cybercriminels. Le Danemark vient en effet de faire les frais d’une cyberattaque massive, révèle le ministère danois du numérique ce lundi 5 octobre 2026. Des hackers sont parvenus à compromettre le CPR (Central Person Register), le registre central du pays.

Dans le système, les truands ont mis la main sur les noms, adresses et numéros d’identification de 8,8 millions de personnes. Le registre national du Danemark recense les résidents, mais aussi les personnes décédées ou parties à l’étranger. C’est pourquoi le nombre de victimes est supérieur au nombre de personnes qui composent la population danoise. Le Danemark ne compte en effet que 6 millions d’habitants en 2026.

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Une cyberattaque passée inaperçue

Pour entrer dans le registre, les pirates ont détourné les accès légitimes d’une entreprise privée danoise, qui était autorisée à interroger la base de données. L’administration a rapidement bloqué l’accès de cette société pour éjecter les pirates, mais le mal était fait. « Il s’agit d’un incident extrêmement grave », a réagi la ministre du Numérique, Christina Egelund, dans le communiqué de presse. « Avec toutes les autorités concernées, nous sommes en train de cartographier l’ampleur complète de l’incident », ajoute la ministre, qui précise avoir prévenu la commission parlementaire des Affaires économiques et du Numérique de l’incident.

Selon le ministère du Numérique, la cyberattaque remonte au mois de septembre. Pourtant, l’administration du registre national n’a découvert l’intrusion que ce week-end, dans la soirée du 2 vendredi octobre. L’autorité de protection des données du pays, la Datatilsynet, a été prévenue deux jours plus tard, et indique être en train de se pencher sur l’incident. De son côté, la police danoise a ouvert une enquête.

Notez que le registre peut aussi contenir d’autres informations, potentiellement sensibles, dont l’état civil, des détails de naissance, des liens familiaux, l’éventuelle appartenance à l’Église du Danemark, ou encore une mesure d’incapacité juridique. Il n’est pas impossible que ces données aient aussi été consultées par les intrus.

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« J’appelle tous les résidents à la vigilance »

Face à cette cyberattaque d’envergure, le gouvernement danois promet de réagir et indique avoir « déjà lancé des initiatives concernant le CPR pour éviter des incidents similaires ». La ministre Christina Egelund a aussi demandé « un examen approfondi de la sécurité » du système et appelé la population à rester vigilante dans les prochaines semaines. « J’appelle tous les résidents à la vigilance », a-t-elle insisté.

« Il n’y a aucun précédent d’une fuite de données aussi importante venant d’une autorité publique. C’est grave que cela puisse arriver », a réagi le chercheur Jørn Guldberg, interrogé par la presse danoise.

Sans surprise, les données subtilisées peuvent servir à mettre au point des arnaques redoutables. Le numéro CPR sert d’identifiant personnel unique, un peu à la manière d’un numéro de sécurité sociale. Associé à un nom et à une adresse, il peut rendre une arnaque bien plus crédible, et servir de point de départ à de faux mails de l’administration, des SMS ou des appels frauduleux.

« Les gens ne peuvent pas faire grand-chose. Quelqu’un a désormais leurs données, connaît leur numéro CPR et peut faire le lien avec leur adresse et leur nom. C’est grave, car la confiance est rompue et les gens vont ressentir davantage d’insécurité. C’est probablement le plus gros problème », ajoute Jørn Guldberg.

Le chercheur rappelle que « tous les systèmes en ligne sont attaqués presque quotidiennement par des pirates, et certaines attaques réussissent ». La cyberattaque au Danemark illustre bien un problème récurrent du monde de la cybersécurité. Il suffit qu’un prestataire disposant d’un accès légitime se fasse pirater pour qu’un système sensible se retrouve à la merci de cybercriminels. C’est exactement ce qui est arrivé à la Région Hauts-de-France ce week-end, piratée par le biais de deux prestataires compromis, Atexo et Docaposte.

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