En Inde, nouvelle manifestation massive contre la révision des listes électorales
Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche à New Delhi à l’appel des partis d’opposition pour exiger la démission du chef de la Commission électorale à la suite de la révision controversée des listes électorales.
Le rassemblement, conduit par Rahul Gandhi, figure de proue de l’opposition et dirigeant du Parti du Congrès, est le dernier d’une série de manifestations dénonçant une réforme critiquée comme favorisant le camp du Premier ministre Narendra Modi.
Rahul Gandhi, arrivé à bord d’une jeep décapotable, a déclaré que les manifestants n’étaient « pas prêts à accepter » les radiations des listes électorales et dénoncé « un vol des voix de chaque citoyen indien ».
Les détracteurs de cette révision, qui a entraîné la radiation de plus de 133 millions d’inscrits, selon des médias, disent qu’elle a touché de manière disproportionnée les minorités, en particulier les musulmans.
« Cette manifestation n’est affiliée à aucun parti politique. C’est la manifestation de l’Inde pour sauver la démocratie et la Constitution », a-t-il assuré.
Des dizaines de milliers de manifestants ont scandé « vol de voix ».
« Je vote depuis l’âge de 18 ans et aujourd’hui je découvre que mon nom a été rayé des listes électorales », a déclaré à l’AFP Nandita, 46 ans, qui n’a souhaité donner que son prénom.
Rashmi Gera, une femme au foyer de 59 ans de Bombay, drapée dans le drapeau indien, ne croit pas que le président de la Commission électorale sera contraint de démissionner. Elle estime que « la bataille qui s’annonce sera difficile ».
Éliminer les doublons
Les autorités électorales soutiennent qu’elle visait à éliminer les doublons, les défunts et les fraudeurs. L’ONG Human Rights Watch dénonce un processus « arbitraire » et appelle les autorités à « abandonner immédiatement ce processus, qui prive les populations les plus marginalisées de leur droit de vote et d’autres services publics ».
Depuis des semaines, les partis d’opposition et le Parti du peuple des coquerelles (CJP) se mobilisent, exigeant la démission du président de la commission.
Des manifestations organisées par le CJP en juillet, à la suite de fraudes présumées lors d’examens universitaires, avaient conduit à la démission du ministre de l’Éducation, une rare concession de M. Modi qui s’est forgé, en plus de dix ans au pouvoir, une image de dirigeant à la détermination sans faille. Le mois dernier, les autorités ont arrêté des milliers de manifestants.
Le ministre de la Santé et haut responsable du parti au pouvoir, Jagat Prakash Nadda, a qualifié la manifestation de dimanche de « mise en scène minutieusement orchestrée par ceux qui ont été vaincus et rejetés à maintes reprises par le peuple ».
« Il s’agit d’un complot mûrement réfléchi visant à plonger le pays dans l’anarchie », a-t-il dénoncé.
Selon l’analyste politique Rasheed Kidwai, la forte mobilisation dimanche donne un « coup de pouce » au Parti du Congrès, qui cherche à regagner le terrain perdu après des revers électoraux répétés.
« On constate non seulement un regain d’énergie chez Rahul Gandhi, mais aussi un intérêt plus marqué à son égard. Des personnes qui le méprisaient depuis très longtemps commencent désormais à s’intéresser à lui », analyse-t-il pour l’AFP.
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