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Friday, September 18, 2026

Chine: l'IA, danger mortel pour le Parti communiste?

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Ce sera l'un des sujets majeurs de discussion entre Xi Jinping et Donald Trump à la Maison Blanche le 24 septembre : le contrôle de l'intelligence artificielle. En la matière, la Chine ne partage pas les mêmes peurs que l'Occident. Elle ne veut pas freiner le développement de l'IA. Mais Pékin a peur d'une chose : que l'IA soit un danger mortel pour le Parti communiste…

C'est le plus haut responsable du renseignement chinois qui a sonné l'alerte. Un cri d'alarme publié dimanche dernier dans un article du magazine officiel China Cyberspace : l'intelligence artificielle pourrait menacer le maintien au pouvoir du Parti communiste en Chine. Ce haut responsable s'appelle Chen Yixing, il est à la tête du ministère de la Sécurité d'État et il écrit ceci dans le style classique du Parti : « des forces hostiles et des individus aux intentions cachées » détournent l'IA pour mener une « guerre de propagande et une guerre cognitive » contre la Chine, ce qui menace directement sa sécurité politique, institutionnelle et idéologique. Qui sont ces « forces hostiles » ? Chen Yixing cite les Américains Anthropic et OpenAI : leurs modèles de pointe d'IA ont, selon lui, été transformés en armes et représentent de nouvelles menaces pour la cybersécurité. 

Guerre froide

Il faut dire qu'une guerre des mots monte en puissance ces derniers jours entre le gouvernement chinois et les géants américains de l'IA. En effet, Pékin a très mal pris l'appel du PDG et cofondateur d'Anthropic. Dario Amodei a appelé à ralentir le développement de l'IA. Il n'est pas le seul : Elon Musk et le patron d'OpenAI, Sam Altman, ont le même avis. Évidemment, il est impossible de freiner l'IA dans le monde sans la Chine et ses champions nationaux comme DeepSeek, Z.ai et Moonshot qui possèdent des modèles d'IA presque aussi puissants que ceux d'Anthropic et d'OpenAI.

Or, les dirigeants chinois ont vu rouge – pardon pour l'expression facile : dans un éditorial, le quotidien très nationaliste Global Times, qui est un porte-voix du Parti, a qualifié la déclaration du PDG d'Anthropic d'appel à peine voilé à « contenir » la Chine. C'est un « manuel de guerre froide » pour le secteur de l'IA, dénonce le quotidien chinois.

Culture technologique

Pour comprendre ce qu'il y a derrière ce débat, précisons que la Chine ne considère pas l'IA comme un danger pour l'humanité. Aucune trace d'angoisse dans les discours publics de la part des dirigeants chinois ni des patrons des géants nationaux de l'IA. Personne ici ne parle comme Sam Altman en 2015 des dangers d'une IA surhumaine comme « la plus grande menace pour la survie de l'humanité ». Cette crainte n'est ni au cœur de la politique chinoise dans ce secteur ni dans la culture technologique chinoise.

Et pour cause, selon les experts, les entreprises chinoises de l'IA considèrent avoir un accès encore limité à la puissance de calcul de l'IA, les progrès sont lents à leurs yeux et donc, le décollage technologique est encore loin. Au diapason des acteurs économiques, les décideurs politiques chinois se concentrent sur la mise en place de chaînes d'approvisionnement robustes en IA et sur l'adoption croissante de l'IA dans l'ensemble de l'économie.

Résultat, pour l'instant, le Parti est davantage préoccupé par la création par l'IA de deepfakes de dirigeants politiques ou qu'elle tienne des propos inappropriés sur Taïwan ou la répression de Tiananmen. Ils craignent que les chatbots d'IA ne créent des addictions psychologiques, qu'ils menacent la sécurité des enfants et, par-dessus tout, qu'ils provoquent de l'instabilité sociale ou, pire, un mouvement de masse suffisamment puissant pour renverser le Parti communiste.

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