Canada: les habitants de l'Alberta consultés sur un futur référendum d'indépendance de la province

« L'Alberta doit-elle rester une province du Canada ? » : telle est la question posée ce lundi 19 octobre 2026 aux électeurs de cette région riche en pétrole de l'ouest du pays lors d'une consultation qui pourrait ensuite aboutir à un référendum - contraignant cette fois - sur l'indépendance de l'Alberta. Si les sondages donnent les indépendantistes perdants, le scrutin fait cependant figure de test-clé pour le Premier ministre Mark Carney qui défend l'unité du pays en pleine guerre commerciale avec les États-Unis.
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Dans les enquêtes d'opinion, seul un quart des personnes sondées veulent que l'Alberta prenne son indépendance du Canada. Mais Mark Carney veut éviter un excès de confiance. Lui n'a pas oublié ce qu'il s'est passé il y a dix ans : alors qu'il était gouverneur de la Banque d'Angleterre, il fut le témoin direct du Brexit, du choix des Britanniques de quitter l'Union européenne, le 23 juin 2016.
Alors jeudi 15 octobre, le chef du gouvernement canadien, qui a grandi en Alberta, est venu faire campagne en personne contre l'indépendance de la province : « Le Canada mérite qu'on se batte pour lui. Et ça, ça veut dire être présent, aller voter. Les sondages ne votent pas, ce sont les gens qui votent », a-t-il alors déclaré.
Dix questions vont être posées aux électrices et aux électeurs. Elles porteront sur l'avenir de la province, le fédéralisme, l'immigration... Mais celle qui sera probablement la plus scrutée sera : faut-il organiser un référendum sur l'indépendance de la province ? Entre la guerre commerciale avec les États-Unis et la récente victoire électorale d'un parti indépendantiste au Québec, cette consultation promet d'être très suivie, d'autant plus qu'on parle de la province la plus riche du Canada.
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Les revenus du pétrole au cœur du discours des indépendantistes
L'Alberta est en effet un géant énergétique, qui représente 60% du gaz produit au Canada et 97% des réserves de pétrole du pays. À elle seule, la province représente 12% des réserves mondiales de pétrole, essentiellement extrait de sables bitumineux, ce qui implique un coût d'extraction et un cout environnemental élevé. Mais qu'importe, ces immenses ressources représentent l'un des piliers de la stratégie de Mark Carney, qui veut réduire la dépendance économique de son pays vis-à-vis des États-Unis. Le Premier ministre a d'ailleurs récemment annoncé l'accélération de la construction d'un nouvel oléoduc destiné à exporter ce pétrole vers l'Asie.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient et la flambée des cours du pétrole, l'Alberta engrange des revenus considérables. Les prévisions de déficit de neuf milliards de dollars pour 2026-2027 ont cédé la place à un excédent estimé à deux milliards de dollars. Des revenus qui viennent irriguer les finances publiques fédérales.
Or, certains habitants de la province voient d'un mauvais œil les taxes et impôts imposés par Ottawa. C'est notamment sur cette revendication que surfe le mouvement séparatiste albertain. Les indépendantistes estiment, entre autres arguments de campagne, que l'argent du pétrole devrait davantage bénéficier aux habitants de la province. Leur leader, Mitch Sylvestre, s'est entretenu plusieurs fois avec des responsables de l'administration Trump et du parti républicain. Face aux critiques, il soutient que les intérêts américains « ne jouent aucun rôle » en Alberta.
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