50°C dans les frigos : une cyberattaque oblige Intermarché, Leclerc et Super U à jeter leurs produits frais

Depuis la nuit de dimanche à lundi, une cyberattaque a frappé les systèmes de régulation du froid du fabricant Danfoss. En France, Intermarché, Leclerc et Super U sont touchés par ce dérèglement d’envergure. Les pirates sont parvenus à faire grimper à distance la température des frigos. Les magasins ont été obligés de tout jeter….
Les rayons frais d’une centaine de supermarchés ont été transformés en fournaises. Depuis la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre, plusieurs enseignes de la grande distribution française sont frappées par une cyberattaque. Les pirates se sont attaqués aux systèmes qui pilotent les installations frigorifiques de Danfoss, une entreprise basée au Danemark. Les attaquants ont réussi à modifier à distance les consignes de température des frigos. Concrètement, ils ont activé une fonction de dégivrage, qui permet à la température d’exploser à la hausse. Pendant plusieurs heures, les frigos sont devenus de véritables fours.
À lire aussi : Cyberattaque chez E.Leclerc : une fuite a exposé les données des clients
Intermarché, la principale victime de l’attaque
Avec au moins 150 magasins concernés, Intermarché serait l’enseigne la plus touchée. Dans les points de vente les plus affectés, les frigos auraient été purement et simplement « déprogrammés » par les cybercriminels. Dans certains cas, la température a grimpé jusqu’à 50 degrés. Tous les produits stockés par les supermarchés ont donc été jetés, par mesure de précaution. Le groupe indique que « plusieurs points de vente semblent impactés par une perte de leurs produits surgelés » et assure que ses équipes sont mobilisées pour traiter en priorité les commandes exceptionnelles.
Je confirme qu’une cyberattaque touche depuis cette nuit les installations de production de froid de plusieurs magasins de notre réseau @CooperativeU.
Nos équipes sont pleinement mobilisées, en lien avec les frigoristes, pour rétablir la situation au plus vite. Une enquête devra permettre de faire toute la lumière sur cette attaque.
S’attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l’approvisionnement alimentaire des Français est d’une extrême gravité et est inédit. C’est inacceptable.— Dominique Schelcher (@schelcher) October 12, 2026
Intermarché n’est pas la seule victime de la cyberattaque. Sur le réseau social X, Dominique Schelcher, le patron de Coopérative U, confirme qu’une cyberattaque « touche depuis cette nuit les installations de production de froid de plusieurs magasins » de son réseau.
« Nos équipes sont pleinement mobilisées, en lien avec les frigoristes, pour rétablir la situation au plus vite. Une enquête devra permettre de faire toute la lumière sur cette attaque », déclare Dominique Schelcher.
Le dirigeant ne cache pas sa colère à l’encontre des criminels. Il estime que « s’attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l’approvisionnement alimentaire des Français est d’une extrême gravité et est inédit ». Dans un message interne, l’enseigne précise que l’attaque a conduit « dans les pires des cas » à jeter « tous les produits frais ». Des magasins Leclerc, Carrefour Market et Monoprix seraient également concernés.
Selon les premiers retours de professionnels, certains magasins accuseraient déjà des pertes allant jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’euros, rapportent nos confrères de BFM TV. À Haguenau, en Alsace, un Intermarché et un Super U ont perdu à eux deux 270.000 euros de marchandises. Des cellules de crise ont été mises en place avec les spécialistes du froid.
À lire aussi : Fuite de données chez Lidl : les informations de clients français ont été dérobées
Un risque bien connu
Le groupe Danfoss connaît bien ce type de menace. L’an dernier, le fabricant révélait que seize magasins ont été visés par des attaques analogues en Russie en 2022. Quarante incidents ont été recensés en Israël la même année. Pour éviter ces cyberattaques, le fabricant recommande de placer ses équipements derrière des pare-feu, programmés pour n’autoriser que les connexions à distance légitimes.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.