En raison d’un problème d’avions | Mark Carney manque une rencontre des Nationes unies

Le représentant du Canada auprès des Nations unies a plaidé en faveur du multilatéralisme alors que le premier ministre Mark Carney a manqué la séance de l’Assemblée générale lundi en raison de problèmes techniques survenus dans un centre régional clé de contrôle du trafic aérien, qui ont entraîné l’arrêt des opérations dans tous les grands aéroports de la région de New York.
Publié à
Kelly Geraldine Malone La Presse Canadienne
Des centaines de vols ont été annulés dans le nord-est des États-Unis après la défaillance d’un circuit essentiel dans une installation de contrôle aérien de Philadelphie. Le cabinet du premier ministre a indiqué que M. Carney était tout de même arriver à New York dans la soirée de lundi.
L’ambassadeur et représentant permanent du Canada auprès des Nations unies, David Lametti, a pris la parole à la place de M. Carney lors d’une table ronde sur le renforcement de la collaboration multilatérale avec le président du Conseil européen, António Costa, et le président du Kenya, William Ruto, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
Cette discussion s’est tenue dans le cadre du sommet des « partenaires pour le multilatéralisme » (P4M), un rassemblement de dirigeants dont le but est de discuter de la formation de coalitions et de la mise en œuvre concrète de principes communs.
M. Lametti a indiqué que M. Carney avait évoqué la « rupture » que traverse actuellement le monde – faisant référence au discours du premier ministre prononcé plus tôt cette année à Davos, qui a été largement salué – mais qu’il était désormais temps de parler de la suite.
Il a ajouté que des coalitions de pays volontaires devaient se former pour traiter des questions spécifiques et trouver les moyens d’aboutir à des résultats concrets. M. Lametti a déclaré que les nations prêtes à agir devaient « créer des liens de confiance et démontrer que cela fonctionne », avant de réintégrer ces acquis dans le cadre plus large du multilatéralisme.
PHOTO JUSTIN TANG, LA PRESSE CANADIENNE
L’ambassadeur et représentant permanent du Canada auprès des Nations unies, David Lametti
MM. Carney, Costa, Ruto et le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, ont corédigé une tribune publiée dimanche dans le Financial Times, dans laquelle ils affirment que la communauté internationale est plus interdépendante que jamais, « même si elle devient de plus en plus fragmentée et polarisée ».
Ils ont cité les changements climatiques, les pandémies mondiales, les chocs financiers, les conflits et la fermeture du détroit d’Ormuz comme des crises mondiales qui exigent que les pays travaillent ensemble.
« La coopération n’est donc pas un acte d’idéalisme, c’est une nécessité pratique, ont-ils écrit. La question n’est pas de savoir si le multilatéralisme peut survivre, mais comment il doit évoluer pour répondre aux réalités de notre époque. »
La question des États-Unis
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et sa campagne imprévisible en matière de droits de douane ont bouleversé les institutions mondiales et éloigné les alliés traditionnels des États-Unis.
M. Trump et les membres de son administration ont exigé des changements significatifs au sein de l’ONU et ont gelé le financement de l’institution, la plongeant ainsi dans la tourmente.
Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira, n’a pas directement cité M. Trump, mais il a affirmé qu’il existait des nations qui souhaitaient diviser le monde en sphères d’influence, une formulation reprise par l’actuelle administration américaine.
Le premier ministre australien, Anthony Albanese, a évoqué la nécessité pour les puissances intermédiaires de s’unir, de « se mobiliser et d’adopter une attitude ouverte sur l’extérieur ».
Alors que le président américain cherche à réaligner l’ordre mondial, Mark Carney s’est imposé comme un rassembleur, ce qui semble irriter le président. Plus tôt lundi, M. Trump a publié sur les réseaux sociaux que les États-Unis travaillaient sur un « accord colossal concernant l’achat de potasse à la Biélorussie ».
« Le prix serait nettement inférieur à celui que nous versons actuellement au Canada, ce qui est une très bonne nouvelle pour nos agriculteurs et nos éleveurs », a dit M. Trump.
Les détails de cet accord proposé restent flous. Il s’agit de la dernière attaque en date de M. Trump contre le Canada depuis que les négociations commerciales ont échoué dans un climat houleux le mois dernier.
Lundi, sur Bloomberg Television, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a de nouveau accusé le Canada d’avoir mis fin aux négociations commerciales et a affirmé que l’escalade de la guerre tarifaire n’aurait pas d’impact significatif sur l’économie américaine.
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Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer
M. Greer a déclaré que le Canada souhaitait désormais « s’associer » à l’Union européenne. Il fait ainsi référence au discours sur l’état de l’Union prononcé la semaine dernière par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen, dans lequel elle a ouvert la voie à ce que le Canada devienne ce qu’elle a qualifié de premier « membre associé ».
« Ils ont été très clairs au cours de la dernière année et demie sur le fait qu’ils sont souverains. Mais peut-être qu’ils veulent s’allier à l’UE maintenant, donc ça remet en question tout ce petit numéro sur la souveraineté », a soutenu M. Greer.
Donald Trump doit prononcer un discours mardi devant la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, doit quant à elle s’adresser à l’Assemblée générale plus tard dans la semaine.
M. Carney, qui doit être à New York de lundi à mercredi, devrait tout de même participer mardi à un débat sur la solution à deux États au Moyen-Orient et rencontrer des dirigeants internationaux et des chefs d’entreprise en marge de cet évènement.
Depuis près d’un an maintenant, M. Carney a fait la promotion de l’idée de rassembler les pays du monde entier pour poursuivre ce qu’il a qualifié d’« intérêts communs, et parfois de valeurs communes, plutôt que d’institutions communes ».
M. Carney s’est efforcé de jeter un pont entre l’Union européenne et un bloc commercial de la côte du Pacifique appelé CPTPP, afin que les puissances moyennes puissent mieux résister à la coercition économique exercée par les États-Unis et la Chine.
Avec des informations fournies par Dylan Robertson à Ottawa, de La Presse Canadienne
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