"Robin Williams m'a dit que c'était Chaplin sous acide" : il y a 30 ans, Albert Dupontel frappait un grand coup avec cette comédie culte

Focus sur "Bernie", comédie trash complètement déjantée mise en scène et interprétée par Albert Dupontel, qui fête (déjà) son trentième anniversaire.

Figure aussi incontournable qu'inclassable dans le paysage du cinéma français, Albert Dupontel a forgé au fil des années un style unique, mélange d'humour noir qui grince et de burlesque. D'abord sur scène, puis au cinéma à partir du milieu des années 90 et le délirant Bernie, sa première réalisation pour le grand écran. Ce Bernie complètement frappadingue, comédie trash, méchamment drôle, politiquement incorrecte et volontiers cartoonesque, fête cette année son trentième anniversaire. L'occasion de revenir sur un film qui ne ressemble à aucun autre.
Il donne des coups de pelles, mange un canari vivant et adore les hyènes !
Sortie en salles en 1996, la comédie Bernie, farce au mauvais goût assumé riche en scènes et répliques culte, raconte l'histoire de Bernie Noël, qui quitte l'orphelinat à l'âge de trente ans. Ce personnage pas comme les autres n'a qu'un seul but : connaître ses origines. Commence alors un parcours semé d'embûches pour ce garçon névrosé et déconnecté du monde réel qui va semer le désordre partout où il passera.
Avec Bernie, Albert Dupontel frappe un grand coup. Car ce film, avec son sens de l'absurde et son personnage sérieusement décalé, ne ressemble à rien dans le paysage cinématographique hexagonal de l'époque. Le spectateur découvre quelque peu éberlué un véritable ovni, une comédie féroce tantôt très drôle, tantôt sombre, d'une énergie folle, et adoubée, s'il vous plaît, par les Monty Python Terry Gilliam et Terry Jones. Bref, un film punk sans concessions qui éclabousse le cinoche français de sa folie et dans lequel Bernie, auquel Dupontel prête ses traits, donne des coups de pelles, mange un canari vivant et adore les hyènes. Unique en son genre, mais à réserver à un public averti !
"Je n'ai jamais vraiment fait des comédies, juste des drames rigolos"
Comment la comédie Bernie, qu'un certain Robin Williams voit comme du "Chaplin sous acide", est-elle née ? Dans un entretien accordé à nos confrères de BFM TV, Dupontel revenait sur la genèse de ce film étonnant. "Je n'ai jamais vraiment fait des comédies, juste des drames rigolos", déclare-t-il. "Bernie est né d'une idée très sérieuse (à mes yeux) qui est la quête d'identité (...) Cette histoire entre fondement réel et expression surréaliste est arrivée en quelques mois."
Et le réalisateur de poursuivre : "Le drame posé, je m'ingénie à force des multiples réécritures d'y amener une forme de fantaisie. Mon seul but est de distraire mes contemporains, même si les histoires sont dramatiques et correspondent au monde que j'ai le sentiment de traverser..."
Bernie, assorti d'une interdiction aux moins de 12 ans lors de sa sortie, a attiré près de 850 000 spectateurs en salles et a été nommé au César de la Meilleure première oeuvre. Et si vous profitiez de son trentième anniversaire pour (re)découvrir ce film totalement déjanté ?
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