וואלהדיווח: אזעקות בדרום סעודיה, פיצוצים נשמעו באי קשם באיראןESPN DeportesEl Rayo intenta reaccionar y recorta la distancia ante Real MadridESPN🏈 Fantasy Football: Start Bucs, sit Mahomes, more Week 1 decisionsThe Jerusalem PostMamdani, AOC spark backlash after appearing to laugh during 9/11 memorial ceremonyRTP DesportoGerson Baldé sexto no comprimento no Ultimate ChampionshipTechCrunchOpenAI’s Sam Altman says it would be ‘ill-advised’ to go public in 2026Rai NewsA Torino soffia 'aria di Oriente', i cinesi puntano il mercato italianoCBS SportsTeam USA holds off Spain, advances to Women's World Cup final against FranceThe IndependentFarage’s Reform UK secures second £36m donation from cryptocurrency tycoon in two daysAnime News NetworkTokyopop Releases Can't Buy My Love, Romantically Challenged, 3 More Manga in 20277sur7L’influenceur Hasan Piker accueilli comme une rock star par les sympathisants du PTB à OstendeThe Hollywood ReporterZack Snyder Goes Indie: No Green Screen, No Video Village and No Slow-Motion Shots (Exclusive)
The Daily Newsstand · Free, Always
Saturday, September 12, 2026

« La guerre de demain commencera dans l’espace » : Yoda est le premier signe concret de ce qui se prépare

Translate

Dans l'espace, la France peut compter sur Yoda pour défendre ses satellites. Et non, il ne s'agit pas du personnage vert à grandes oreilles de Star Wars !

Yoda (acronyme des « yeux en orbite pour un démonstrateur agile ») désigne un système spatial, et force est de constater que ce système n'est pas sans rappeler le sympathique personnage de George Lucas. Il partage, en effet, avec le héros sa petite taille et sa raison d'être, qui est d'entraver les menaces dans l'espace au maintien de la paix.

L’espace, nouveau lieu de conflictualité

En 2018, la ministre des Armées Florence Parly rend pour la première fois publique l'existence de manœuvres, qu'elle qualifie d'inamicales, exécutées par un satellite russe à proximité d’un satellite gouvernemental franco-italien. Ce discours, prononcé sur le site du Centre national d'études spatiales (Cnes) à Toulouse, a marqué les esprits, car, pour la première fois, une autorité française présentait publiquement l'espace extra-atmosphérique comme un lieu de confrontation stratégique en dénonçant nommément les agissements d'un pays.

Un an plus tard, la Stratégie spatiale de défense était publiée, marquant pour la France une rupture stratégique puisqu'elle affiche désormais son intention de défendre ses intérêts dans l'espace, y compris de manière active.

Était alors créé, fin 2019, le Commandement de l’espace (CDE), unité militaire chargée de cette mission ambitieuse. Depuis, on ne compte plus les informations confirmant que l'espace n'est plus un sanctuaire, mais bien un « champ de bataille », comme l’a qualifié Emmanuel Macron fin 2025 à l'occasion de la mise en place du CDE dans sa nouvelle infrastructure toulousaine.

Le ton s'est même singulièrement durci par rapport à 2018, le chef de l'État pointant dans son propos des actions « irresponsables, illégales, voire hostiles » conduites par « des puissances d'agression ».

Image d’illustration d’un système HPM utilisé sur un camion. © XD avec ChatGPT

La Chine développe une arme capable de « griller » des satellites à distance : un tournant inquiétant dans la guerre spatiale

Les scientifiques chinois affirment avoir développé le TPG1000Cs : une arme à énergie dirigée électromagnétique à très haute puissance. Compact, l’engin serait capable de délivrer une puissance record de 20 GW durant une minute. Avec sa portée, cette technologie pose de nouvelles questions sur la sécurité électronique et la vulnérabilité des satellites en orbite basse.... Lire la suite

De fait, des opérations visant des infrastructures spatiales au sol ou en orbite sont régulièrement observées : cyberattaques, espionnage de satellites par un autre satellite, brouillage ou leurrage. Sans être orientées vers un acteur en particulier, des démonstrations d'un potentiel offensif clairement établi font partie du tableau.

Ce fut le cas, par exemple, en janvier 2022, lorsqu'un satellite chinois, après avoir agrippé un autre satellite de même nationalité en panne sur l'orbite géostationnaire, l’a propulsé sur une orbite beaucoup plus haute. En orbite basse, on a aussi pu observer ces dernières années des satellites russes libérer des objets, parfois à très grande vitesse, ce qui fait penser à une « torpille spatiale ».

La destruction du satellite est probablement due à des débris. © SB, IA ChatGPT

Un satellite espion russe pulvérisé dans l’espace : ce que l’on sait et pourquoi c’est préoccupant

Un satellite espion russe a été détruit en orbite géostationnaire. Il a généré de nombreux débris. Attaque, explosion ? Que s'est-il passé et en quoi est-ce préoccupant ?... Lire la suite

Le niveau de menace dans l'espace extra-atmosphérique s'est donc clairement accru, alors que les systèmes spatiaux occupent une place toujours plus grande dans le fonctionnement de nos sociétés et les opérations militaires. C'est dans ce contexte qu'est développé, depuis 2021, le programme Yoda.

Les satellites Yoda (ici, représenté par une vue d’artiste) seront les premiers dispositifs européens de défense spatiale. © Cnes, fourni par l'auteur

Patrouiller en orbite

L'objectif poursuivi dans le programme Yoda est triple. D'une part, il s'agit de démontrer une capacité de surveillance et de manœuvre dans l'espace à proximité d'objets non coopératifs au voisinage de l'orbite géostationnaire, là où se trouvent les satellites de télécommunications, qui restent constamment au-dessus du même point de la surface terrestre. Ensuite, Yoda doit permettre aux armées de s'entraîner aux opérations d'action dans l'espace et, enfin, d'élaborer pour celles-ci un concept d'emploi.

Yoda agira donc en tant que guetteur, c'est-à-dire qu'il surveillera l'environnement d'un satellite à protéger afin de détecter et de caractériser le cas échéant les approches hostiles, mais aussi en tant que patrouilleur sur l'orbite géostationnaire afin de collecter et de transmettre des informations sur les satellites qui s'y trouvent.

Yoda, qui est un démonstrateur technologique, devra ainsi réaliser des tâches de surveillance de l'orbite géostationnaire, de détection et de poursuite d'objets, d'inspection en orbite et de simulation d'actions de défense active. Dans cette perspective, le système Yoda est constitué de deux petits satellites identiques de quelques dizaines de kilogrammes chacun, l'un jouant le rôle de cible pour l'autre.

Pour réaliser le projet Yoda, le Cnes agit pour le compte du ministère des Armées en maître d'ouvrage délégué et en maître d'œuvre système. Il fournit en outre la charge utile des satellites réalisés sous maîtrise d'œuvre industrielle de la société Hemeria, spécialiste des petites plateformes orbitales. La notion de souveraineté étant placée au cœur du développement du système, les solutions techniques retenues sont développées au niveau national ou européen.

Yoda, futur gardien de l'orbite géostationnaire. © DC avec IA Copilot

Guerre des étoiles : comment la France prépare la riposte dans l’ombre des géants

Serons-nous bientôt capables de nous défendre en orbite ? Face aux étranges manœuvres russes en orbite, la France se prépare à assurer sa défense et lance plusieurs missions de démonstration technologique. Ultime étape avant d’être pleinement opérationnels.... Lire la suite

Il faut enfin souligner les contraintes techniques imposées par le choix de l'orbite géostationnaire pour déployer Yoda, cette orbite étant distante de 36 000 kilomètres de la Terre et présentant un environnement plus agressif que les orbites basses situées à quelques centaines de kilomètres de la Terre du fait d'un niveau élevé de radiations solaires.

Les premiers satellites de défense en Europe

Yoda est donc un projet techniquement ambitieux, développé pour démontrer la maîtrise par notre pays d'une mission complexe et exigeante, qui n'a encore jamais été réalisée à ce stade en Europe.

En parallèle, le ministère des armées s'est tourné en 2025 vers l'industrie française pour acquérir un satellite d'inspection et de surveillance de l'orbite géostationnaire au profit du CDE, afin de préparer celui-ci aux opérations d'action dans l'espace. Il s'agit du programme Paladin, mentionné dans la loi d’actualisation de la loi de programmation militaire en cours, qui prévoit qu'un satellite commercial sera utilisé à partir de fin 2027 pour conduire des manœuvres de proximité autour d'objets passifs désignés depuis le sol.

Yoda devrait être en orbite avant la fin de la décennie. Dans un premier temps, le Cnes et le CDE opéreront celui-ci ensemble, puis le CDE sera autonome dans la conduite des opérations de routine, tout en bénéficiant du soutien du Cnes pour certaines tâches spécifiques requérant un fort niveau d'expertise.

Après Yoda viendront d'autres systèmes orbitaux plus évolués et véritablement opérationnels, qui permettront aux armées de détecter les menaces dans l'espace, de les attribuer et, le cas échéant, de les contrer afin de préserver nos intérêts. Ils seront complétés par des capacités d'action du sol vers l'espace à base de lasers et de brouilleurs haute puissance, la France écartant à ce stade l'idée d'employer des missiles intercepteurs compte tenu des débris spatiaux que ceux-ci sont susceptibles de produire en impactant leur cible.

Comme l'a souligné le président de la République dans son discours à Toulouse, fin 2025 : « La guerre de demain commencera dans l'espace. Soyons prêts. Ce sera une condition du succès des opérations militaires à terre, dans les airs et dans les mers. »

À retenir

  • L'espace est devenu un nouveau lieu de conflictualité, au vu de l'importance stratégique des satellites civils comme militaires.
  • Le programme Yoda, du Commandement de l'espace, doit lancer d'ici à 2030 les deux premiers satellites patrouilleurs-guetteurs français.
  • Ces démonstrateurs technologiques seront ensuite suivis de satellites complètement opérationnels.
View the original on Futura Sciences

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.