“La priorité est que le régime des mollahs tombe”: Bouchez assume l’accueil du fils du Shah d’Iran
Le groupe MR à la Chambre a reçu jeudi le fils du Shah d’Iran, Reza Pahlavi, à l’occasion de sa réunion hebdomadaire. Il a ensuite été invité par le président libéral Georges-Louis Bouchez au siège du parti, où une réception a été organisée avec des membres de la diaspora iranienne. Cet accueil a été notamment critiqué par d’autres voix de l’opposition iranienne, entre autres en raison des positions de Reza Pahlavi et de l’héritage de son père, chassé du pouvoir en 1979.
M.BO.
Source: Belga
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Georges-Louis Bouchez s’est déclaré “surpris” des réactions d’opposition à une réception à la Chambre du fils du Shah. “Quand on sait que l’ambassadeur d’Iran peut rester en place sans aucune difficulté, quand on sait que notre pays a encore un accord d’échange de prisonniers avec l’Iran, je suis surpris que ça crée un problème à certains de recevoir M. Pahlavi”, a estimé le dirigeant du MR, ajoutant que la priorité était que “le régime des Mollahs en Iran tombe”.
Reza Pahlavi, exilé aux États-Unis, est l’une des figures de l’opposition iranienne en exil. Il incarne le courant monarchiste et est revenu ces derniers mois sur le devant de la scène à la faveur de l’intervention israélo-états-unienne en Iran. Il demeure toutefois controversé au sein de cette opposition morcelée entre divers mouvements, non seulement en raison du règne de son père, auquel a mis fin la révolution de 1979, mais aussi pour son soutien à une intervention étrangère dans son pays d’origine.
D’autres voix soutiennent plutôt Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Cette coalition fondée en 1981 par des opposants en exil et aujourd’hui basée à Paris défend un programme de transition vers une république parlementaire et laïque. D’autres mouvements de protestation internes, moins organisés, s’opposent également à l’actuel régime, sans toutefois défendre les intérêts du fils du Shah ou du CNRI.
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Devant la presse belge et iranienne présente à Bruxelles, Reza Pahlavi a rappelé son souhait de “fédérer l’opposition” pour permettre de renverser le régime actuel et d’offrir “aux Iraniens la possibilité de décider une fois pour toutes quel sera l’avenir de leur pays”. Il a appelé la Belgique et l’Union européenne à apporter son aide pour “rétablir l’accès à Internet et aux communications pour les Iraniens, augmenter les sanctions économiques et geler les avoirs de l’oligarchie iranienne, et mettre une pression diplomatique supplémentaire en fermant les ambassades”.
Georges-Louis Bouchez avait déjà rencontré l’opposant iranien lors d’un entretien à Paris, fin juillet. Il avait depuis appelé à une “prise de contact” avec la diplomatie belge et plaidé pour une invitation à la Chambre. Les Affaires étrangères, par la voix du ministre Maxime Prévot (Les Engagés), ont toutefois déconseillé cette venue, en raison d’une opposition iranienne diversifiée et d’un risque de sécurité accru. La conférence des présidents à la Chambre n’a dès lors pas trouvé de consensus et renoncé à une invitation officielle.
Le fils du Shah d’Iran doit également intervenir vendredi à l’École royale militaire (ERM) à l’invitation du ministre belge de la Défense Theo Francken (N-VA), pour une visite principalement privée. Des rencontres ont aussi eu lieu mercredi au Parlement européen. Avant ces visites, des organisations iraniennes, des personnalités politiques belges et des organisations de défense des droits humains ont appelé à l’annulation de ces rencontres, alors que l’un des représentants de l’opposition iranienne, Ali Bagheri, a dit avoir fait l’objet de menaces de mort sur les réseaux sociaux et porté plainte à la police de Bruxelles.
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