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Wednesday, October 28, 2026

Bloc opératoire en Outaouais : « On n’est pas loin d’être dans une catastrophe naturelle »

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Le chirurgien généraliste Maxime Guieu tire la sonnette d'alarme. Il aimerait être en mesure d'opérer davantage et de réduire sa liste d'attente, mais il dénonce le manque de personnel pour faire rouler des blocs opératoires.

Installé en Outaouais depuis à peine un an, le chirurgien Maxime Guieu n’en revient pas de l’état du réseau de la santé dans la 4e plus grande ville du Québec. Selon lui, la situation frôle la catastrophe. Des fermetures du bloc opératoire et des transferts de patients vers d’autres régions font partie des scénarios envisagés.

Originaire de France, il s’apprête à prendre la tête du service de chirurgie générale de Santé Québec Outaouais. Son principal constat? Il y a un manque criant de personnel.

Les chirurgiens sont là, mais ça prend plus que des chirurgiens pour opérer, ça prend des anesthésistes, des inhalothérapeutes, des infirmières et des préposés.

On est en octobre, ça fait 10 mois que je suis arrivé, et j'ai plus de 120 patients sur ma liste d'attente, déplore-t-il.

Trouver des salles, un défi quotidien

Le Dr Guieu explique que, pour la chirurgie générale, les blocs opératoires ne sont actuellement disponibles que deux jours par mois. En janvier dernier, il dit qu'il y avait cinq à six jours de disponibilité par mois, répartis entre l'Hôpital de Gatineau et de Buckingham.

On arrive à pousser des portes pour trouver des salles à Hull ou dans d'autres établissements. On arrive comme ça pour les cas oncologiques à [opérer] quatre jours par mois. Ce n’est vraiment pas assez.

Le chirurgien se désole d'être incapable de dire [à un patient] quand je vais être capable de l'opérer.

Si c'est un cancer, je peux à peu près lui dire que ça sera dans les trois mois, ce qui n'est absolument pas acceptable.

Le délai pour les patients en oncologie devrait être d'un mois, dit-il.

Cette situation fait en sorte que des patients qui attendent trop longtemps pour une chirurgie doivent être hospitalisés d’urgence parce que leur état s’est aggravé.

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Maxime Guieu craint les fermetures de nuit du bloc opératoire à l'Hôpital de Gatineau.

On est rendu là dans pas très longtemps.

Santé Québec Outaouais à la recherche de solutions

Interrogé en marge d’une conférence de presse pour le lancement de l’organisme sans but lucratif (OSBL), Ensemble pour un toit, mercredi matin, le président-directeur général de Santé Québec Outaouais (SQO), Marc Bilodeau, a assuré que ce n’est ni dans les plans ni dans les stratégies des autorités de santé publique de fermer le bloc opératoire la nuit, au contraire.

Le bloc opératoire de Gatineau nous permet notamment de faire des césariennes d’urgence, entre autres, qui nécessitent d’être faites au moment où ça doit être fait, y compris la nuit, rappelle-t-il. Par contre, on a évidemment - en fonction de l’état de nos ressources humaines au bloc opératoire - différents plans de contingence qui vont nous permettre de maintenir les services essentiels dans les circonstances où on pourrait perdre davantage de personnel.

C’est clair que mon objectif à moi, c’est d’éviter par tous les moyens d’avoir à se rendre-là et de maintenir les services dans la population.

Le Dr Bilodeau reconnaît toutefois une forte pression sur les équipes. Le système, dit-il, fait face à deux enjeux principaux : le manque de personnel infirmier et de spécialistes en anesthésie, notamment en raison de départs à la retraite.

Marc Bilodeau en conférence de presse.

Marc Bilodeau est le président-directeur général de Santé Québec Outaouais. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Félix Pilon

C’est énormément de pression pour les membres du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais, dont Karine D'Auteuil est la présidente. Ils ont le poids de la pénurie de main-d’œuvre sur leurs épaules, dit-elle.

Ce n’est pas à eux de subir tout ça, juge-t-elle.

Des discussions sont en cours avec Santé Québec pour trouver des solutions, poursuit Marc Bilodeau.

Il existe des mécanismes financiers de dépannage pour amener des spécialistes de l’extérieur. C’est là-dessus qu’on planche actuellement, pour voir comment on peut avoir du renfort à court terme pour nous éviter des bris de services en anesthésie.

Quoi qu'il en soit, le Dr Guieu s'oppose à l'idée d'envoyer des patients ailleurs afin qu'ils obtiennent leur chirurgie.

C'est difficilement acceptable pour nous, étant donné qu'on a les capacités techniques pour le faire : les médecins, les chirurgiens. Ce n'est pas rien pour les patients d'aller à Montréal. Ils ont d'autres choses à faire.

Le chirurgien et le Dr Bilodeau s'entendent tous deux pour saluer le dévouement de leurs collègues de travail.

On doit tirer notre chapeau au personnel du bloc opératoire. Ils ne lâchent rien. Ils sont là parce qu'ils aiment leur travail. Ils sont compétents et ils ont des horaires compliqués.

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