El Niño : toujours plus de pays touchés

El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit tous les deux à sept ans dans le Pacifique équatorial. Un réchauffement des eaux de surface dans cette zone modifie toute la météo et les vents au-dessus du Pacifique, ce qui par un effet domino affecte les précipitations et les températures du globe, accentuant sécheresses, inondations et autres événements météorologiques extrêmes, avec des conséquences déjà visibles sur les populations.
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l'Inde "les pieds dans l'eau"
Le cyclone Arnab, accompagné de vents violents et de pluies torrentielles, a touché mercredi 28 octobre au matin le sud-est de l'Inde et balaie les côtes, faisant trois morts et provoquant près de 100.000 évacuations.
"Nos maisons sont inondées et nous sommes obligés de rester (les pieds) dans l'eau", a témoigné Rajeshwari, 65 ans, qui n'a donné que son prénom après avoir été évacuée vers un centre d'hébergement près de Kakinada, dans l'Etat de l'Andhra Pradesh.
Les cyclones sont une menace récurrente dans le golfe du Bengale et le nord de l'océan Indien. Mais la saison des tempêtes est particulièrement intense cette année, renforcée par un phénomène météorologique El Niño surpuissant.
"Il peut jouer un rôle important dans l'amplification des effets du cyclone Arnab. Les températures de la mer sont déjà supérieures à la normale. Une atmosphère plus chaude contient davantage d'humidité (...) et favorise des précipitations plus intenses", a déclaré Akshay Deoras, chercheur au centre des sciences atmosphériques de l'université de Reading, au Royaume-Uni.
Arnab s'est ensuite déplacé vers le Népal, provoquant d'importantes chutes de neige dans les hautes régions himalayennes et de fortes pluies jusqu'à samedi.
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La Bolivie en "état d'urgence"
En Bolivie, la sécheresse touche un peu plus de 78.000 familles dans six des neuf départements. Elle a également provoqué la perte de plus de 75.000 têtes de bétail, selon le dernier rapport en date du ministère de la Défense civile, publié cette semaine.
Le président bolivien, Rodrigo Paz, a annoncé samedi avoir décrété l'état d'urgence pour faire face aux sécheresses et aux inondations liées au "super El Niño".
Cette mesure permettra de mobiliser davantage de ressources économiques et des unités de secours dans les zones critiques.
"Nous avons réalisé un travail énorme pour préserver l'environnement et pour que l'impact du super El Niño de cette année soit le plus réduit possible", a déclaré M. Paz dans un message à la nation.
Dans des pays voisins comme le Pérou, El Niño a fait grimper les températures et provoqué des incendies de forêt, qui ont déjà coûté la vie à au moins 12 personnes. Il a également propagé la dengue, maladie tropicale qui a causé 81 autres décès en 2026. Au Chili, il est à l'origine du mois d'octobre le plus pluvieux jamais enregistré à Santiago.
El Niño en chiffres
- Le prix des denrées alimentaires devrait progresser de 18%, entre 2025 et 2027, selon la Banque mondiale (BM), qui explique cette hausse tant par les difficultés d'approvisionnement du fait des conflits que par les effets attendus d'El Niño.
- 484.500 : c'est le nombre de décès déjà engendrés depuis juin par El Niño, selon les chiffres du "Climate Impact Lab" de l'université de Chicago.
- Un bilan qui n'est qu'un début, l'organisme anticipant que près de 373.000 décès supplémentaires pourraient intervenir dans les six prochains mois.
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Café, cacao, riz, blé: quelles sont les cultures les plus vulnérables face à El Niño?
Il n'y a pas de réponse unique, cela va dépendre des régions. Mais "du point de vue de la sécurité alimentaire, les cultures qui font l'objet de la plus grande attention sont celles qui forment les aliments de base, sources de l'essentiel des calories consommées par les populations des pays vulnérables", a répondu à l'AFP Maximo Torero, chef économiste de l'Organisation de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation (FAO).
Ainsi El Niño affecte particulièrement le riz dans les régions où il réduit les pluies, notamment en Asie où il peut limiter semis et rendements. Le maïs et les haricots, essentiels au Mexique, en Amérique centrale et dans le sud de l'Afrique, sont aussi soumis au risque accru de sécheresse.
Même le sorgho et le millet, très importants en Afrique de l'Est et pourtant plus résistants au manque d'eau, peuvent souffrir d'un déficit de pluies prolongé, note la FAO, qui ajoute que les rendements de blé peuvent aussi pâtir de précipitations déréglées.
Outre un impact sur la disponibilité et les prix localement, de telles situations peuvent entraîner un choc sur les prix mondiaux des grandes céréales – blé, riz, maïs… - et faire flamber la facture de pays dépendants des importations.
Mais l'organisation suit également de près les cultures vouées à l'exportation, en particulier cacao et café, sensibles à la fois à l'excès comme au manque de pluies, l'excès favorisant les maladies, le manque nuisant à la qualité et au volume.
Une mauvaise année peut in fine affecter les revenus des cultivateurs locaux et les rentrées en devises des pays producteurs, tout en faisant grimper les prix mondiaux.
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