Affaire Lindsay Clancy : la défense invoque maintenant un manque de preuves

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L'avocat de Lindsay Clancy, cette mère du Massachusetts accusée d'avoir tué ses trois enfants, soutient maintenant qu’il n’y a pas suffisamment de preuves contre sa cliente, contrairement à ce qui avait été avancé lors de son procès très médiatisé qui s'est conclu par une annulation.
Où sont les preuves qu’elle a commis ces actes?
, a demandé l’avocat de la défense, Me Kevin Reddington, lors d’une audience préliminaire, mardi, organisée notamment pour déterminer s’il y aura un nouveau procès.
La défense semble avoir fait volte-face quant à l’argumentaire présenté, alors qu’elle ne contestait pas initialement que Lindsay Clancy ait causé la mort de ses enfants, mais invoquait plutôt la non-responsabilité criminelle en raison d’une psychose post-partum, un trouble mental mal compris pouvant altérer le sens de la réalité d’une jeune mère.
Le procès controversé, qui avait lieu au début du mois, s’est soldé par une annulation après sept jours de délibérations, le jury de 12 personnes n’ayant pas réussi à s’entendre sur un verdict unanime.
Me Reddington a qualifié l’enquête initiale de ridicule
. Ils ont tout simplement présumé d’emblée qu'elle était coupable
, a-t-il lancé.
L’avocat a également mis en doute l’exactitude des déclarations de Mme Clancy à l’hôpital après sa tentative de suicide, affirmant qu’elles étaient à donner des frissons
et qu'elle s'était fait raconter ce qui s’était passé
.

L'avocat de Lindsay Clancy, Kevin Reddington.
Photo : Reuters / Josh Reynolds
Il n’y a aucune preuve qu’elle a admis avoir commis ces actes
, a-t-il lancé.
Toute cette affaire repose sur des spéculations. Où est l’aveu? Où a-t-elle dit qu’elle avait fait cela?
, a demandé Me Reddington au juge William Sullivan.
En vertu de la norme Latimore, il n’y a pas, il n’y a jamais eu et il ne peut y avoir de preuve que cette femme ait tué ces enfants
, a-t-il soutenu, citant la décision Latimore c. Massachusetts de 1979, utilisée pour déterminer si les preuves présentées au tribunal sont suffisantes.
Une audience est prévue le 2 novembre pour examiner la requête de Me Reddington, en plus des autres requêtes déposées par les avocats de Lindsay Clancy afin d’éviter un nouveau procès.
Une affaire qui captive le public
Le procès pour meurtre de Lindsay Clancy a suscité des débats sur la santé mentale des mères, donnant lieu à des moments dramatiques tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du tribunal, en plus d’alimenter des théories du complot sur Internet.
Lindsay Clancy, 36 ans, a été accusée d'avoir tué ses trois enfants en 2023, alors que son mari de l’époque, Patrick, était parti faire des courses.
Selon les informations présentées aux membres du jury de la Cour supérieure du comté de Plymouth, au Massachusetts, la mère a étranglé ses enfants avec des bandes élastiques d’entraînement dans le sous-sol de leur maison située à Duxbury, en banlieue de Boston. Elle aurait ensuite tenté de mettre fin à ses jours.

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Les procureurs de la poursuite ont soutenu que Lindsay Clancy était coupable des trois chefs d’accusation de meurtre au premier degré et qu'elle avait élaboré un stratagème pour éloigner son mari de la maison, ce qui lui aurait permis de passer à l'acte.
Invités à commenter les propos de Me Reddington, mardi, les représentants de Patrick Clancy ont indiqué qu’ils ne feraient aucune déclaration publique.
Des preuves « abondantes »
Lors de l’audience préliminaire de mardi, la procureure adjointe du comté de Plymouth, Shanan Buckingham, a fait valoir l'existence de preuves abondantes
contre Lindsay Clancy. C’est la première fois, dans le cadre de ce débat, que nous entendons l’avocat de la défense contester la suffisance des preuves concernant les trois chefs d’accusation de meurtre
, a avancé Me Buckingham.
Le dossier dans son ensemble est volumineux en ce qui concerne les informations étayant le fait qu'elle a commis ces actes.

L'ADN de Lindsay Clancy a été trouvée sur des bandes élastiques attachées autour du cou de ses enfants.
Photo : Reuters / John Tlumacki
Parmi ces informations, la procureure adjointe a cité l’exemple de l’ADN détecté sur des bandes d’exercice attachées autour du cou des enfants, ainsi que le témoignage d’un curé d’hôpital à qui Lindsay Clancy aurait dit devoir tuer ses enfants.
À la sortie du tribunal, le bureau du procureur du comté de Plymouth, Timothy Cruz, a indiqué qu'il n’avait pas encore pris de décision quant à un possible nouveau procès.
Nous procédons actuellement à un examen très approfondi, et nous allons continuer à faire notre travail pour s’assurer d’agir dans l'intérêt de la justice et des trois enfants
, a indiqué le bureau de M. Cruz.
Selon un texte de Natalie Stechyson, de CBC News
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