2 films, 1 État : "Mississippi Burning", pourquoi ce chef-d’œuvre d’Alan Parker raconte encore l’Amérique d’aujourd’hui

Mississippi Burning n’est pas la reconstitution exacte d’une histoire vraie. C’est une fiction construite autour de l’un des crimes racistes les plus célèbres de l’histoire américaine : l’assassinat de Chaney, Goodman et Schwerner.
Nous sommes en 1964. C’est ce qu’on appelle l’été de la liberté (Freedom Summer), ce moment où des centaines de militants, blancs et noirs, descendent dans le Mississippi pour aider les Afro-Américains à s’inscrire sur les listes électorales. Trois d’entre eux disparaissent : James Chaney, 21 ans, Noir du Mississippi, ainsi qu’Andrew Goodman et Michael Schwerner, deux Blancs originaires de New York.
Arrêtés par le shérif adjoint Cecil Price, membre du Ku Klux Klan, puis relâchés en pleine nuit, ils furent aussitôt pris en chasse, enlevés et abattus par un groupe de Klansmen. Leurs corps ne furent retrouvés que de nombreuses semaines plus tard.
Parker filme l’enquête, mais montre surtout le système de terreur. Pas la terreur de monstres lointains, mais celle des voisins ordinaires. Le shérif local est dans le Klan. Ses adjoints sont dans le Klan. Le maire sait. Le pasteur sait. Les hommes qui brûlent les églises noires le dimanche vont en famille à la messe le matin. La violence raciale dans le Mississippi de 1964 n’est pas une simple déviance : c’est une institution.
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