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Tuesday, October 20, 2026

La Dauphinelle demande une ministre de la Condition féminine

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Après plus de quatre ans d’ouvrage, l’organisme La Dauphinelle a ouvert mardi les portes de la Maison d’Évelyn, une nouvelle maison d’hébergement de deuxième étape destinée aux femmes victimes de violence conjugale et à leurs enfants. Mais pour sa directrice générale, Sabrina Lemeltier, ce long processus est surtout un signe frappant des difficultés qui impactent ceux qui veulent venir en aide aux victimes de violence conjugale.

Dans les 20 dernières années, « les communications du gouvernement du Québec entourant la violence conjugale disaient : “Vous devez dénoncer, des services existent” », détaille-t-elle en entrevue avec Le Devoir. « Mais le problème, c’est qu’actuellement, les femmes et leur entourage ont bien compris de demander des services, mais les services ne sont pas là. »

À la veille du dévoilement du conseil des ministres du nouveau gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon, Mme Lemeltier demande la création d’une ministre de la Condition féminine et de l’égalité des genres qui se chargerait, entre autres, de coordonner les différentes initiatives tout en étant un porte-voix des convictions du milieu au conseil des ministres.

« Ce serait une ministre qui va prendre tous les enjeux qui entourent les femmes au Québec et les enjeux d’égalité de genre pour venir leur donner une [stratégie], je dirais, efficiente dans les actions qui vont être posées. »

Une «cheffe d’orchestre»

La directrice générale de La Dauphinelle compare son idée à une « cheffe d’orchestre » qui s’assurerait « que la réponse soit coordonnée et qu’il y ait des moyens à la hauteur des besoins ». À titre d’exemple, son organisme relève en ce moment de 18 ministères et autres instances gouvernementales, explique-t-elle.

Selon Sabrina Lemeltier, l’actuel Secrétariat à la condition féminine « a des limites dans le pouvoir qu’on lui a attribué » qui l’empêche de remplir pleinement sa mission.

La création d’un ministère dédié serait également une « reconnaissance de la crise de santé publique et d’un désir qu’elle cesse », souligne-t-elle. « C’est anormal d’être rendu à 15 féminicides au Québec cette année et de ne pas avoir encore de mesures très fortes pour combattre ce phénomène qui est inadmissible. »

Car même si Mme Lemeltier estime pouvoir mettre en place un projet comme la Maison d’Évelyn en 12 à 16 mois si la volonté politique est présente, elle se dit bien consciente que les 14 chambres ajoutées (environ 28 familles pourront y résider en un an, selon les estimations de La Dauphinelle) ne peuvent à elles seules répondre au manque qu’elle observe sur le terrain. « Chaque femme qui vient dans les maisons d’hébergement, ce sont des femmes qui ne sont pas des statistiques de féminicides. Mais une femme sur deux est refusée [par manque de place] actuellement. »

Si une ministre de la Condition féminine et de l’égalité des genres n’est pas nommée lors de la cérémonie de mercredi, Sabrina Lemeltier ne compte pas abandonner ses demandes. « On va continuer avec notre bâton de pèlerin à communiquer, à expliquer pourquoi. Et j’espère qu’on va être entendu parce qu’il y a des remaniements ministériels qui peuvent se faire à tout moment », affirme-t-elle.

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