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Monday, October 12, 2026

Le programme RAD, « de l’or » pour les jeunes hébergés au Centre de réadaptation de Laval

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« Dans le milieu où on est, on est enfermé, c’est la même routine, c’est très redondant. Avoir l’activité RAD une fois par semaine, c’est de l’or », jubile John*, un des 36 jeunes hébergés en garde fermée au Centre de réadaptation pour les jeunes en difficulté d’adaptation de Laval.

Lancé par les intervenants du Centre en 2024, RAD, ou Recherche d’alternative à la délinquance, cherche à inspirer les adolescents en détention à se construire un projet de vie.

En plus de participer à des ateliers pour développer leurs habiletés sociales, les jeunes qui y participent prennent part à des activités de loisirs et rencontrent des professionnels aux carrières inspirantes.

L’objectif? Leur montrer qu’une vie citoyenne digne est possible à leur sortie.

Changer les perceptions de la criminalité

Échelonné sur plusieurs semaines, le programme permet aux jeunes de rencontrer et de tisser des liens avec différents acteurs qui œuvrent dans leur communauté, comme des travailleurs de rue, des intervenants psychosociaux ou encore des policiers.

Ces derniers viennent à tour de rôle se présenter aux jeunes et leur expliquer les services qu’ils peuvent leur offrir, explique Francis Ouellet, criminologue aux services de soutien intervention chez Santé Québec Laval et l'un des instigateurs du projet.

Ils pourront ainsi se tourner vers eux au moment de réintégrer la société, ou même diriger certains membres de leur entourage vers ces organismes, comme le souligne John.

Des cliniques pour développer différentes compétences et habiletés sociales sont également offertes aux participants.

Pour M. Ouellet, qui préfère parler de jeunes qui ont commis des délits plutôt que de délinquants, le simple fait de démystifier certaines constituantes de la vie adulte peut les amener à repenser leur vision du milieu criminel.

Un atelier sur le prélèvement des impôts, par exemple, a permis à certains d'entre eux de réaliser qu'on ne leur soutirait pas 50 % de leur chèque de paie, comme il est parfois véhiculé, pour financer les biens et les activités de l'État.

Le logo de RAD en lumière led.

Le programme RAD, ou Recherche d’alternative à la délinquance, cherche à inspirer les adolescents en détention à se construire un projet de vie.

Photo : Radio-Canada

La même chose s'est produite lorsqu'il a été question de prêts hypothécaires.

Ils ont l’idée que, pour acheter une maison, il faut arriver à la banque avec 500 000, 600 000 dollars, alors que ce n’est pas le cas, explique M. Ouellet. Avec un travail rémunéré légal, ils vont être en mesure d’aller vers leur rêve.

Ces ateliers leur amènent ainsi des éléments nouveaux pour les aider à prendre leurs décisions, résume-t-il.

Même les activités plus ludiques peuvent amener les jeunes à laisser tomber certains préjugés. John se rappelle notamment un cours de danse auquel il a participé dans le cadre du programme.

Je trouvais ça plus enfantin, ou même que la danse c’est plus pour les filles, se remémore-t-il. Avec du recul, en assistant à l’activité jusqu’au fond, [...] on s’est tous amusé. C’est une ouverture sur un loisir, mais aussi une ouverture que tu peux avoir dans la vie.

Ce jeune homme qui suit le programme depuis ses débuts affirme avoir appris à mieux se connaître au fil du temps. Les rencontres avec des bénévoles qui pratiquent des métiers qu’on ne voit pas tous les jours ont même allumé une véritable étincelle.

J'ai pu comprendre que, oui, quelqu’un qui travaille légalement peut devenir millionnaire.

S'il est excité de sortir des murs de l'établissement, il affirme toutefois qu'il va continuer à chercher à mieux [s]e connaître et tenter de maintenir l'ouverture d'esprit véhiculé par le programme, afin de pouvoir réussir dans la vie.

Des parcours de vie uniques

Les jeunes qui séjournent au Centre de réadaptation pour les jeunes en difficulté d’adaptation de Laval ont des parcours singuliers.

On peut les séparer en deux catégories : les jeunes qui sont hébergés dans le cadre de la Loi sur la protection de la jeunesse, soit des mineurs qui ont dû être retirés de leur milieu familial, et les jeunes qui sont hébergés en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents, soit des jeunes qui ont commis un crime alors qu'ils étaient mineurs.

C'est à eux que s'adresse le programme RAD.

Ils ont souvent un passé traumatique, avec toutes sortes de situations adverses, explique la directrice adjointe de l'établissement, Farah Jamal.

L'établissement accueille des jeunes de Montréal et de Laval, mais peut également accueillir des jeunes d'ailleurs dans la province. Au centre, ils sont hébergés, font toutes leurs activités de la vie quotidienne et ont accès à l’école lorsqu’ils sont d’âge scolaire, précise-t-elle.

Le programme est d'autant plus important pour la direction du Centre de réadaptation pour les jeunes en difficulté d’adaptation de Laval, puisque l'établissement a ouvert une troisième unité de garde fermée cette année, preuve que la criminalité juvénile est en hausse.

Le recrutement de jeunes via les réseaux sociaux aurait entre autres contribué, selon les intervenants du Centre, a faire bondir la criminalité juvénile. Selon Statistique Canada, l'indice des crimes violents commis par les adolescents au Québec a bondi de 70 % entre 2015 et 2025.

Toute la jeunesse a le facteur de risque de tomber dans la délinquance, c’est très promu. Beaucoup de gens vont en parler positivement, dans la musique, dans la rue, fait remarquer le jeune John.

Sachant que tout le monde est un peu exposé à la délinquance, cette petite aide qu’on reçoit peut vraiment tout changer.

Avec les informations de Valérie Gendron

*Nom fictif pour protéger son identité

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