"Soit on taxe, soit on rationalise" : le libéral Samuel D’Orazio prend la tête de l’Union des villes et communes de Wallonie

Les réformes votées à d’autres niveaux de pouvoir, notamment par le MR, auront un impact sur les finances des communes, qu’il s’agisse de la réforme de l’imposition ou de celle du chômage. Alors que la présidente sortante de l’UVCW, Rachel Sobry (MR) dénonçait "un effet de ciseau qui étouffe les pouvoirs locaux, pris entre des charges qui augmentent et des recettes qui s’érodent sous l’effet de reports de charges décidés à d’autres niveaux de pouvoir", Samuel D’Orazio lui souligne qu’il est "très en phase" avec son président Georges-Louis Bouchez. Dans sa commune, Tubize, "l’impact des mesures, il est quasiment nul", constate-t-il, "mais ça se travaille", poursuit Samuel D’Orazio. Et il en veut pour preuve, par exemple, les mesures de réactivation des personnes à l’emploi mises en place avec les entreprises du zoning de sa localité.
Moi, je pense qu’aujourd’hui, chaque niveau de pouvoir doit faire des efforts.
"Moi, je pense qu’aujourd’hui, chaque niveau de pouvoir doit faire des efforts et donc ça veut dire qu’on va devoir arriver à des synergies CPAS-communes qui permettent des économies d’échelle", explique-t-il. "On duplique les services" et, insiste-t-il, des mesures très rapides s’imposent. "Les CPAS sont une grosse charge financière pour les communes. C’est la même chose pour les zones de police". Pour Samuel D’Orazio, le mot fusion, qu’il s’agisse des localités ou des polices, n’est pas un gros mot.
Pour lui, "il y a deux possibilités : soit la facilité, on taxe et donc on va chercher dans la poche des travailleurs, soit on réfléchit et on prend des mesures de rationalisation". "Alors, je ne dis pas que pour les communes, c’est facile. Mais est-ce qu’on est encore dans une époque, où aujourd’hui, on peut avoir des communes de 6000, 7000 habitants ?". Samuel D’Orazio regarde par-delà la frontière linguistique où la fusion des communes a, dit-il, fait ses preuves. Les avantages financiers sont conséquents, affirme le libéral, notamment si on prend l’exemple d’Hasselt. "Et donc oui je pense qu’à un certain moment on va devoir y arriver", conclut-il, en insistant : "soit on taxe, soit on rationalise".
Je suis plus bienveillant pour essayer d’amener les entreprises que de les effrayer.
Roberto D’Orazio voulait que l’économie soit au service des travailleurs. Le fils est-il d’accord avec le père ? Faut-il déplacer la fiscalité du travail vers le capital ? "Il faut trouver un équilibre", souligne Samuel D’Orazio. Quant à taxer le grand patrimoine, le bourgmestre libéral répond que le jeu n’en vaut pas la chandelle : "Si c’est taxer le grand patronat pour faire en sorte qu’avec les frontières, aujourd’hui, et l’ouverture de l’Europe, il puisse aller s’installer aussi facilement qu’il le veut partout ailleurs que dans notre pays […] ça me préoccupe […] c’est tellement facile pour eux de partir avec un paquet d’emplois qu’effectivement, ça m’inquiète". Et d’ajouter "mon intérêt premier c’est que les gens dans ma commune puissent avoir du boulot et donc, aujourd’hui, je suis plus bienveillant pour essayer d’amener les entreprises que de les effrayer d’une manière ou d’une autre".
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