COP17 sur la biodiversité en Arménie | L’heure du bilan, loin des promesses

La COP17 pour la biodiversité commence ce lundi à Erevan, en Arménie. Au programme : un bilan des engagements pris en 2022 à Montréal, où la COP15 s’était conclue par un accord historique pour la protection de la nature. Où en sommes-nous quatre ans plus tard ? Ne retenez pas votre souffle…
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La COP pour la biodiversité, qu’est-ce que c’est ?
En anglais, COP signifie « conference of the parties » (conférence des parties). C’est l’organisation qui chapeaute certains grands engagements en matière d’environnement au sein de la communauté internationale. Il existe une COP pour la biodiversité, une pour le climat et une pour la désertification. En matière de biodiversité, l’évènement est organisé par le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, dont les bureaux sont situés à Montréal. Les conférences pour la biodiversité se tiennent tous les deux ans. En 2022, les 190 pays présents à la COP15, à Montréal, ont adopté un tout premier cadre mondial de la biodiversité, une percée qui avait été qualifiée d’historique. L’accord prévoyait 23 cibles à atteindre d’ici 2030, dont la promesse phare de chaque pays de protéger 30 % de son territoire.
PHOTO VAHRAM BAGHDASARYAN, FOURNIE PAR ASSOCIATED PRESS
Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, s’adresse aux participants d’une rencontre organisée en amont de la COP17, en Arménie.
Combien de cibles ont été atteintes ?
À ce jour, aucune des cibles n’a été atteinte, mais ce qui est plus inquiétant, c’est l’absence de progrès significatif à trois ans de l’échéance, signale l’ONU dans un rapport publié en septembre dernier. « Les données disponibles indiquent qu’il existe des lacunes dans les progrès collectifs réalisés et des obstacles qui entravent ces progrès. Si ces lacunes et ces obstacles ne sont pas comblés de toute urgence, il ne sera pas possible d’atteindre les cibles et la mission fixées pour 2030, ce qui mettra en péril la réalisation des objectifs et de la vision pour 2050 », concluent les experts.
Qu’en est-il des aires protégées ?
À l’échelle mondiale, les plus récentes données indiquent que nous sommes à 19,5 % d’aires protégées terrestres et à 16,7 % pour les aires marines. Le bilan fluctue grandement selon les pays. Au Canada, le portrait se présentait comme suit à la fin de l’année 2025 : 14 % pour les aires protégées terrestres et 15,5 % pour les aires marines. Mais ces territoires sont-ils réellement protégés ? Une étude publiée dans la revue Science en 2018 a conclu que plus du tiers des aires protégées dans le monde subissent des pressions importantes liées aux activités humaines. Un autre phénomène a été baptisé PADDD pour « Protected Area Downgrading, Downsizing, and Degazettement » en anglais (déclassement, réduction de la superficie et suppression des zones protégées). En gros, ce sont les modifications légales apportées par des gouvernements pour affaiblir la protection ou réduire la superficie d’une aire protégée. Il existe un site internet, le PADDDtracker1, qui répertorie ces modifications. En plus de 100 ans, on a rapporté plus de 4400 changements législatifs dans 74 pays affectant un territoire équivalant à la superficie de l’Inde.
Quels sont les principaux défis de cette COP ?
L’un des défis cette année sera d’ordre financier alors que les pays riches tardent à remplir leurs engagements envers les nations moins nanties. Selon une analyse du site The Climate Watch, le déficit de financement de la biodiversité a presque doublé depuis 2020, pointant à 1,3 milliard de dollars américains. On note aussi que pour chaque dollar investi dans des solutions pour la nature, 30 $ sont dépensés dans des activités qui détruisent des écosystèmes. « À seulement quatre ans de l’échéance [de 2030], le succès du cadre mondial pour la biodiversité dépendra moins de nouvelles promesses que de changements mesurables dans la manière dont les gouvernements dépensent, investissent et réglementent », précise The Climate Watch.
PHOTO VAHRAM BAGHDASARYAN, FOURNIE PAR ASSOCIATED PRESS
Des participants d’une rencontre organisée en amont de la COP17, en Arménie.
Qui sera là ?
Les organisateurs de la COP17 s’attendent à recevoir environ 15 000 participants qui se réuniront à Erevan, capitale de l’Arménie. On y retrouvera les délégations officielles des quelque 190 pays membres ainsi que plusieurs organisations de la société civile. La délégation canadienne sera dirigée par la ministre fédérale de l’Environnement, Julie Dabrusin. L’évènement est prévu jusqu’au 30 octobre.
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