Le déclin de la faune dans le monde est immense : –73 % en moyenne, mais le pire se cache dans certaines régions

Afin de mieux évaluer la perte massive qui s'accélère chaque année dans le monde, le WWF a développé un indice : l'IPV, l'Indice Planète Vivante, qui mesure les variations de taille de populations de 5 790 espèces de vertébrés (amphibiens, oiseaux, poissons, mammifères et reptiles). Et le résultat 2026 est plus que catastrophique : le dernier IPV affiche une baisse de -73 % (73,2 %) !
« Cela signifie que la taille de ces populations a diminué, en moyenne, de 73 % entre 1970 et 2022. Cela ne signifie pas pour autant qu'il y ait aujourd'hui 73 % moins d'animaux sauvages au total par rapport à 1970 », car cet indice ne mesure pas le nombre total d'animaux, mais l'évolution des populations étudiées à travers le monde : mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens. Cet indice « ne constitue qu'une mesure parmi d'autres de l'état de la biodiversité sur Terre. Pourtant, les baisses qu'il met en évidence sont corroborées par d'autres indicateurs et soulignent la nécessité d'une action urgente », indique le rapport.
Le nouveau rapport du WWF montre que les populations de requins subissent un déclin dramatique. © Nikolai Sorokin, Adobe Stock
En Europe, la perte de biodiversité est moins importante qu'ailleurs
Les espèces disparaissent aujourd'hui à un rythme au moins 100 fois supérieur, « voire davantage » précise le WWF, au taux d'extinction naturel d'avant l'apparition d'Homo sapeins. Derrière ce chiffre à peine croyable de -73 %, de grandes variations régionales.
« Certaines régions voient leur faune et leur flore disparaître beaucoup plus rapidement que d'autres, tandis que certaines espèces et certains écosystèmes restent stables ou se rétablissent. » Par exemple :
- les populations ont diminué de 28 % en Amérique du Nord : « dans cette région, des impacts à grande échelle sur la nature s'étaient déjà produits avant 1970, et de nombreuses populations d'espèces peuvent s'être déjà stabilisées ou être en augmentation par rapport à un niveau de référence plus bas, ce qui se traduit par une tendance moins négative ». La loutre de mer, la tortue verte et les différentes espèces de saumon se portent mieux.
- les populations ont diminué de 95 % en Amérique latine et Caraïbes : derrière ce résultat accablant, des modifications qui ravagent la biodiversité à grande échelle et à grande vitesse, comme la destruction des prairies, des forêts et des zones humides, ainsi que la construction de barrages sur les cours d'eau, la surexploitation des espèces, et le changement climatique ;
- les populations ont diminué de 23 % en Europe et Asie centrale : en Europe, l'IPV n'est pas bon, mais c'est le moins mauvais de toutes les régions du monde. Les efforts de conservation des mammifères et des oiseaux ont payé, cependant les poissons d'eau douce, les amphibiens et les reptiles continuent de voir leurs effectifs diminuer ;
- les populations ont diminué de 80 % en Afrique : les poissons d'eau douce disparaissent à un rythme effrayant en Afrique, mais de grands mammifères, comme les éléphants, se remettent à prospérer ;
- les populations ont diminué de 49 % en Asie et Pacifique : les espèces invasives, la surexploitation et la dégradation des habitats menacent particulièrement les poissons d'eau douce.
L'évolution de l'Indice Planète Vivante depuis 1970 en Amérique latine et Caraïbes est la pire de toutes les régions du monde. © WWF
Une grande catastrophe écologique pour les animaux d'eau douce. Le même constat se retrouve dans les différents écosystèmes :les populations du milieu marin ont diminué de 59 %, en particulier chez les requins et les raies ; les populations du milieu terrestre ont diminué de 69 % : la déforestation et l’agriculture sont les deux principales causes ; les populations d’eau douce ont diminué de 85 %, en raison de la pollution et de la modification des habitats (comme les barrages qui bloquent les migrations). © WWF
Les résultats de cet indice ne doivent pas anéantir tout espoir. Rappelons qu'en 2022, la quasi-totalité des pays du monde « ont adopté un plan commun visant à enrayer et à inverser la perte de biodiversité d'ici 2030 », le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. « Le déclin n'est pas inéluctable, précise le WWF. Là où les humains se sont engagés, la faune sauvage est revenue », insiste l'organisation.
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