Espace : Le génome s’avère étonnamment résistant au manque de gravité

Par Nicolas Gutierrez C. le Lecture 5 min. Abonnés
Les voyages spatiaux ont été associés à plusieurs problèmes de santé. Pour déterminer s’ils pourraient être causés par des perturbations de notre information génétique causées par la zéro gravité, des chercheurs ont imité ces conditions en laboratoire.
L’apesanteur est un des principaux problèmes rencontrés par les astronautes.
Photo par LOU BENOIST / AFP
Voyager dans l’espace n’a rien d’anodin pour le corps. Ces missions spatiales entrainent des anémies, des perturbations du câblage cérébral et du système immunitaire, et pourraient même accélérer le vieillissement. Cette dernière étude, publiée en 2019 dans Science, met aussi en évidence des conséquences de ces voyages interstellaires sur l’ADN : rallongement, puis raccourcissement des télomères qui protègent les chromosomes, instabilité du génome et modifications transcriptionnelles (avec certains gènes normalement silencieux qui s’activent). Un des suspects naturels de ces perturbations corporelles et moléculaires est l’apesanteur : nos cellules ont évolué sous la contrainte de la gravité, donc il se pourrait qu’enlever cette contrainte puisse bouleverser la cellule, le noyau cellulaire et l’ADN qu’il contient. Pour le découvrir, des chercheurs de l’Université de New York ont imaginé une machine qui imite l’apesanteur, afin d’étudier en profondeur ses conséquences sur la cellule et le génome. Leurs résultats, publiés le 23 septembre 2026 dans Science Advances, montrent que l’absence de gravité ne serait pas la cause principale de ces changements.
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