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Tuesday, October 6, 2026

Thaïlande: 50 ans après le massacre de l'université de Thammasat, se mobiliser reste difficile pour la jeunesse

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Il y a 50 ans, jour pour jour, la police, épaulée par des milices paramilitaires d’extrême droite, mettait à feu et à sang l’université Thammasat, à Bangkok, en Thaïlande, où était retranchée la jeunesse mobilisée pacifiquement contre le retour de l’ancien dictateur militaire Thanom Kittikachorn. Un demi-siècle plus tard, étudiants, militants et survivants commémorent les victimes de l’une des pages les plus sombres de l’histoire moderne du royaume.

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Avec notre correspondant à Bangkok, Valentin Cebron

« À 5h30 du matin, la première détonation a réveillé tout le monde… boom ! Ils sont arrivés par là pour tous nous tuer, dans cette zone ». Pornsuang, 67 ans, était là, le 6 octobre 1976, près du terrain de foot où des grenades ont été tirées vers des étudiants venus se retrancher au sein de l'un des établissements les plus prestigieux du pays, alors qu'ils défendaient une démocratie fragile. 

L’émotion le gagne encore lorsqu’il en parle. Se remémorer est forcément pénible, l'attaque a fait 46 morts selon les chiffres officiels, plusieurs centaines selon des survivants et des témoins. Même souvenir douloureux pour, Suthep, 72 ans, étudiant à l’époque : « Jamais je n’aurais imaginé qu’on utiliserait contre nous des armes de guerre, ni qu’on puisse aller aussi loin. Cinquante ans plus tard, c’est toujours gravé en moi. »

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Toujours difficile pour la jeunesse de se mobiliser

Depuis, ces survivants œuvrent pour que cette tragédie, longtemps restée taboue, ne sombre pas dans l’oubli. Et pour transmettre son histoire aux nouvelles générations, confrontées, disent-ils, à d’autres formes de répression.

Sur le campus, entre pièces de théâtre, projections et débats, Itthipan, 19 ans, fait le parallèle avec la Thaïlande d’aujourd’hui : « Ce n’est peut-être pas la même violence qu’il y a cinquante ans, mais nous nous heurtons toujours aux mêmes obstacles pour obtenir ce que nos aînés réclamaient déjà à l’époque. Aujourd’hui, c’est la loi qu’on utilise comme une arme : contre les militants, contre les manifestations. » 

Aujourd'hui, aucun représentant de l'État n'a jamais été tenu pour responsable et l'épisode dramatique de l'université de Thammasat, l'un des plus sombres de l'histoire contemporaine thaïlandaise, n'occupe qu'une place marginale dans les manuels scolaires. Depuis le mouvement étudiant de 2020, au moins 2 000 personnes ont été poursuivies en raison de leur expression politique en Thaïlande.

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