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Friday, September 25, 2026

Malgré l’inflation à 4%, "le pouvoir d’achat des Belges n’a jamais été aussi élevé"

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L’inflation est repartie à la hausse en août dernier, et c’est surtout le prix de l’énergie qui se voit impacté. "Il a augmenté de l’ordre de 16% en août 2026 par rapport à août 2025", précise Charlotte de Montpellier. À l’inverse, d’autres denrées n’ont pas vu leur prix augmenter. "Par exemple, les prix de l’alimentation n’ont pas évolué sur un an. On a même des biens qui ont vu leur prix diminuer, comme les smartphones à composantes de qualité équivalente qui sont en baisse sur un an", souligne l’invitée dans Matin Première.

Le prix de l’énergie est aujourd’hui "le moteur de l’inflation", comme l’avance l’économiste. Pas uniquement le prix du pétrole, mais aussi et majoritairement celui du diesel en raison des problèmes sur les raffineries qui rendent le diesel très rare.

Les taux d’intérêt eux aussi impactés

Notons que l’inflation impacte également les taux auxquels on va emprunter pour acheter un bien immobilier. Mais quel est le lien ? "L’inflation et les taux d’intérêt sont liés par la banque centrale qui essaie de maîtriser la situation inflationniste pour éviter des problèmes d’hyperinflation, comme dans certains pays", relève l’économiste.

Dès lors que la banque centrale voit une inflation, elle limite la hausse des prix notamment en augmentant ses taux d’intérêt à court terme, les taux d’intérêt directeurs. "Quand les taux d’intérêt augmentent, ça ralentit l’économie par plusieurs canaux. Le premier, c’est évidemment que ça renchérit le coût de l’emprunt. Donc, globalement, on investit moins. Et quand il y a moins d’investissement, il y a moins d’activité économique", argumente l’invitée dans Matin Première.

Quand la demande est plus faible, le pouvoir d’achat d’un ménage augmente moins rapidement. Résultat : quand la banque centrale augmente ses taux d’intérêt, les entreprises doivent pousser dans leurs marges, donc réduire leurs profits pour ne pas répercuter la hausse des coûts sur les prix de vente. "C’est sûr qu’une banque centrale ne peut pas amener du gaz, du pétrole ou du diesel, mais elle peut agir sur le reste pour éviter que l’inflation énergétique se propage à l’ensemble de l’économie", ajoute-t-elle encore.

De l’actualité internationale à nos pompes

On voit que les prix évoluent en fonction de l’actualité internationale. En général, combien de temps faut-il entre un gros événement géopolitique et une hausse des prix chez nous ? Pas longtemps, d’après Charlotte de Montpellier. Certainement lors d’un choc énergétique, comme celui que l’on connaît actuellement.

"Ça se répercute assez rapidement sur le prix des nouveaux contrats d’énergie et sur les prix à la pompe. Mais ça ne veut pas dire que cette inflation énergétique se propage à d’autres biens et services. Ça peut prendre beaucoup plus de temps et ça va dépendre, d’une part, de l’ampleur du choc - si l’inflation énergétique est importante ou non -, et aussi de l’état de l’économie", explique l’économiste.

D'autres biens bientôt impactés ?

À ce stade, il est évidemment encore difficile de prédire si d’autres biens, autre que l’énergie, vont voir leur prix partir à la hausse. Mais en Belgique, rappelle Charlotte de Montpellier, nous avons un mécanisme qui n’existe nulle part ailleurs en Europe : l’indexation automatique des salaires. Et puisque tous les salaires vont être prochainement indexés, même si partiellement, les entreprises vont plus que probablement vouloir, ou devoir, répercuter la hausse de leurs coûts de production sur leur prix de vente. 

"Dans d'autres pays voisins, ce n'est pas le cas. Comme il n'y a pas d'indexation des salaires, il faut attendre que ce soit renégocié au niveau sectoriel ou de l'entreprise. Et donc, fondamentalement, au-delà de la facture énergétique, il n'y a pas de hausse supplémentaire de coûts", relate l’économiste. "L’indexation des salaires se répercute sur les prix de vente. Et donc, la généralisation de l'inflation va beaucoup plus rapidement en Belgique qu'ailleurs."

La question sera surtout l’ampleur de cette hausse des prix. "Compte tenu de l'état de l'économie, il est probable que ce soit beaucoup plus limité, en tout cas qu'en 2022", indique l’invitée.

Et le pouvoir d’achat dans tout ça ?

On parle d’inflation de plus en plus importante, mais qu’en est-il de notre pouvoir d’achat ? A-t-il a contrario diminué ? Non, assure Charlotte de Montpellier. "Si on regarde les dernières années, le pouvoir d’achat total des ménages a globalement augmenté en Belgique. Pas parce qu’il y a l’indexation des salaires, mais en raison d’une forte croissance économique ces 30 dernières années", développe l’économiste.

Puisque globalement, plus de gens sont au travail avec un salaire plus élevé qu’avant, le pouvoir d’achat est aujourd’hui plus important qu’il y a 30 ans. À quelques exceptions près… Si vous perdez votre emploi, forcément votre pouvoir d’achat se voit diminué. Enfin, il y a des périodes plus difficiles que d’autres, comme en 2022 ou encore en 2026. "On sait aussi que le contexte budgétaire avec les hausses d’impôts pèse sur le pouvoir d’achat et que la croissance du pouvoir d’achat pourrait baisser dans les prochaines années", conclut Charlotte de Montpellier.

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