La gauche dans la peau
C’est parce qu’elle a fréquenté les banques alimentaires dans sa jeunesse qu’Alejandra Zaga Mendez connaît aujourd’hui le goût de l’austérité.
« Ma mère m’a élevée avec le chèque de l’aide sociale quand elle est arrivée au Québec. Moi, la pauvreté, je la connais », raconte la députée solidaire de Verdun, candidate à sa propre réélection. Le Devoir l’a rencontrée à son local électoral, à l’occasion d’une activité militante.
Dans une campagne qui penche à droite, elle sait que Québec solidaire (QS) ne gagnera pas les prochaines élections. Son combat, c’est plutôt d’éviter que le Québec soit perdant.
« On nous inonde avec l’idée qu’on va continuer à couper dans les services, à réduire la taille de l’État, mais qu’on va être capable de sauver nos services d’éducation et de santé… Ça ne marche pas », insiste-t-elle, se disant fièrement de gauche.
Alors même si QS a de la misère à se faire entendre face aux quatre autres partis, Alejandra Zaga Mendez demeure positive. Elle croit au sursaut orange.
« Le Québec est mûr pour choisir des gens qui vont aller vers plus de redistribution des richesses. Je le sens quand je fais du porte-à-porte. Je sens que la confiance des gens est en train de grandir. Je sens que les gens ont besoin d’avoir des politiques connectés. D’ailleurs, j’habite la circonscription », lâche-t-elle dans une attaque involontaire (ou pas) à son adversaire libéral. Antoine Dionne Charest, le fils de l’ex-premier ministre Jean Charest, ne vit en effet pas dans Verdun, mais dans Pointe-Saint-Charles.
« C’est un candidat qui représente les valeurs libérales, juge-t-elle. Mon histoire est différente et je crois que les gens se reconnaissent dans mon histoire. Je sais très bien ce que je représente et je suis fière d’où je viens. »
Première femme d’origine latino à l’Assemblée nationale du Québec, elle veut aujourd’hui changer le narratif en matière d’immigration, « montrer que derrière les chiffres, il y a des histoires singulières, des humains ». Surtout, elle veut dire aux jeunes issus de l’immigration que le Québec est aussi pour eux.
Tandis qu’elle remonte Wellington, la députée solidaire en campagne ne fait pas deux pas sans être saluée par les passants. Elle leur demande d’aller voter par anticipation dès dimanche, et de venir ensuite donner un coup de main au local de QS pour aller rejoindre les indécis.
« J’ai bâti des ponts avec l’ensemble de notre communauté parce que je pense qu’on ne laisse personne derrière, explique-t-elle sans fausse modestie. Ils ont confiance en nous. »
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